V(E.UX DU CLERGÉ [A. BOULONNAIS — BUGEY
naire de leurs enfants, ces pépinières ecclésiastiques se trouveront bien plus abondamment pourvues qu'elles ne le sont. En rendant la pension des séminaires gratuite, les mêmes séminaires se peupleront bientôt au point de faciliter infiniment les moyens de se passer du service des moines mendiants. — S. M. est très humblement suppliée de nommer ou faire nommer par MM. les évéques une commission composée de théologiens éclairés qui travailleront incessamment et d'après les meilleurs auteurs, à un corps de théologie, ayant grand soin d'en bannir toutes les questions oiseuses et celles de pure controverse scolastique et se bornant uniquement au dogme, à la morale et à la discipline, d'ordonner ensuite que cette théologie sera uniformément enseignée dans toutes les universités et dans tous les séminaires du royaume. Au moyen d'une théologie ainsi élaguée et conséquemment beaucoup raccourcie, l'on trouverait dans les séminaires le temps d'enseigner l'Écriture Sainte en entier et de donner encore aux candidats des principes du droit canonique. La même opération devrait avoir lieu quant à la philosophie (V. 699, 700),
100. Il faudrait que les villes et paroisses de campagne fussent pourvues de sages-femmes suffisamment et gratuitement instruites dans des espèces de séminaires établis à cet effet. La dépense pour ces objets pourrait être prise sur l'économat des abbayes en commende et les annates (Y. 696).
101. Pour l'éducation de la jeunesse, il est préalablement nécessaire qu'il soit établi une ou plusieurs maisons dans lesquelles les régents d'école soient formés dans les sciences requises, à leur état (V. 695).
102. Les universités ne devront jamais admettre aux grades des sujets qui n*ont nulle étude ou capacité et surtout ne jamais accorder de lettres de licence qu'après s'être suffisamment assurés des talents des aspirants, le tout sous des peines grièves (V. 696).
Bugey et Valromey. — 103. Quant à l'éducation
publique, on laisse à la sagesse du gouvernement le choix des moyens les plus propres pour remplir un objet d'une aussi haute importance, en observant que depuis un certain nombre d'années les principes et les mœurs ont subi une grande altération (11, 477).
104. Demander qu'il soit établi pour toutes les églises du royaume l'uniformité [du rit et] de l'enseignement ; qu'à cet effet, il soit nommé une commission composée de prélats et de docteurs pour travailler à la confection [d'une seule et même liturgie], d'un seul et même cours de théologie (II, 478).
Caen. —105. Il est essentiel de commencer l'œuvre d'une régénération universelle par l'éducation des plus tendres enfants qui sont l'espoir de la patrie. Le Clergé invite toutes les classes de citoyens à demander, de concert avec lui, un plan d'éducation nationale tracé d'après les principes avoués par la religion et par l'État pour la rédaction duquel S. M. sera suppliée de prendre les conseils de ses universités et des principaux corps chargés de l'enseignement dans ses états. Il demande des ouvrages élémentaires sur la morale et sur le droit public de la France (II, 486).
106. Qu'il soit permis à la piété chrétienne de fonder des écoles gratuites pour les enfants des deux sexes (en dérogeant aux édits et déclarations qui gênent la générosité des fidèles) (II, 488).
107. Que les titres de fondation du collège de Maître-Gervais (1) réuni à celui de Louis-le-Grand soient
(1) Co collège avait été fondé en 1371 par M" Gervais, chanoine de Bayeux et de Paris, et médecin de Charles V, pour des boursiers du diocèse de Bayeux. ]1 était situé au coin de la rue du Foin et de la rue Boutcbrie. Charles V y avait établi deux bourses destinées à des mathématiciens qui devaient prendre le nom d'écoliers du roi, et avait fourni le collège d'astrolabes, équatoriaux, sphères et autres instruments. En 1763, les boursiers de ce collège et de vingt-cinq autres furent réunis au collège Louis-le-Grand, et cette mesure donna lieu à de nombreuses protestations dans le genre de celle qu'enregistre le cahier de Cacn. — Voir Jourdain, ie Petit