‹ La question d'enseignement en 1789 d'après les CahiersChapitre 38 sur 112 · VŒUX DU CLERGÉ [A. POITOU — LE PUY · texte numérisé non relu

VŒUX DU CLERGÉ [A. POITOU — LE PUY

266. Établir des écoles pour les paroisses considérables sous rinspection des curés et pourvoir à la subsistance de ceux qui rempliront ces utiles fonctions [Ibid,),

267. Pourvoir à ce que les églises aient un revenu suffisant [pour leur entrelien et la décence du culte ainsi que] pour les constructions et réparations des [chœurs, presbytères et] écoles. Suivre dans le partage des biens ecclésiastiques (bénéfices simples supprimés, etc.) les règles de l'ancienne discipline qui en attribuaient un tiers à Tentretien des [églises pauvres], écoles, etc. (V, 429).

Provins et Hontereau. — 268. Les maux dont nous sommes les témoins et qui menacent encore plus les générations futures nous portent à demander avec instance à S. M. de restaurer l'éducation publique ; que cette source des . bonnes mœurs, des vertus civiles, sociales et domestiques subisse enfin la réforme la plus prompte et la plus étendue; qu'un code d'éducation nationale établisse des lois qui, en fixant les objets de l'enseignement public et la discipline à y maintenir, puisse assurer une instruction catholique; que les universités, les collèges, les séminaires, les maisons religieuses des deux sexes y soient assujettis (V, 445).

Puy-en-Velay (le). — 269. Le clergé du Velay n'a qu'à se louer de la tenue actuelle du collège du Puy. Cependant le cri général de tous les ordres de l'État a dénoncé depuis longtemps les vices de l'éducation publique et les abus sans nombre qui naissent essentiellement de la nouvelle police des collèges. C'est néanmoins de cette parlie intéressante de l'administration publique que dépend le sort des États et elle ne peut souffrir ni changement ni altération sans que la constitution politique n'éprouve les mêmes révolutions. Notre mauvaise éducation est le germe malheureusement fécond de la dépravation et de la perversité de la génération présente, et si les effets en

ont été si prompls, quelle effroyable perspective pour les générations futures I Sans invoquer les anciens monuments de notre législation, les ordonnances des deux derniers siècles rendent hommage aux droits du Clergé sur un point qui tient si essentiellement au maintien de la religion et des mœurs. Le Clergé doit donc, par zèle pour le bien de TÉtat et de la religion, solliciter : 1° un plan nouveau d'éducation qui ait pour base la religion et qui soit rédigé par des hommes vertueux et instruits et d'une expérience consommée dans Fart très difficile de former la jeunesse ; 2° dans le cas où le rétablissement des jésuites ne pourrait s'opérer, demander la création d'une société nationale à -qui cet important objet serait confié. Ehl quel moment plus favorable pour tracer et exécuter un projet si capital que celui où toutes les vertus nationales se trouveront réunies auprès d'un roi sage et vertueux qui, ne soupirant que pour le bien de ses peuples, s'occupe de tous les moyens qui peuvent le procurer! Mais en cas de changement dans le régime de l'éducation publique, il serait juste qu'il fût pourvu à Thonnéte subsistance de ceux qui en sont actuellement chargés (V, i58).

270. (Fonder une caisse de religion, y faire entrer certains bénéfices inutiles et employer une partie de ses revenus) pour fournir à la subsistance des maîtres et maîtresses d'école et à la pension du séminaire des jeunes ecclésiastiques, bons sujets mais hors d'état de la payer (V, 463).

271. Que l'ordre de la Noblesse ait toujours un certain nombre de membres aux bureaux d'administration des collèges [et hôpitaux] et qu'il leur soit assigné un rang convenable (V, 468).

Quercy. — 272. Le roi sera supplié, comme il Ta déjà été par le Quercy et les provinces limitrophes, de rendre à la ville de Cahors son ancienne université qui a été si malheureusement supprimée en 1751. Cette université avait produit dans tous les temps des

VŒUX DU CLERGÉ [a. LE PUY — REIMS]. 499

hommes célèbres et on peut dire que sa suppression a été une époque désastreuse, non seulement pour le Quercy, mais pour les provinces voisines ; elle a porté un coup funeste aux études et l'éducation de la jeunesse, faute de moyens pour aller au loin chercher l'enseignement qu'elle trouvait ci-devant au milieu d'elle et enfin elle a fait éprouver au diocèse de Gahors et aux diocèses voisins une pénurie de prêtres infiniment préjudiciable au service essentiel des paroisses (V, 483).

273. Depuis quelques années, on n'entend parler dans ce royaume que de plans d'études, que de projets de réforme au sujet des collèges. Nous espérons que le gouvernement prendra en considération ces objets importants pour l'éducation de la jeunesse et qui influent si fort sur les mœurs publiques [Ibid.],

274. Les demoiselles des écoles chrétiennes établies dans le vaste diocèse de Gahors où elles ont quatorze maisons dans lesquelles elles se consacrent avec autant de succès que de zèle à l'éducation des jeunes demoiselles et à l'instruction gratuite des filles du peuple, forment, un établissement très intéressant pour le bien public. Mais ces respectables institutrices se trouvent réduites à un véritable état de détresse par l'insuffisance de leurs dotations et par des pertes considérables que le malbeur des temps a occasionnées; elles sollicitent des secours et un meilleur sort auprès du gouvernement. Nous croyons par les mêmes raisons, que les dames Ursulines de la province sont fondées à faire une pareille demande (Y, 484).

Reims. — 275. Que l'ancien plan d'études suivi dans les universités qui a formé les plus grands écrivains et les meilleurs citoyens soit conservé et confirmé. Que dans le cas où on jugerait utile de faire des améliorations dans l'enseignement public, il soit établi pour une opération de cette importance une commission composée en partie de personnes tirées de chaque université et qui joignent l'expérience aux lumières,

laquelle rédigera un plan absolument uniforme, à quelques exceptions locales près; ce plan examiné et adopté par le gouvernement deviendrait le code de renseignement national (V, 525).

276. Qu'en attendant, il soit ordonné que le titre de maître ès-arts sera absolument nécessaire pour prendre les grades des Facultés supérieures. Qu'on encourage l'étude et renseignement de la théologie en plaçant avantageusement les sujets qui se seront distingués en science et en accordant aux professeurs en théologie le droit de Sejo^ewwmw dont ils jouissaient autrefois; il n'est pas moins juste qu'ils jouissent du même privilège que les professeurs ès-arls, vu l'utilité de leur travail et l'importance de leurs fonctions {Ibid,),

277. Que les religieuses soient employées à l'éducation des filles dans les villes et, autant que possible, dans les campagnes [Ibid,),

Rhodez. — 278. 11 sera établi dans chaque diocèse une ou plusieurs maisons d'éducation ou petits séminaires dans lesquelles il y aura un grand nombre de places ou de demi-places gratuites destinées à soulager les parents pauvres des aspirants à l'état ecclésiastique (V, 553).

279. Qu'il soit fait un plan d'éducation nationale pour la jeunesse, que l'état des maîtres soit rendu plus honorable et qu'il leur soit assuré une retraite suffisante et libre à la fin de leur carrière (V, 554.).

280. Attendu l'abus énorme que l'on fait du privilège des gradués et l'avantage immense que procure cette qualité pour l'obtention des bénéfices, attendu l'intérêt qu'ont les autres villes aussi bien que celles où il y a université, de participer à ce bienfait, le clergé de Rhodez désire qu'il soit permis à tous ceux qui aspireront aux grades d'étudier partout où ils le jugeront à propos, pourvu qu'ils puissent présenter aux examens une science suffisante pour être élevés aux grades. — Nous désirons que les examens pour les obtenir ne puissent être faits que dans les villes

VŒUX DU CLERGÉ [a. REIMS — RIVIÈRE-VERDUN]. 201

d'université et qu'on s'attache à rendre ces examens si forts et si sévères et à multiplier tellement les actes probatoires qu'il soit difficile d'obtenir les degrés et nous estimons qu'il faudra beaucoup plus d'étude et de capacité pour être gradué que ne serait capable d'en présenter un sujet ordinaire; pour avoir la préférence, il faut valoir plus que ceux auxquels on est préféré. — Dans le cas où ce plan d'éducation n'aurait pas lieu, que Ton fasse revivre les règlements faits pour les études dans les universités et que l'on agrège les collèges considérables {Ibid,).

Riom. — 281. Conserver les communautés séculières et régulières... devenues aujourd'hui presque nécessaires pour l'instruction de la jeunesse (V, 561).

282. Les députés prieront les États généraux de fixer leur attention principalement sur l'instruction publique. Ils demanderont qu'elle soit confiée à des corps autant que possible, que les auteurs classiques soient également religieux et utiles; ils demanderont aussi que, dans les petites villes où il n'y a point de collège, on établisse des maîtres choisis par les officiers municipaux et les curés, sous l'inspection de l'ordinaire {Ibid.),

283. Qu'on réforme les universités et qu'on les rappelle à leur institution primordiale, que les examens soient véritablement rigoureux; qu'on n'accorde les grades pour requérir (1) qu'à ceux qui les auront réellement mérités par leurs bonnes mœurs, leurs études et leurs progrès {Ibid,).

Rivière-Verdun (Jugerie de). —284. Qu'il soit pris des moyens pour perfectionner l'éducation publique dans les vues de la religion et des mœurs (V, 580).

285. Que les maîtres et maîtresses d'école établis ou à établir ne puissent exercer leurs fonctions que sous

(1) Pour requérir les bénéfices en vertu des privilèges des gndués. Voir ci-dessous la note A*

202 LA QUESTIOiN D'ENSEIGNEMENT' EN 1789.

rinspection des curés et avec rapprobation de Tordinaîre ; qu'ils soient révocables à volonté et que leurs honoraires ne soient payés que sur le certificat de bonnes vie et mœurs signé de leurs curés (V, 581).

286. Suppression ou du moins modération des droits d'amortissement pour les fondations qui ont pour objet l'éducation ou autres établissements publics et utiles (V, 583).

Rouen. — 287. L'instruction publique doit fixer spécialement les regards de la nation. Les universités^ les collèges et les séminaires où se forment et se perfectionnent les talents qui doivent un jour honorer et servir l'État et la religion méritent d'exciter le plus vif intérêt. Les députés solliciteront les États d'en ordonner l'établissement dans les lieux où ils paraîtront nécessaires, d'en consolider l'existence dans ceux où ils sont établis, d'en améliorer le régime, d'en corriger les abus ; d'en perfectionner l'enseignement et de s'occuper aussi sérieusement des mœurs et de la capacité des maîtres que du progrès des élèves (V, 593).

288. La première instruction se prend dans les écoles; en les multipliant, on en fait recueillir le fruit à un plus grand nombre d'individus. Les députés demanderont qu'il en soit établi dans toutes les paroisses où elles seront jugées nécessaires, avec l'approbation et sous l'inspection des curés (ibid,).

Saintes. — 289. La décadence des mœurs tient visiblement aux vices de notre éducation. Il n'est pas de bon citoyen qui ne désire une réforme dans cette partie. Sa Majesté doit la plus scrupuleuse attention à un article aussi important d'où dépendent le développement des talents, la tranquillité des familles, les mœurs publiques et la gloire nationale. Il est urgent de prendre toutes sortes de précautions qui assurent un choix sage et éclairé des instituteurs, de leur procurer la considération et l'encouragement dus à de si belles fonctions, de leur fixer un traitement hono-

VCËUXÛU CLERGÉ [A. RI VIÈRE- VERDUN —SARREBOURGJ. 203

rable et des retraites convenables. Le vœu public semble aussi appeler aux travaux d'éducation certains ordres religieux qui n'attendent pour s'y livrer que les ordres et les regards du gouvernement et dont les membres tournés vers cet objet y réussiraient. Ce vœu ne regarde en aucune manière le collège de Saintes. Le Clergé doit et rend justice à ce collège qui a depuis longtemps la confiance méritée de la province de Saintonge et des provinces circonvoisines et, si le Clergé demande un changement dans l'éducation nationale, c'est dans l'intérêt général du royaume où cette partie est trop négligée et excite de rigoureuses réclamations (V, 664).

Saint-Quentin. — 290. Qu'il ne soit pas accordé de dispense d'âge pour les grades. Que l'éducation publique soit réformée, surtout les écoles de droit des universités de province (V, 650).

29!. Qu'il soit formé, par un comité de personnes savantes, un plan d'éducation nationale pour être, après l'approbation du roi et des États généraux, suivi dans toutes les universités et collèges du royaume (Ibid,).

292. Qu'il soit établi dans chaque bailliage une école gratuite de chirurgie et d'accouchement où feront un apprentissage suffisant les chirurgiens et sages-femmes, lesquels ne pourront exercer même dans les campagnes sans certificat de capacité délivré, d'après examen des médecins et chirurgiens de la ville, par le premier chirurgien (Ibid.),

293. Demander qu'il soit pourvu aux filles de communauté chargées de l'instruction de la jeunesse pour )es pauvres dont l'éducation leur est confiée et qui ne peuvent fournir à leur subsistance (Ibid,).

SARREBOVRG'PHALSBOVRG. — 294. Qu'il soit fait de nouveaux règlements sur l'enseignement public, l'éducation de la jeunesse et surtout l'instruction des jeunes clercs (III, 785).

Page 1