‹ La question d'enseignement en 1789 d'après les CahiersChapitre 97 sur 112 · VŒUX DE L'UNIVERSITÉ D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

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l'obtiendrait encore dans la seconde, serait couronné avec un éclat particulier. Et si ce sujet obtenait les trois premiers prix pendant son cours, le bien public exigerait une distinction marquée pour lui : par exemple, lorsqu'il se présenterait au serment d'avocat, M. l'avocat général pourrait en faire une mention honorable, et la Cour lui marquer sa satisfaction et lui promettre ses bontés.

1095. Mais l'émulation des étudiants ne peut exister qu'autant que les professeurs seront animés du môme esprit, qu'ils auront un zèle ardent et un attachement sincère à leur état et à leurs fonctions. Les exercices dont nous avons fait le tableau ajouteront inûniment à ces fonctions et réduiront les professeurs à ne pas s'occuper d'un autre objet. Il faut donc que cet état seul et par lui-même, soit de nature à les axer et à les attacher. Ils doivent avoir des successeurs chargés des mêmes obligations. Il est donc nécessaire que cette profession soit de nature à déterminer le choix d'une classe d'homme dans laquelle il faut nécessairement supposer assez de talents pour acquérir et soutenir un état honnête et utile. En un mot si on veut que ce plan réussisse, il faut rendre aux professeurs la majeure partie du moins de l'état dont jouissaient leurs prédécesseurs qui, trouvant dans leurs fonctions une existence honorable et des moyens suffisants pour leurs maisons, se livraient entièrement à une seule profession.

1096. Donner aux professeurs une existence distinguée, rien n'est plus nécessaire et rien n'est plus aisé. On pourrait leur assurer, après vingt ans d'exercice, une séance dans les présidiaux-chefs, à compter du jour de leur installation comme professeurs, sans qu'ils aient besoin de provisions et de réception dans les cours du parlement du ressort. Le bien public résulterait manifestement d'une telle disposition; d'anciens professeurs familiarisés avec les principes ne pourraient que jeter plusde lumière dans les tribunaux.

1097. Le mérite particulier exige une récompense particulière; c'est le vœu de la justice et un des plus grands moyens d'émulation. Lors donc qu'un professeur se sera distingué pendant vingt-cinq ans dans l'exercice de ses fonctions, il conviendrait de lui accorder une marque extérieure de décoration. Tout le monde sait qu'on récompensait autrefois ceux qui, dans l'enseignement des lois, avaient donné les preuves d'un zèle et d'une capacité particulière, en leur conférant les places les plus importantes. Il n'est pas étonnant qu'on se livrât alors avec tant d'ardeur à l'étude des lois ; il ne l'est pas davantage qu'elle soit tombée, depuis que les plus grands succès ont été parfaitement stériles.

1098. Ce n'est pas assez que d'accorder des distinctions aux professeurs, il faut leur donner des moyens suffisants pour leur maison et l'éducation de leur famille, d'une manière approchante du sort dont jouissaient les anciens professeurs. Les universités sont établies dans les principales villes du royaume, et il est sensible qu'un professeur ne peut y tenir une maison et y élever sa famille d'une manière analogue à l'état qu'il exerce, à moins d'un revenu honnête... L'honoraire des professeurs semble devoir être fixé sous ces points de vue et en faisant attention qu'ils seront réduits à ce seul état. Si cet honoraire est insuffisant pour eux et leur famille, l'objet est manqué ; il n'est pas nécessaire de s'appesantir sur ce point. Si ces places au contraire réunissent des distinctions et des moyens honnêtes, elles deviendront un objet désirable. Les jeunes gens qui auront le plus de talent s'y destineront. Personne, dans les provinces, ne les jugera au-dessous de lui et de son ambition ; on travaillera pour les obtenir; on les remplira avec succès, et c'est ainsi que se perpétueront les avantages du nouveau plan de réforme.

1099. Mais de quelle manière procurer aux professeurs un sort tel que nous prenons la liberté de l'indi-

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quer? Nous ne connaissons pas ce qu*on peut faire dans les différentes villes pour remplir cet objet sans charger l'État. Cependant nous croyons pouvoir dire avec confiance qu'il n'en est aucune dans laquelle on ne puisse facilement par des réunions., par des extinctions, en un mot d'une manière ou de l'autre, assurer le revenu convenable.

ilOO. Nous croyons pouvoir observer ici qu'il serait utile d'accorder la vétérance aux professeurs, du moins après vingt-cinq ans d'exercice, en accordant au vétéran la moitié de ses honoraires; cette vétérance a lieu dans tous les collèges.

1101. Le sort des agrégés doit aussi recevoir quelque augmentation, parce que leurs travaux seront plus considérables.

1102. Si l'on veut éviter un très grand inconvénient, le prix des graduations ne doit pas tourner au profit des facultés. Il en est résulté et il en résultera toujours les plus grandsabus; les faculté^ attachéesà leur devoir seront désertes et tous les étudiants se tourneront vers celles où les exercices ne seront que de vains simulacres. Si Ton veut que la réforme produise son effet et soit générale, il faut que les facultés n'aient aucun intérêt dans le nombre des graduations et que l'honoraire des professeurs n'ait aucun rapport avec le plus grand ou le plus petit nombre des thèses; alors l'intérêt ne se trouvant plus en opposition avec le devoir, ne sera plus un motif pour trahir ce dernier.

1103. Il semble que les sommes nécessaires pour les inscriptions, les thèses et tous les actes différents devraient être payées entre les mains du receveur des deniers royaux : ne serait-ce pas le cas de faire un nouveau tarif qui serait le même pour toutes les universités?...

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