‹ La question d'Extrême-Orient, avec une préface par m. Gabriel HanotauxChapitre 2 sur 22 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

S'il s'agit de laisser toute la politique française s'engouffrer en quelque sorte dans l'espèce de cyclone que les événements de Chine déchaînent sur le monde, c'est un danger contre lequel les esprits en France sont naturellement mis en garde. Tl y aurait un danger contraire : ce serait de laisser la France dans l'ignorance de ce qui se passe là-bas et dans la négligence de ses intérêts et de son avenir en Extrême-Orient. A ce point de vue, le livre de M. de Pouvourville est nourri, copieux et, en même temps, précis. Il instruit et il éclaire. Le rôle de l'Annam et, d'une façon générale, le rôle de l'Indo-Chine française sont présentés sous une forme ramassée, courte, logique, qui va, insensiblement, de l'exposé historique à la thèse politique.

On entrevoit, au fond du tableau, le colossal labyrinthe chinois avec ses complications et ses dessous, ses plans et ses arrière-plans, ses sommets et ses fondrières. La question chinoise est même posée dans les dernières pages du volume, en traits vifs, avec des vues perçantes et parfois prophétiques. M. de Pouvourville connaît à fond le sujet qu'il traite, puisqu'il en saisit ainsi les lointains prolongements.

Quand il dit que la Chine doit durer, que son existence est nécessaire à la paix du monde, qu'elle n'est pas « prête pour un démembrement « et que les puissances sont bien moins prêtes encore, il a raison. Quand il signale les conséquences d'un effondrement général de cet organisme politique le plus vieux et le plus vaste du monde, il a raison. Mais quand il indique les combinaisons diplomatiques qui, selon lui, viendront à bout de cette « difficulté de vivre » qui paraît être l'état actuel de la Chine, on ne sait plus s'il a tort ou s'il a raison. On se demande s'il est aussi

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