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G. Bayet, Précis d'histoire de Vart, p

LE SHOGOUNAT D'EDO 79

des albums, des paravents, de la peinture décorative et notamment des kakimonos ou rouleaux peints, décoration portative dont on recouvre les murs des maisons et même des temples et qui se prête à la plus spirituelle finesse. Il y a bien des artistes japonais qui se consacrent au grand art, aux sujets historiques et religieux ; mais la plupart et les plus grands, comme Tilluslre Hokousaï (1760-1849) s'inspirent très heureusement de la nature et de la vie; nul n'a su faire le dessin lui-même, en sa simplicité sèche, aussi vivant et. aussi alerte; nul n'a vu avec cette pénétration la joie qui se cache aux formes capricieuses de la nature, ne les a animées dun coloris plus frais; nul peut-être n'a été plus près de la vie même des choses. Du moins, si l'art japonais ne se soucie point de sentiment profond ni d'impression morale, il est le plaisir des yeux, et il a donné dès le xvu* et le xviii" siècle des effets décoratifs dont les artistes de l'Occident n'ont pas dédaigné plus tard de s'inspirer. Par lui, la culture japonaise avait désormais trop d'originalité pour se perdre entièrement dans la civilisation européenne; elle était au contraire capable d'y apporter une intéressante contribution.

Ainsi, après les longs siècles de l'anarchie féodale, après la crise du xvi* siècle où il avait failli perdre ses caractères nationaux et tomber peut-être sous la domination étrangère, le Japon du xviii® siècle refaisait sa force aux sources antiques, y entretenait pieusement, comme une réserve, la tradition de la dignité divine du mikado, y conservait, y retrempait son originalité qui devait se révéler de nos jours si remarquable. Par là le shogounal d'Edo est comme un temps d'étude et de recueillement où se prépare un glorieux avenir.

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