‹ La question d'Extreme-OrientChapitre 64 sur 142 · I. — LA FIN DU SHOGOUNAT · texte numérisé non relu

I. — LA FIN DU SHOGOUNAT

Le mot Restauration a tout son vrai sens lorsqu'il s'applique à la révolution qui rendit au mikado du Japon toute Tautorité dont avaient disposé ses ancêtres et dont les shogouns Tavaient dépouillé depuis de longs siècles. Cette restauration inaugura pourtant aussi pour ce pays une ère politique toute nouvelle, une sorte de régénération, qui présenta en un court espace de temps et sur un petit terrain le tableau en raccourci de la transformation à laquelle se décide plus lentement l'immense Chine, en sorte que sans doute il y faut voir, pour la race jaune en général, et ainsi pour l'humanité même, le commencement d'une période historique dont il est impossible de calculer dès aujourd'hui l'importance : qui pourrait dire en effet toutes les conséquences que doit avoir la pénétration de la civilisation européenne parmi les plus anciens peuples de l'Asie?

Isolé dans ses îles, le Japon y avait conservé une remarquable originalité, que d'ailleurs il n'a pas perdue depuis ; et l'on a vu que le shogounat d'Edo s'était fondé au xvn* siècle sur l'expulsion des étrangers. Mais l'Europe ne conduisait alors sur l'Extrême-Orient que des entreprises irrésolues, moitié religieuses, moitié commerciales; elle avait à travers le monde beaucoup d'autres marchés à exploiter; elle s'en tenait aux Indes, Orientales et Occidentales. Désormais elle allait exercer

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