LA PIN DU SHOGODNAT
sur la Chine et sur le Japon une pression plus vigoureuse, par le déyeloppement naturel de son activité économique, par le besoin croissant de débouchés toujours plus étendus ; elle n'admettait plus qu'aucun domaine sur le globe lui fût à l'avenir interdit; et le Japon subit dans le même temps les mêmes exigences que la Chine; il n'y suivit point la même conduite.
En I8M9 deux ans après la guerre de l'opium, les Hollandais, toujours réduits, depuis deux siècles, à leur petit entrepôt de l'îlot de Desbima, devant Nagasaki, demandèrent l'ouverture de tout le pays à leur commerce; ils ne l'obtinrent pas.
En 1846, des vaisseaux de guerre américains parurent dans le canal d'Uraga, à l'entrée de la baie de Tokio ; ils demandèrent à engager des relations ; ils furent écartés ; mais l'émoi fut grand parmi les Japonais, à la vue de ces énorme s bâtiments, hérissés de canons, portant chacun des centaines d'hommes, s'avançant comme des êtres mystérieux et dansant en vue des côtes*. Ce fut peut-être la première révélation que le Japon eut de la force européenne ; il ne devait pas tarder à en faire son profit. Pourtant, d'abord effrayé, il se renferma dans ses barrières.
Mais dès lors les États-Unis tenaient à faire le commerce du Japon, comme de la Chine. Ils enlevèrent au Mexique la Californie en 1848 et s'établirent très fortement à San-Francisco. L'océan Pacifique les attirait vers les riches pays de l'Asie Orientale; c'est à eux qu'allait revenir l'honneur ou la responsabilité de l'ouverture du marché japonais. En 1853, le Commodore Perry, avec deux vaisseaux de guerre et deux vaisseaux marchands, arriva encore dans la baie d'Uraga et demanda à présenter au shogoun des lettres autographes du président des États-Unis : c'était le moyen diplomatique de forcer l'entrée du pays. Il lui fut répondu que le gouvernement shogounal en délibérerait, qu'il serait nécessaire de consulter le mikado à Tokio, et on le pria de revenir un an plus tard; il le promit.