‹ La question d'Orient depuis ses origines jusqu'à nos joursChapitre 101 sur 173 · L. Léger, La Save, le Danube et le Bal/can, p · texte numérisé non relu

L. Léger, La Save, le Danube et le Bal/can, p

jouèrent maintes fois les destinées de la péninsule des Balkans, où périt, au Champ des Merles, la nationalité serbe sous les coups des Ottomans. Les Serbes ont à défendre ce pays contre les incursions des Albanais ; la situation des consuls de Serbie y est, du fait de ces pillards, très dangereuse; l’un d’eux, M. Martinovitch, fut récemment assassiné par eux, en plein jour, dans une rue de Prichtina. Néanmoins, d’üskub comme forteresse avancée, avec Koumanovo à l’est, Kossovo à l’ouest, les Serbes enfoncent un coin solide dans la direction du Vardar moyen; ils ont obtenu du sultan le remplacement du métropolite grec d’Uskub par un métropolite serbe, le droit d’ouvrir des écoles dans toute l’étendue de la Macédoine.

Ils ont sur leurs plus redoutables rivaux, les Bulgares, l’avantage de n’être pas schismatiqnes, d’être restés attachés à la pure orthodoxie grecque. Par là ils sont appuyés aujourd’hui par la grande influence de la Russie ; les Russes ne veulent pas non plus permettre la formation d’une trop grande Bulgarie qui, maîtresse peut-être un jour de Constantinople, leur barrerait à jamais la descente au sud. Ils ont intérêt à maintenir dans les Balkans l’équilibre des forces.

Les Bulgares pourtant sont bien puissants. Ils ne sont pas des Slaves purs ; ils paraissent être des Tartares slavisés ; leur originalité en est plus forte au milieu des autres races. Ils occupent tout le pays, du Danube à l’Archipel, de la mer Noire au Pinde, en masses compactes ; la population de la Macédoine est, pour les deux tiers environ, composée de Bulgares L

Leur nationalité se distingua, dans l’ensemble de la nation grecque, à partir du schisme bulgare. La nouvelle église fut reconnue par un fîrman du sultan en date du 10 mars 1870, dans des limites qui sont à peu près celles de la Bulgarie-Roumélie d’aujourd’hui. Ce fîrman promet aussi qu’en dehors de ces limites, si les deux tiers des habitants d’un pays désirent être rattachés à l’exarchat bulgare, leur demande sera accueillie. Ce fut le prétexte légal de la propagande bulgare en Thrace et surtout en Macédoine.

Là encore, des souvenirs historiques, et tout récents, marquaient avec précision la direction à suivre. Le traité de San Stefano avait constitué une grande Bulgarie étendue

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