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LE GKANÜ EFFORT DES RUSSES

russe, entra en relations suivies avec le gouverneur du Turkestan, le général KaufFmann, et reçut à Kaboul une ambassade du tsar. Le vice-roi de Calcutta, lord Lytton, y envoya aussitôt une ambassade anglaise, escortée par le major Cavagnari. Shere-Ali lui interdit le passage du col de Khaïber. Lord Lytton lui déclara la guerre — novembre 1878. — 35.000 Anglais envahirent l’Afghanistan, prirent Kandahar et Kaboul, chassèrent Shere-Ali, le remplacèrent par son ' fils Yakoub, qui signa le traité de Gandamak — 5 mai 1 879 : le nouveau souverain dut recevoir du gouvernement anglais une dotation annuelle d’un million et demi de francs ; moyennant quoi, il accepta un résident britannique à Kaboul et permit à l’Angleterre d’occuper les défilés des monts Solimans.

Quelques mois après, comme en 1842, les Afghans se soulevèrent. Le résident anglais, le major Cavagnari, fut tué. Une armée anglaise revint à Kaboul, détrôna Yakoub, qui fut interné à Simla. Le petit-fils de Dost-Mohammed, Abd-er-rhaman, reparut dans le pays, réclama son trône. Un fils de Shere-Ali, Ayoub, fut proclamé à Hérat, marcha contre les Anglais, battit le général Burrows à Mairvand, bloqua le général Primrose dans Kandahar. Le général Frederik Roberts accourut, battit Ayoub, le força à s’enfuir • en Perse, entra triomphalement à Kandahar. Le pays restait très agité, l’armée anglaise enveloppée de populations malveillantes. Le vice-roi de l’Inde hâta la fin de la crise : il se décida à reconnaître Abd-er-rhaman comme émir de Kaboul. Il signa avec lui la convention de Rawal-pindi (1880) : l’émir reçut une dotation annuelle de trois millions de francs ; les troupes anglaises durent quitter l’Afghanistan ; l’Angleterre renonça à y entretenir un résident ; mais elle eut le droit de construire un chemin de fer de Chikarpour, sur l’Indus, à Quettah, à mi-chemin de Kandahar, Elle compte peu d’ailleurs sur la fidélité d’Abd-er-rhaman, qui fut autrefois un de ses ennemis les plus acharnés et qui vécut dix ans de sa jeunesse au milieu des officiers russes du Turkestan.

Que sont ces résultats, péniblement acquis et très précaires, en comparaison des victoires retentissantes de la Russie dans les mêmes pays? Car les défaites qu’elle infligea aux Turcs en 1877 ont singulièrement grandi son prestige et la crainte de ses armes parmi les peuples musulmans ; et les déceptions qu’elle subit au traité de Berlin, en 1878, ont

EN ASIE. — ANGLAIS ET RUSSES

excité son ardeur à d’autres triomphes dont l’Europe ne lui disputerait pas le fruit.

C’est en effet au lendemain de la guerre des Balkans qu’elle acheva la conquête du Turkestan. IJ lui restait à prendre le pays compris entre l’Amou-Daria et la mer Caspienne. Elle avait sur cette mer une base d’opérations très avantageuse; elle y avait occupe en 1841 l’île d’Ashurada, en face de la ville persane d’Asterabad, près de l’embouchure del’Atrek. Elle occupa ensuite en 1854 Alexandrovsk, en 1869 enfin la belle baie de Krasnovodsk, en face de Bakou, à l’endroit où la mer est le plus étroite, et le général Stoliétof fonda bientôt sur cette baie le port de Mikhaïlovsk, complété plus tard en meilleure place par celui d’Ouzoun-ada.

Les Turcomans Tekkés du voisinage ne cessaient de harceler les colons russes de ces nouveaux postes, et rendaient impossibles toutes relations commerciales avec les villes de l’Amou-Daria. C’étaient d’ailleurs de terribles bandits ; ils ne vivaient que de pillage. Montés sur leurs chevaux rapides, ils entraient la nuit dans les bourgades ouvertes, massacraient les hommes valides, chargeaient les femmes et les filles en croupe, attachaient les prisonniers par un carcan au pommeau de leur selle, et ramenaient à coups de fouet tout ce butin dans leurs forteresses, accueillis par les acclamations des habitants qui accouraient au partage de la proie. Ils étaient surtout la terreur des provinces persanes du voisinage.

Le gouvernement russe résolut de détruire ce nid de brigands. Après plusieurs sommations dont les porteurs furent égorgés, le général Lomakine, en 1876, marcha sur Kysil- Arvat, et l’occupa sans pouvoir la garder. En 1879, avec une armée plus considérable, il prit l’oasis d’Ak-Tépé, et attaqua la forteresse de Denguil-Tépé, où les Turcomans s’étaient concentrés et avaient élevé de solides retranchements, sous la direction du major anglais Buttler. Toutes les attaques des Russes furent repoussées, et Lomakine ramena le corps expéditionnaire dans la vallée de l’Atrek.

Il fut remplacé par le conquérant du Ferghâna, encore illustré depuis au siège de Plewna, le général Skobelef. En se servant des premiers tronçons du chemin de fer de Mikhlaïlovsh à Kyzil-Arvat, il conduisit une petite armée jusqu’au cœur du pays des Tekkés, et mit le siège devant leur principale forteresse Géok-Tépé, avec 800 hommes et

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