‹ La question d'Orient depuis ses origines jusqu'à nos joursChapitre 122 sur 173 · T. — LES EUROPÉENS DANS LA VALLÉE DU NIL · texte numérisé non relu

T. — LES EUROPÉENS DANS LA VALLÉE DU NIL

Les derniers progrès des Européens en Afrique. — La situation des Anglais en Égypte. — Échec de la convention de 1887. — L’expédition anglaise contre Khartoum (1896-1898). — Les Italiens à Massouah. — Le rôle de FÉthiopie. — La France en Égyple, à

. Obock. — Les intérêts et le rôle de la France dans l’Afrique musulmane.

I — L’Islam en Afrique.

Lorsque la* servante d’Abraham, .Agar, eut été chassée de la maison de son maître, portant dans ses bras son fil .s

Ismacl, elle erra longtemps à travers le désert. Elle y souffrit mille maux et désespéra plusieurs fois de sauver son enfant. Un jour, privée d’eau, elle crut que les tourments de la soif allaient le lui enlever. « L’eau était tarie dans l’outre ; Agar déposa le petit Ismaël sous un arbre ; puis elle s’éloigna et alla s’asseoir en face de lui, à la distance de la portée d’une flèche ; car, disait-elle, je ne veux pas voir mourir mon fils. Assise en face de lui, elle éleva la voix et pleura. Déjà Dieu avait entendu les pleurs de l’enfant, et l’ange de Dieu dit à la mère, du haut du ciel : Qu’as-tu, Agar? Ne crains rien ; Dieu a entendu la voix de l’enfant de la place où tu l’as couché. Lève-toi ; aide-lui à se relever, et que ta main reprenne de la force en le touchant ; car de lui sortira un grand peuple »L

En effet, l’islamisme, sorti de la postérité d'Ismaël, a grandi sur la terre, comme le christianisme sorti de la postérité d’isaac : Dieu a béni la descendance de la servante presque à l’égal de celle de la femme libre ^ Mais aussi la postérité religieuse d’isaac n’a pas cessé de poursuivre celle de l’esclave à travers le désert.

L’Islam se répandit au moyen âge dans l’Afrique septentrionale, comme dans l’Asie méridionale, tout le long et au nord du Tropique. Ses destinées ne furent pas aussi brillantes en Afrique qu’en Asie ; peut-être y seront-elles plus durables.

Les conquérants du viii® siècle parcoururent en peu d’années, au galop de leurs chevaux, l’Égypte, la Tripolitaine, les pays Bai haresques. franchirent les colonnes d’Hercule, traversèrent l’Espagne, et par-dessus les Pyrénées envahirent la Gaule. Brusquement ils se heurtèrent à Poitiers contre les guerriers de Charles-Martel, et refluèrent au sud, suivis de près par la réaction chrétienne. Ce n’est pas que la seule bataille de Poitiers ait suffi à briser l’effort gigantesque de leur'course ; mais, nomades, ils passèrent et ne fondèrent rien de stable. Ils vainquirent les peuples, mais leur laissèrent leurs coutumes et leur administration locale, satisfaits de lever sur eux la lourde dîme de leur récolte et l’impôt de leur jeunesse pour le recrutement des armées du prophète. Et les peuples vaincus, conservant leurs cadres politiques, y exaltèrent leur haine du conquérant et y pre-

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