‹ La question d'Orient depuis ses origines jusqu'à nos joursChapitre 127 sur 173 · H. de Castries, Ulslam, p · texte numérisé non relu

H. de Castries, Ulslam, p

2. Duveyrier, La confrérie musulmane de Sidi-Mohammed-ben AU- Es-Senoûsi, et son domaine géographique. — D’Ëstournelle de Constant, Les sociétés sécrétés chez les Arabes,

loppement et recouvrit presque tout le bassin du Nil, marquant d’avance la route où devaient plus tard s’engager les explorations et les armes des Européens. Méhémet-Ali, en 1821, avait envoyé Ibrahim à la conquête de la Nubie; il avait soumis rapidement Dongolah, Berber, Ghendy,le Kordofan, le Sennaar, pénétré dans la vallée du Nil blanc jusqu’au confluent du Sobat, dans celle du Nil bleu jusqu’aux frontières de l’Abyssinie, fondé en 1823, près du confluent des deux fleuves, la grande forteresse de Khartoum. Pendant encore trente années, la connaissance du Nil ne fut pas poussée plus loin et ses sources restèrent secrètes.

Des officiers anglais de l’armée des Indes en entreprirent la découverte pcir la cote de l’Océan Indien. En 1858,Speke et Grant trouvèrent le lac Oukéréoué, qu’ils appelèrent Victoria-nyanza, et pensèrent qu’il devait être le réservoir originel des eaux du grand fleuve. En 186^, sir Samuel Baker, parti de la Basse-Égypte, réussit à remonter jusqu’au Louta-nzigué qu’il appela le lac Albert, et acheva ainsi la solution du problème. Tout l’honneur en revient donc aux Anglais.

Sir Samuel Baker se mit au service du pacha d’Égypte Ismaïl, et, pour combattre la traite des noirs, l’encouragea à prendre possession des terres nouvellement découvertes. Il fut chargé lui-même de cette mission ; établi à la petite forteresse de Fachoda, vers le confluent du Sobat, il créa une ligne de stations commerciales, peu à peu occupées par des garnisons égyptiennes, Chambi, Lado et Gondokoro, Fatiko, et pénétra jusque dans l’Ouganda, entre les lacs Albert et Victoria. Le colonel Gordon-pacha acheva après lui l’organisation de la province de l’Équateur et porta ainsi jusqu’aux sources du Nil la frontière de l’empire égyptien (1871-1875).

Dans le même temps, Ismaïl annexait encore à son domaine les pays de la rive gauche du Nil, dans la direction du lac Tchad. Un aventurier, Ziber-Rahama, d’origine allemande, parti vers l’ouest pour chercher fortune, s’y tailla une sorte de souveraineté et prit le titre de sultan du Dar Fertit. A la tête d’une bande, il enleva à la tribu des Bagaras le poste de Schegga, le principal entrepôt du commerce des esclaves dans la région. Il attaqua Brahim, le sultan du Dar Four, le battit et le tua à Monaouashi (octobre 1874), établit sa résidence à Torra. Derrière lui, une armée régulière de 10.000 Égyptiens, commandée par

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Ismaïl-pacha-Ayoub, vint mettre garnison dans la nouvelle province.

Dans tout le bassin du Nil, l’Abyssinie seule était en dehors de l’empire d’Ismaïl. Il voulut s’en emparer : il y fut moins heureux. Münzinger-pacha pénétra par le sud dans le pays du Cboa ; il fut repoussé par le roi Ménélik. Au nord, le colonel Abrendrap s’avança dans le Tigré jusqu’à la rivière du Mareb ; le négus Johannès enveloppa deux colonnes égyptiennes et les anéantit entre Guda-Gudi et Gundet (1876). L’année suivante, le prince Hassan, fils d’Ismaïl, fut encore battu à Goura, fait prisonnier, et dul payer une grosse rançon. L’Abyssinie échappa aux convoitises des Égyptiens et entretint contre eux une haine ardente dans les continuels pillages qui troublèrent longtemps encore les frontières des deux États. Elle n’en était pas moins rejetée dans ses montagnes, loin du Nil blanc, enveloppée de toutes parts comme un îlot chrétien au milieu des Égyptiens musulmans. Car le sultan abandonna à Ismaïl, en 1868, toutes les côtes de la mer Rouge jusqu’au détroit de Bab-el-Mandeb, avec les ports de Souakim et de Massouah, et, au sud de ce détroit, la domination égyptienne était établie dans le pays des Somalis, sur toute la côte méridionale du golfe d’Aden. Ismaïl-pacha, qui avait pris, en 1867, le titre de khédive ou vice-roi, possédait un domaine de 2.250.000 kilomètres carrés, plus de cinq fois la France.

Son règne fut encore illustré par la découverte des monuments de l’ancienne Égypte, et notamment par les travaux d’Auguste Mariette, qui y consacra toute sa vie. L’Égypte des Pharaons était tout entière recouverte par les sables, et ses temples de granit avaient complètement disparu. « On dirait que le Nil, prolongeant des centaines d’années l’inondation qui ne dure d’ordinaire que quelques mois, a caché le pays pendant des siècles sous ses eaitx débordées Mariette rencontra d’énormes difficultés, mais aussi des satisfactions sans pareilles. C’est le 12 novembre 1851 qu’il pénétra dans les salles du Sérapeum et y retrouva la trace des derniers pas qui s’étaient éloignés depuis des siècles de la nécropole des Apis. Dans les années qui suivirent, jusqu’à sa mort en 1881, il continua ses recherches, explora les Pyramides, fonda le Musée de Boulaq dont Ismaïl-pacha

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