‹ La question d'Orient depuis ses origines jusqu'à nos joursChapitre 60 sur 173 · II. — La politique des réformes · texte numérisé non relu

II. — La politique des réformes

S’il est une période au xix® siècle où l’influence française ait été particulièrement grande à Constantinople, c’est celle qui s’ouvre après le traité de Paris. Elle s’y manifesta par une politique dont il est intéressant, surtout aujourd'hui, de rechercher les principes. Certes son action fut troublée par des oppositions variées, par des complications sans cesse renaissantes, et aussi par des traditions contradictoires. Le gouvernement français y voulut rester fidèle à son alliance séculaire avec la Porte, qui avait puissamment contribué aux plus beaux succès de la diplomatie des rois de France, et qui était pour lui une précieuse garantie de l’équilibre européen. Il voulut aussi rester fidèle à ses sympathies plus anciennes encore pour les chrétiens du Levant, fortifiées par le développement des idées libérales, par la haine de toute tyrannie, parla renaissance des nationalités. De là ce double caractère du traité de Paris : d’une part, intégrité de l’empire ottoman; de l’autre, nécessité d’assurer aux chrétiens de cet empire les libertés indispensables. Il est difficile d’affirmer que la politique française ait réussi à concilier ces deux termes, peut-être inconciliables, et, en dépit du principe de l’intégrité, la France dut maintes fois favoriser l’autonomie des diverses nationalités de l’empire du sultan.

La difficulté d’assurer des réformes sérieuses dans cet empire eût rebuté des alliés moins résolus et moins patients. Sans cesse, les puissances européennes essayèrent de faire comprendre à la Sublime Porte qu’il fallait modifier son administration, améliorer la condition de ses sujets; sans cesse, il leur fallut se plaindre de l’oubli des engagements pris, de l’insuffisance des résultats obtenus, au point que, maintenant même, on peut se demander, après un siècle d’efforts, si l’on ne se heurte pas là à une impossibilité absolue. Jamais, même dans ces dernières années, la politique des réformes ou du Tanzimât n’a été poursuivie avec plus de constance et dans des conditions plus favorables que dans les années qui suivirent le Congrès de Paris, et, sans prétendre tirer de ce qui se passa alors des conclusions

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