XII PREFACE
Mais qu'elle y arrive donc; la présence de ses navires dans la Méditerranée y rétablira un équilibre toujours prêt à se rompre en faveur des flottes anglaises. Et ce sera, de plus, la sécurité pour la Hollande et la Belgique, sécurité qui nous importe très fort, à nous autres Français. Car enfin, l'Allemagne est beaucoup trop riche et beaucoup trop peuplée pour vivre ainsi sans débouchés maritimes et si elle ne parvient pas à s'ouvrirrAdriatique, il faudra bien qu'elle s'ouvre la Manche (1). »
Je ferai observer que si l'Allemagne peut jamais s'étendre librement jusqu'à l'Adriatique, pourquoi donc s'interdirait-elle ensuite d'occuper les riches ports de la Hollande et des Flandres, qu'elle convoite? Ayant si facilement gagné la partie de Trieste, elle aurait vraiment bien tort de ne point jouer celle de Rotterdam et d'Anvers.
Le collaborateur du Figaro n'en conclut pas moins : « Ce n'est pas sur le Rhin, c'est sur le Niger et sur le Mékong que résident désormais la grandeur à venir de la France et les secrets de sa puissance (2). »
Voilà qui dénote, certes, un beau zèle colonial,
(1) Le Fiijaro, 14 janvier 1903.
(2) Id.