‹ La question d'Orient: La Macédoine. Le chemin de fer de Bagdad. Ouvrage accompagné de six cartesChapitre 26 sur 41 · RELÈVEMENT DES TARIFS DOUANIERS · texte numérisé non relu

RELÈVEMENT DES TARIFS DOUANIERS

Le plus sûr moyen d'assurer la fameuse garantie kilométrique serait de relever les droits de douane de 8 à 14 ou 15 pour 100 sur la valeur des marchan-

dises étrangères importées en Turquie, mais les difficultés d'une telle opération paraissent, il est vrai, presque insurmontables. « La Turquie, dit le D' Paul Rohrbach, n'est point en condition de faire cette réforme. Ses tarifs douaniers sont fixés en vertu de capitulations avec les puissances étrangère, et ces dernières doivent consentir à tout relèvement de tarifs (1). »

Au commencement de 1902, le sultan, cédant aux suggestions allemandes et espérant en imposer à l'Europe par une brusque décision, fit annoncer qu'il allait appliquer une élévation du tarif douanier sur les marchandises étrangères arrivant à Salonique, et cela à partir du 1/14 mars. . L'Angleterre d'abord et peu après la Russie protestèrent contre cette mesure, qui ne pouvait être mise en pratique sans entente préalable entre elles et la Porte; l'ancien tarif a donc été maintenu. La France, pour des raisons qu'on verra plus loin, acceptera peut-être le relèvement des droits de douane ; mais la Russie comme l'Angleterre maintiendront très probablement leur refus, et l'Autriche ainsi que l'Italie paraissentdevoir se joindre à elles. C'est plus qu'il n'en faut pour empêcher une augmentation de tarif qui, avant d'être appliquée, doit être acceptée par toutes les grandes puissances.

Cette difficulté de principe n'est pas la seule.

(1) P. Rohrbach, Die Bagdadbahn, p. 22. Wiegandt, Berlin, 1902.

Au termes du décret de Moharrem qui Ta instituée, la Dette publique ottomane a le droit de toucher, pour le compte des détenteurs des fonds turcs, toute plus-value venant à résulter d'une modiBcation des traités de commerce conclus entre la Porte et les puissances. L'augmentation des droits de douane ne devrait donc légalement procurer aucune ressource nouvelle, immédiate ou prochaine, à rÉtat, mais améliorer seulement la situation des détenteurs des titres de sa rente.

Admettons cependant, si l'on veut, que toutes les puissances consentent à l'augmentation des droits de douane; admettons encore que les syndicats européens des porteurs de titres turcs se décident à abandonner les 50 pour 100 de la plus-value que donnerait l'application du nouveau tarif; il faudrait au moins des années de laborieuses négociations pour que les parties puissent se mettre d'accord.

Est-il facile ou même possible de prévoir toutes les crises par lesquelles la Turquie passera pendant cette période et ce qu'elle sera devenue à son expiration?

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