NOTIONS GÉOGRAPHIQUES
Cuba fut la première terre que, en 1492, Colomb releva à l'approche de l'Amérique. Il la prit pour une péninsule du continent asiatique, pour la mystérieuse Cipango. Ce ne fut qu’en 1508 que O’Campo, doublant le cap San Antonio, constata la situation insulaire de Cuba.
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la Grande Antille fut considérée par l'Espagne comme une colonie sans intérêt ; il fallut qu’en 1762 l'Angleterre s’en emparût, pour que la mère-patrie s’aperçût qu'il existait là un territoire susceptible d’être fructueusement exploité : Les Anglais, dans les huit mois qu'ils avaient été maitres de la Havane, avaient su à ce point développer dans l’île les éléments de richesse, qui depuis trois siècles y demeuraient embryonnaires, que, lorsque la paix de 1763 vint rendre Cuba à ses anciens maîtres, ceux-ci ne la reconnurent pour ainsi dire plus.
Cette île, divisée en six provinces (Habana, Pinar del Rio, Matanzas, Puerto-Principe, Santa Clara et Santiago de Cuba), est située dans les eaux chaudes du golfe du Mexique et de la mer des Antilles, sous le tropique du Cancer, entre 190 48° 30” et 230 13° latitude
Fureur
Nord et 76° 32° et 870 19° longitude Ouest. Elle s’allonge done, de l'Ouest à l’Est sur une longueur de plus de 1,200 kilomètres, du cap Maysi au cap San Antonio; sa largeur moyenne est de 110 kilomètres et sa superficie d'environ 112,000 kilomètres carrés.
Cuba est à 230 kilomètres de la côte de la Floride et à 200 kilomètres seulement du Yucatan, les deux presqu'iles les moins éloignées du continent américain. Les mers qui l'entourent sont généralement profondes. Sur la plus grande partie de leur tracé, les côtes de Cuba sont difficilement abordables, néanmoins,en beaucoup de points, des baies et des havres, qui forment d’excellents ports, découpent le littoral. |
Le relief du sol de Cuba est peu accentué, la plus erande partie est assez basse, quoique ondulée. Le plus haut sommet est le Pico de Tarquino (2,650 mètres) dans la Sierra del Cobre.
On compte environ 150 cours d’eau, mais l’île étant très étroite et allongée, ils sont naturellement peu considérables : le seul qui soit navigable sur quelque étendue est le Rio Cauto, long de 200 kilomètres.
Le climat, encore que tempéré par les vents du Nord et de l'Est, est celui de la zone tropicale ; il oscille entre + 220 en décembre et + 270 en juillet ; la moyenne annuelle est de + 250, Une saison sèche (novembre à avril) alterne avec une saison pluvieuse (mai à octobre). La chute d’eau est considérable, atteignant jusqu’à 4 mèêtres. Le climat est malsain : la fièvre jaune et les fièvres paludéennes font de nombreuses victimes. |
Cuba est une île remarquablement riche : Dans ses grandes forêts abondent l’ébène, le cèdre, l’acajou, le
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bois de rose, le palissandre ; dans la région montaeneuse se trouvent notamment l'or, le fer et le cuivre en assez grande abondance ; enfin le sol, principale source derichesses, produit à profusion et presque sans travail, le café, le riz, le maïs, le sucre et le tabac.
La population de l’île est formée de couches superposées ; près du tiers environ se compose de noirs ; le reste va du noir au blanc en passant de dégradé en dégradé de ton par toute la gamme des nuances. La race espagnole elle-même s’est modifiée dans ce milieu insulaire et tropical de Cuba, tant par le fait du changement de climat et des conditions d’existence autres que dans la mèêre-patrie, que par la superposition à des races inférieures et par les croisements de sang : certains traits primitifs et caractéristiques s’effaçant et disparaissant, d’autres au contraire persistant, parfois même s’accentuant, l’ensemble s’est altéré, et, de même que la race française devient créole aux Antilles, la race espagnole est ici devenue cubaine, formant ainsi une race hybride qui n’a plus avec la première que de lointaines affinités.
LS