A. — SECOURS À L’INSURRECTION
De 1850 à 1898, il se forma, sur le territoire des Etats- Unis, plus de soixante et onze expéditions flibustières (au compte de M. de Olivart) destinées à prêter mainforte aux insurgés cubains. Pourtant, les lois de l'Union interdisaient bien aux Yankees tout enrôlement, équipement ou coopération consciente, en vue d’aider une colonie en guerre avec sa métropole, et les autorités tant militaires que judiciaires jouissaient de tous pouvoirs pour empêcher et réprimer tout manquement à ces devoirs. Au lieu de cela, les autorités américaines ont presque toujours laissé les flibustiers agir à leur guise, et quand par hasard, à force de réclamations,
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elles se décidaient à exercer des poursuites, les tribunaux se bornaient à acquitter les prévenus. En tolérant de telles expéditions, les Etats-Unis violaient indiscutablement le principe du mutuel respect que se doivent les nations entre elles. Ils le violaient également en permettant à New-York le fonctionnement de la delegacion ; pour bien faire, ils eussent dû, en effet, dissoudre la Junte cubaine qui centralisait l’argent nécessaire à l'insurrection et entretenait à Cuba la révolte d’une façon continue, car (et ce sont les règles que les Etats- Unis eux-mêmes firent adopter par un tribunal arbitral à l'encontre de l'Angleterre, à la suite de la guerre de Sécession, en 1871), toute tierce puissance en paix avec une puissance indépendante est tenue de respecter les droits qui dérivent de cette indépendance; par conséquent, elle ne doit entraver en rien la tranquillité intérieure de cette nation ; elle est donc astreinte à ne fournir aux rebelles ni armes, ni munitions, ni effets militaires, ni subsides ; et surtout, il lui est particulièrement interdit de laisser s’organiser sur son territoire ou dans ses eaux territoriales,des expéditions militaires hostiles au gouvernement établi et reconnu.