‹ La question de l'authenticité des XII tables et les Annales maximiChapitre 2 sur 4 · II · texte numérisé non relu

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donc à y trouver l'indication complète des actes et des gestes des rois primitifs. Certes, l'historiographie romaine se co^^'j®dit elle-même en présentant comme enregistrés dans les UDie^ des pontifes des faits antérieurs au règne de Numa qui pour tant, d'après elle, aurait institué les premiers pontifes. Mais les contradictions de ce genre sont coulumières à tous les corps de traditions nationales.

Je comprends aisément les efforU désespérés tentes par quelques-uns des partisans de la thèse, qui attribue une véracité exceptionnelle aux énonciations des fastes, pour se soustraire k cette constatation, pourtant inéluctable : les AnnaUs Maxtmi n'embrassaient pas seulement la période républicaine, mais aussi les temps royaux, et même l'histoire d'Albe. Du moment où nous savons que la chronique religieuse débutait par le récit de ces légendes, de ces sagas dont des travaux de mebuhr et de Mommsen ont fait justice, il devient beaucoup plus difficile de nous convaincre de l'authenticité absolue des renseignements contenus dans les livres suivants. Mommsen a bien senti le danger et a cherché à le conjurer (1). C'est seulement dans la première moitié du V siècle de la fondation que, d'après lui, les notes pontiUcales, jusque-là brèves et rares^ se seraient transformées en une chronique annuelle. Les pon tifes auraient alors cédé à la tendance commune des chroniqueurs à reconstituer la préhistoire, sinon jusqu'à la créatiOD du monde, du moins jusqu'à l'établissement de la communauté sociale. Ils auraient fait précéder les documents sincères. do0t ils ne disposaient que pour les siècles républicains d une histoire imaginaire des temps royaux. Cette explication est très admissible. Mais pouvons-nous discerner à que e^d-^^'t // l'œuvre pontificale, aujourd'hui perdue, finissait J\ «««°^; ^^ commençait l'histoire? Mommsen, il est vrai, "°'t P^/^^^^ la clef de cette énigme. Mais, à sa parole, je P^^fj"^^'^' .^^'^ ma part, le moindre commencement de preuve. Et je ne sau rais prêter ce caractère aux argumenta P^lologiques «. lege^. si contestables et si contestés, que le grand ^•«'""«'^ ""«^ f^ avant{2). L'humble mortel, à qui manque la puissance de di

(i) BS^Ucke Ge.ckUHte, 1 (7), p. 456. Cf. SolUo, dans PMlologus, 189». "•(îTcr aIIuU Ri^taiiFUolo,ia, XXIV. p. 212.

vinatioD et dont TîmaginatioD est impuissante à remédier à Tabsence de sourcea^ historiques, en est réduit, sur ce point, à confesser son ignorance.

Admettons même que Cicéron, Deûys, Aurelius Victor, Vopiscus se soient trompés ou aient menti. Supposons — supposition non seulement téméraire, mais inexacte — qu'il soit établi que les tables annuelles du pontife n'ont été tenues qu'à partir de la chute des rois et qu'elles ont été rédigées depuis lors avec la plus grande régularité. Nous allons nous heurter à un nouvel obstacle. Cette première retouche à la tradition ne sufûraitpas. 11 en faudrait une autre. Tite-Live, en effet, paraît bien dire que les tables pontificales antérieures ont été détruites lors du sac de la ville par les Gaulois. Pour quiconque croit à rhistoriciié de l'incendie gaulois(l), il est bien difficile, quoiqu'on Tait tenté (2), d'éluder cette conclusion (3). De deux choses l'une. Ou bien on a procédé, dans la suite, à une reconstitution de ces tables jusqu'aux premières années de la république. Sommes-nous sûrs que les tables, restituées avec le seul secours de la mémoire humaine, aient été une reproduction fidèle des anciennes? Une pareille hypothèse n'est-elle pas même fort invraisemblable? Ou bien l'invasion gauloise a entraîné la perte définitive et irrémédiable des tables antérieures. Il devient alors certain que, pour la période qui va de l'établissement de la république à la date indiquée par la chronologie officielle comme celle du sac de Rome, les rédacteurs des fastes ont dû puiser à d'autres sources que les annales. Quelles étaient ces sources? Que valaient-elles? Nous l'ignorons. Mais les archives privées ayant, d'après Tite-Live, subi le même

(1) Historicité disculée aujourd'hui : Thouret, Ueber den gallischen Brand dans Jahrbiicker fur dassische Philologie, 1880. Supplémefily XT, p. 95 et s. ; — Pais, Storia di Roma, I, 2, p. 98 et s. ; — Cantarelli, Rivista di filologia, XXVI, p. 217; -^Contra, Niese, Hermès, XIII, 1878, p. 406 et s.; — Mommsen, Même revue, XIII, p. 515-555, et Hômische Forschungen^ II, p. 297-381 ; — Soltau, Rômische Chronologie, 1889, p. 309 et s.

(2) Holzapfel, Rom. Chronologie, p, 163, 358; — Amatucci, Rivisla difilologia, XXIV, p. 223-224 ; — Naegele, Siudien, p. 273-284.

(3)Eo ce sens : iNiebuhr, /îôm. Gesch., I, p. 257; — Schwegler, Rom. Gesch., I, cl, 14; Huebuer dans Jahrbûcher fur claisische Philologie, 1859, LXXIX, p. 421 ; Peter, Veterum hist. rom. reliquiae. Prolégomènes, p. XVI; — Girard, Organisation judiciaire, I, p. 46, note 1.

sort que les archives pontificales, il résulte des doDuées mêmes de la tradition, que ces documents inconnus ne pouvaient guère avoir le caractère de témoignages directs. Dans un cas comme dans l'autre, pour accepter l'authenticité de cette partie des fastes — et c'est celle-là qui intéresse le problème de l'origine des XII Tables, — il me faudrait faire un acte de foi vraiment pénible à ma raison.

Les fastes vont-ils du moins nous fournir, à partir de l'époque signalée par les classiques comme ayant été le théâtre de l'invasion gauloise, les premiers et très maigres linéaments d'une histoire authentique? Pas davantage. Les contemporains d'Auguste, et, par conséquent, les rédacteurs des fastes capitolins, n'avaient pas, sons les yeux, les tables pontificales annuelles. Ils ne les connaissaient que par l'intermédiaire du recueil de Scaevola (1). Si l'on octroie une si haute autorité à ce recueil, c'est parce que l'on suppose qu'il constituait une œuvre absolument impersonnelle ; qu'il n'était autre chose que la reproduction intégrale, que la copie fidèle des tables annuelles ; qu'il ne contenait aucune de ces légendes édifiantes, aucune de ces anecdotes merveilleuses qui rendent si suspects les récits des historiens classiques. Mais cette supposition ne rencontre aucun appui dans la tradition romaine. Tout au contraire, elle reçoit d'elle, me semble-t-il, un démenti assez net. Les renseignements donnés par les classiques sur le contenu des tables antiques manquent d'ailleurs de clarté et de concordance. Cette obscurité tient, en partie, à l'emploi simultané dans nos sources des mois Annales Maximi et Commentarii pontifictim (2). Une opinion qui a longtemps été prédominante, quoiqu'elle ait toujours rencontré quelques résistances (3), prêtait, à chacune de ces expressions, un sens distinct, voyait dans les Commentarii des recueils de réponses et de décrets rendus par les pontifes

(!) Ciehoniis, Amutles^ I, p. 2250.

(2) Je laisse dec6té ud troisième terme, Lt6n Pontificym^ etje neveux point examiner si cette expression désigne une catégorie spéciale de doeameots. Sur ce poiot, Toir la bibliographie citée par Âmatucci, /. c, p. 213, noteS, et Peter, l. c, p. iv. Je ne parle pas des libri iinUiy dont Finauthenticité est géoéralemeot reconnue (Mommsen, Rôm, CAro., p. 93 et s.; — Schanz, § 13. Cf., ponrtant, Unger dans JaAr6. fûrcL PhiLy 1891. CXLIII, p. 650-655.

(3) Cf. les auteurs cités par Âmatucci, L c, p. 214, note 4.

dans les matières de jurisprudence religieuse, et réservait, aux seules annales, le caractère de chroniques ou de notices historiques (1). .Mais la plupart des philologues qui, dans ces dernières années, ont repris de nouveau l'examen du problème de l'origine des annales pontificales, et notamment Amatucci (2) et Gantarelli (3), sentent la nécessité de répudier cette distinction inventée par les modernes, inconnue des classiques. Je ne vois pas, en effet, comment on pourrait la concilier, soit avec divers textes de Cicéron et notamment le passade du chapitre XIV du Brulus où Torateur latin rappelle le jugement porté par les Commentant pontificum sur la valeur intellectuelle de T. Coruncanius, soit surtout avec le texte de Servius (4) qui applique aux annales rassemblées par Scaevola la qualification annuos commentarios (5).

Je consens encore à ne pas tenir compte de ces difficultés. Je m'incline, malgré les graves objections qu'elle soulève, devant la doctrine qui, en dépit de ces attaques récentes, compte le plus d'adhérents, devant celle qu'expose Cichorius dans son article de l'encyclopédie de Pauly-Wissowa. La tabula pontificis ne mentionnait, nous dit-on, outre les noms des magistrats de l'année, que quelques événements intéressant la religion, prodiges, éclipses, di^setles, cérémonies expiatoires provoquées par ces événements, sans doute aussi, principales guerres. Elle ne constituait, dès lors, qu'une notice très courte et très sèche qui ne se prêtait point aux embellis-

(1) Huilemann, DUputatio critica de Annalibui Masimis, — Hueboer, /. c, p. 407 ; — De La Berge, Annales Maximi, dans Daremberg et Saglio, I, p. 273* — Marquardl-Brissaud, 1, p. 359. — Landucci, Storia del dirilio romano, I (2), § 275 ; -- Joers, Bômische Bechhmssenschafi^ I, p. 42 ; — Schwegler, l, 6., I, c. 1, r^et, pour la bibliographie, Sch^nz, U c, § 13 et 14; — Teuffel-Schwabbe, Ge$chichte der rômischen Litteratur^ I, 5^ édit., § 73, 2.

(2) Rivista di Filologia, XXIV, p. 213, 218.

(3) Même revue, XXVf, p. 213, 229. Gantarelli fait remarquer qu*à la même heure, Pais (Storia di Roma, I, 1, p. 30, note 3) et lui sont arrivés, sur ce point, sans entente préalable, aux mômes conclusions.

(4) Aen, I. 373.

(5) D'autres objections sont indiquées dans Amatucci, l, c., p. 214 ; Pais, l. c, p. 30, note 3. Cf. la théorie compliquée et conjecturale proposée par Soltau {Philologus, N. F., IX, p. 257 et s.), qui distingue trois éléments dans la composition de la chronique pontificale.

42 LA QUESTION DB l' AUTHENTICITÉ DES XII TABLES

sementset aux ampiincations(l). Je veux bien accepter cette nouvelle conjecture. Mais il m'est impossible d*admettre que, si les tables annuelles ont réellement répondu à une pareille description, le recueil de Scaevola n'en ait été qu*une simple copie. L'analyse de la tradition me conduit nécessairement à la solution opposée et me démontre que Scaevola a fait œuvre originale, qu'il a transformé et fécondé, par un travail littéraire, les matériaux dont il disposait.

Je ne signalerai que les deux preuves les plus frappantes. La première découle des renseignements qui nous sont parvenus sur l'étendue de la compilation de Scaevola. Nous savons, par Servius, qu'elle comprenait 80 livres. Or, n'oublions pas que la division en libi^i n'était point artificielle et dictée seulemenl par des préoccupations d'art et de méthode. Elle était imposée par la nature des matériaux employés pour écrire. Le liber correspondait au contenu d'un rouleau (2). Les dimensions du rouleau, et par conséquent l'étendue du liber, variaient d'ailleurs d'un auteur à l'autre. Ou ne peut, dès lors, accueillir que sous bénéfice d'inventaire les conclusions de la comparaison, fort curieuse en elle-même, qui a été instituée entre l'œuvre de Scaevola et celle de Tile-Live. Il est utile cependant de les rappeler. Si Ton admet que les annales de Scaevola ne remontent point au delà de l'année 350 de la fondation, il en résulte, dit-on, que, pour retracer l'histoire d'une période d'environ 280 ans, il a fallu 80 livres à Scaevola, alors que 53 suffisaient à Tite-Live. Si l'on fait commencer le récit de Scaevola avec la chute des rois, la disproportion diminue, mais sans disparaître. La proportion moyenne des années dont la

(1) Cicborius, L c, p. 2251 ; — Rrueger, Geschichte der Qudlen^ p. 28-52, et daDs la Iraductioo Brissaud, p. 38, 68 ; — Girard, Organisation judiciaire, p. 46, note 1. — Hueboer, Jahr. f, cl. PhiL, LXXIX, p. 408; — Peter, L c, p. VIII. Oo arrive à celte coDclusioo en ioterprélaoi restrictivemeDt le fragment de Galon cité par Aulu-Gelle, II, 28, 6, et en rejetant ou en corrigeant les témoignages contraires, mais postérieurs, de Gicérou, De oratofè, II, 12, 51-53, res omnes singulorum annorum, et de Servius Am^ I, 373, domi militiae' que terra marique gesta per singulos dies,

(2) Birt, Das antike Buchwesen, 1882, p. 13 et s. ; — Krueger, Zeitschrifi der Savigny-Stiftung, R. A., VIII, 1887, p. 77 et s. ; — Geschichte dcr Quellen^ p. 137, et traduction Brissaud, p. 183; — Girard, Manuelyp, 64, note 2; — Guq, InstHutions juridiques, II, p. 61, note 5.

chronique forme l'objet d'un livre est de six ou sept chez Tite- Liveet seulement de quatre ou cinq chez Scaevola. C'est donc que la chronique, pourtant si développée, de Tite-Live, est encore moins étendue et moins diffuse que celle de Scaevola. La dernière partie de cette argumenlalion n'est pas très solide. Car elle fait abstraction d'un facteur important, la variabilité des dimensions du rouleau. Maiâ, même en tenant compte de celte cause d'erreur, et des rectifications nécessitées par la constatation, antérieurement faite, que le recueil de Scaevola renfermait l'histoire des rois, la comparaison n'en reste pas moins instructive. Une compilation, divisée en 80 livres, cons« tituait incontestablement une œuvre très développée.

Ceux-là même des romanistes qui défendent avec le plus d'ardeur la véracité des Annales Maximi reconnaissent d'ordi naire la force de ce premier argument. Quelques-uns ont essayé de l'écarter, notamment Hullemann et Peter(l). Cichorius avoue que leurs explications manquent de vraisemblance. Celles qu'il propose, à son tour, ne sont pas plus convaincantes. Tantôt il s'inscrit en faux contre cette même tradition, dont les affirmations servent de point de départ à toutes ses déductions, et invoque que, si la compilation de Scaevola avait été réellement un remaniement littéraire des tables anciennes, elle aurait dû laisser un souvenir plus vivace, exercer une influence plus profonde. Mais une réponse aussi vague et aussi indirecte ne saurait tenir lieu de réfutation. Tantôt, pour éluder les conclusions naturelles de la constatation faite par Servius, il s'empare de l'hypothèse arbitraire émise par Seeck(â) ; suppose gratuitement que la tabula ponlificis n'était que le calendrier de l'année portant mention, à leur date, des principaux événements religieux, augmenté de quelques additions, comme le nom des magistrats, et que la compilation de Scaevola a dû être obtenue par une simple juxtaposition de tous les calendriers annuels.

Mais Cichorius se retranche surtout derrière le jugement

(1) Hullemaon, De Annalibus MaximiSt p. 51 ; — Peter, Hitlor. rom, reliq.^ p. iz.

(2) Seeck, Kalendertafel der Ponti/ices, p. 62 ; Cf. Waschmuth, EinUitung in das Studium der alten Geschkhie^ 618. Pour la réfutation de cette coojecture, Soltaa» PkUologus, N. P., IX, p. 259.

porté par Cicéroo sur la valeur littéraire des Annales Maximi, soit dans le Deoratore, soit dans le De legibus. Dans le premier de ces dialogues, Cicéroo compare les Annales Maximi aux œuvres des premiers chroniqueurs laïques, de Fabius Piclor, de Calpurnius Piso, et même de Caton, qui ignoraient encore Tart de la rhétorique et qui, se contentant de se faire comprendre, paraissaient croire qu'il n'y avait d'autre mérite à rechercher dans le style que la brièveté. Bien d'autres, dit>il, ont imité la manière d'écrire des pontifes qui sine ullis ornamentis monumentasolum temporum^ hominum locorum geslarumque rerum reliquerunt. Tandis que Cœlius Antipater a prêté plus tard à l'histoire, un langage plus pompeux, les annalistes antérieurs, pontifes ou laïques, n'ont point songé à orner les choses et se sont bornés aies raconter (1). Dans le De legibus (2), Atticus engage Cicéron à écrire l'histoire, genre qui n'a jamais été représenté dans la littérature latine et ajoute : ««Nam post annales pontifîcum maximorum quibus nihil potest esse jucundius si aut ad Fabium autad eum, qui tibi semper in ore est, Catonem, aut ad Pisonen^, aut ad Fannium venias, quanquam ex his aliusalio plus habet virium, tamen quid tam exile quam'isii omnes. » Prise à la lettre, cette phrase voudrait dire que la lecture du livre de Scaevola paraissait très agréable à Atticus. Cette interprétation littérale a eu, a encore des défenseurs (3). Cicéron, observe-t-on, a pu goûter la naïveté des vieilles chroniques (4), et il a manifesté ailleurs, et à plus d'une reprise, qu'il n'était point insensible au charme spécial des monuments antiques de la littérature nationale (5). Mais la très grande majorité des commentateurs estime que Tépithète jucundius, appliquée aux Annales Maximi est inconciliable, soit avec le sens général du texte, soit avec le passage antérieurement cité du De aratore ; que sa présence dans le manuscrit ne peut s'expli-

(1) De oratorey II, 12, 52.

(3) Huebner, dans Jahrbûcher fur classUche Philologie^ LXXIX, p. 412 ; parmi les auteurs récents : Amatucci, Hivista di Filologia, XXIY, p. 230, et^ avec plus d'hésitations, Cantarelli, même revue, XXVJ, p. 224.

(4) Huebner, I. c.

(5) Cf. les nombreuses références rassemblées par Cantarelli, L c, p. 224, note 1.

quer que par une erreur des scribes ; que, dans rorigioal, devait figurer un autre mot, soit le terme jejunius, soit le terme incompthis on quelque autre expression analogue (1). Les éditeurs modernes adoptent généralement Tune ou l'autre de ces corrections; inclinons-nous. Admettons que ce soit uniquement dans la fin de la phrase : quid tant exile quant isti ontnes^ qu'il faille aller chercher l'appréciation de Cicéron, qui d'ailleurs s'applique^ non pas uniquement à la compilation de Scaevola, mais aussi aux travaux de Fabius Pictor, de Calpurnius Piso, de Fannius Strabo et même de Caton. Encore faut-il déterminer le sens du moi exilitas. Le qualificatif exile vise-t-il, comme le prétend Cichorius, le contenu de l'écriture? Ne vise-t-il pas plutôt la manière d'écrire? Les vocables exile^ exilitas, selon la remarque très juste de Cantarelli (2), sont souvent pris par Cicéron dans la seconde acception. Et surtout le contexte de ce passage du De /^^î^2^s est vraiment décisif. Pourquoi Atticus croit-il Cicéron plus apte que tout autre à écrire l'histoire? Parce que c'est un genre oratoire. Ce senties qualités oratoires qui ont fait défaut aux pontifes et aux premiers annalistes. Et il ajoute immédiatement, éclairant ainsi le sens de l'épithète exile queCœlius Antipater a déjà un peu haussé le ton et montré à ses successeurs la nécessité d'écrire avec plus d'élégance. Il y a parfaite concordance entre le jugement de Cicéron et celui de Quintilien(3). Ce dernier auteur assigne, aux Annales Maximi, dans la littérature historique, une place analogue à celle qu'occupe Livius Andronicus dans la littérature poétique. Si Cicéroa et Quinlilien se refusent à voir dans l'œuvre de Scaevola un modèle à suivre, c'est parce que l'histoire n'y était point encore envisagée comme un art, et spécialement comme une branche de l'art oratoire {i). Ils lui reprochent, non pas l'indigence de son contenu, mais la rudesse de la langue, la pauvreté du vocabulaire, l'inélégance du style.

Loin de contredire le renseignement fourni par Servi us, lés passages de Cicéron, si imprudemment invoqués par Cichorius,

(1) Peter, Hist. rom. rel.^ p. XIII, note 1. Cichorius, annaletj p. 2254 ; et, pour les restitutions proposées, les éditions d'Orelli et de Mûller.

(2) L. c, p. 224, note 4.

(4) Canlarelli, l. c, p. 225.

en accentuent encore rimportaoce^ en nous prouvant que retendue de la conapilation de Scaevolane pouvait s'expliquer que par la variété des matières traitées, la diversité et Tabondance des matériaux qui y étaient entassés en désordre. Cicéron et Quintilien nous présentent visiblement les annales poatiGcales comme des œuvres appartenant au même type littéraire que les chroniques des annalistes de langue grecque, ou même de Caton et de Calpurnius Piso, s*en différenciant seulement par leur caractère officiel, renfermant exactement les mêmes sortes de mentions. Cette identité d'objet, cette communauté de méthode dans l'exposition entre la chronique officielle et la chronique privée est attestée, peut-être plus clairement encore, par un grammairien du iv<^ siècle, dont le témoignagne vaut largement celui de Servius, Diomède (1). Le recueil de Scaevola devait donc être autre chose qu'une simple énumération de noms de magistrats, qu'une interminable liste d'éphémérides. On y trouvait, sans doute, naïvement et maladroitement exposé, le récit de toute l'histoire officielle de Rome (2). Si les tables pontificales annuelles étaient aussi sèches que l'affirme Cichorius, la compilation de Scaevola n'en était pas une simple reproduction, mais une édition remaniée, entièrement transformée et extraordinairement augmentée (3). L'exactitude de cette induction est confirmée — c'est là ma seconde preuve — par l'inspection des fragments de l'œuvre de Scaevola qui ont survécu à 1 oubli ou, tout au moins, des citations présentées par les auteurs classiques^om me extraites de ce document. Ces citations sont peu nombreuses. Les deux textes du De Republica, I, 16, 25 et 11, 15, 28, ne font que des allusions incidentes. Mais le second suffirait déjà à démontrer l'inexactitude de la conjecture de Seeck. Il en est de même du passage de Vopiscus sur lequel je n'insiste pas d'ailleurs, la véracité de son auteur étant trop suspecte. Deux

(1) De arU grammatica, III, de specie poematos communia dans Keil. Grommatici latini^ I, p. 484, 3-7.

(2) Cf. les coQciusioDs différentes, mais en coDtradictioo avec la théorie de Seeckf formulées par Soltau, Philologus LV, p. 267.

(3) Oo ne saurait tirer argument, soit en ce sens, soit en sens contraire de la dénomination même des Annales Maximi : Servius, Aen, I, 373 et Paal sur Festus au mot Maximi annales (éd. Thewrewk de Ponqr, p. 91).

écrivains, en revanche, racontent des anecdotes qu'ils déclarent avoir puisées dans les Annales Maximi, et renvoient le lecteur à un passage précis de ce recueil : Aurelius Victor et Âulu- Gelle (1). J*ai déjà analysé le passage où Aurelius Victor déclare avoir trouvé au livre IV des Annales une saga qui, visibleoQent, n'a pu se développer qu'au contact de lalittérature grecque, l'histoire légendaire d'Énée et de sa descendance. Aulu- Celle, dont le témoignage offre beaucoMp plus de garanties, n'est pas moins précis. Il affirme avoir lu dans Verrius Flaccus, etaussi au livre XI des Annales Maximi, l'historiette suivante. La foudre étant tombée sur la statue élevée à Horatius Codés, on Qt appel, pour dicter les cérémonies expiatoires à accomplir en cette occurrence, à des haruspices étrusques qui, poussés par un sentiment de haine nationale, persuadèrent au peuple romain qu'il était bon de placer la statue en un lieu bas, sur une place étroite, qu'une enceinte de maisons garantissait de tous côtés des rayons du soleil. Ce conseil, contraire aux saines règles d'interprétation des prodiges, ayant été suivi, on s'aperçut plus tard de la perfidie des haruspices qui, après aveu de leur crime, furent mis à mort. La statue fut transportée, comme il convenait, dans un lieu découvert et, depuis lors, les affaires du peuple romain prospérèrent. Pour perpétuer le souvenir du châtiment infligé aux haruspices, on composa le vers suivant que les chants des enfants firent retentir dans toute la ville : Malum consilium consultori pessimum est. Aulu- Celle reprend ensuite la parole pour son propre compte et remarque que le vers qui Ggure dans le récit emprunté aux Annales Maximi est imité, ou plutôt traduit d'Hésiode (2). Cette citation d'Aulu-Gelle ne dément-elle pas aussi clairement que possible l'hypothèse de Seeck! N'atteste-t-elle pas que le recueil de Scaevola n'était pas moins pénétré de l'influence hellénique que les chroniques privées; que le goût des anec dotes amusantes s'y affirmait tout aussi nettement?

(1) On acra parfois poavoir signaler d'autres emprunts slui Annales Maximij chez les classiques latins : Pais, Sloria di Roma, I, 1, p. 30 ; — Amatucci, l. c, p. 2i2. Mais ce sont là copjectures très discutables et très discutées. Cîchorius, l, c, p. 2255. Elles seraient très favorables à Tidée que j'expose; mais je ne puis en faire état.

(2) Anlu-Gelle, IV, 5.

Vaioement a-t-OQ cherché à parer cet argument décisif à l'aide de considérations tirées des méthodes de travail familières à Aulu-Gelle. Les philologues qui se sont livrés à une étude spéciale des sources d'Aulu-Gelle, ont remarqué que, quand cet écrivain invoquait deux garants à Tappui d'une de^es affirmations, il n'en avait directement consulté qu'un seul, celui qu'il citait en dernier Heu. C'est à l'auteur, relégué par lui à l'arrière-plan, qu'il emprunte habituellement la référence placée en première ligne (1). La connaissance que nous avons des procédés de composition d'Aulu-Gelle nous permet, dit-on, de croire qu'il n'a pas lu le livre de Scaevola, mais seulement celui de Verrius Flaccus. Verrius Flaccus déclarait, dans l'ouvrage utilisé par Aulu-Gelle, avoir recueilli l'anecdote en question dans le livre XI des Annales Maximi (!2). Mais qu'importe que ce soit Verrius Flaccus, et non Aulu-Gelle qui ait constaté la présence de notre historiette dans la compilation de Scaevola. L'argument que je viens de développer n'en conserve pas moins toute sa force. Pour l'éluder il ne reste donc qu'une ressource : accuser Verrius Flaccus d'imposture ou de supercherie.

On n'a pas manqué d'y recourir. Mais le seul indice qui ait été relevé à l'appui de cette accusation est vraiment trop fugitif. Il est d'ordre philologique. Verrius Flaccus aurait commis un anachronisme en plaçant sous la plume de Scaevola le proverbe, le vers imité d'Hésiode, dont l'anecdote conservée dans les Nuits Attiques a la prétention d'expliquer l'origine. Ce vers contient un terme, le mot consultor^ qui n'apparaît, diton, avec le sens qu'il présente ici, que postérieurement au temps de Scaevola. Le substantif co«SM/^or ne se rencontrerait avec la signification de donneur de conseils que depuis Salluste. Jusque-là, il n'aurait été employé que dans l'acception de quémandeur d'avis. La présence de ce vocable, pris dans un sens inusité à l'époque de Scaevola, dévoilerait sufûsamment l'existence du taux (3). Mais ce raisonnement repose sur

(1) Kretzchmar, De Aulu Gellii fonlibus. PoseD, 1860.

(2) Cichorius, Annales, p. 2252. — Sollau, PhUologus, 1896, p. 259, note 7. — Amatucci, l, c, p. 228. — Ganlarelii, /. c, p. 226.

(3) Cichorius, Annales p. 2252. L'argumeDt est emprunté par lui à Bueche- 1er, Rhein. Muséum XLI, 1886, p. 2. S'il était fondé, il pourrait tout aussi

des prémisses fort discutables. En parcourant les citations rassemblées dans les dictionnaires historiques de la langue latine, je constate que consultor a le second sens — quéman* deurde conseils — chez des écrivains contemporains de Salluste ou plus récents que lui, Cicéron, Horace, Lucain ; qu'il n'apparaît guère avec le premier sens — donneur d*avis — en dehors de l'œuvre de Salluste, que dans le vers : Malum consilium consuHori pessimum est (1) et dans un passage de Tacite où perce le souvenir de cet adage. Il y a lieu, dès lors, de se demander laquelle des deux significations est fa plus ancienne. L'usage habituel de la première acception — donneur de conseils — ne s'explique -t-il pas plus aisément chez Salluste comme un archaïsme que comme un néologisme? N'oublions pas, en effet, que les auteurs latins s'accordent à reprocher à Salluste de cultiver à l'excès Tex pression archaïque, de pasticher trop volontiers le langage des historiens d'autrefois, et surtout de Caton (2) et que, de l'avis de plus d'un philologue, le reproche est fondé (3).

Allons plus loin et accueillons, malgré l'absence d'indices, l'accusation dirigée contre Verrius Flaccus (4). Notre argument

légitimemeot être invoqué comme indice d'une fabrication tardive, au temps de Sulla, du recueil connu sous le nom d'Annales Maximi^ et d'une attribution erronée de cette compilation au pontife P. Mucius Scaevola. Pure conjecture. Mais toutes les hypothèses sont permises quand on s'éloigne du terrain solide de Thistoire.

(1) Ce proverbe est également cité par Varron. rer, rustiCj III. 2. 1.

(2) Suétone, Auguste, 86. « Verbis quae Cr. Sali, excerpsit ex originibus Catonis ». De illlustribus grammaiicis « Âsinius Pollio in libro, quo Sallustii

scripta reprehendit ut nimia priscorum verborum a£fectatione oblita »

Cf. aussi i'épigramme conservée par Quintilien.

Et verba antiqui multum furate Catonis Crispe, Juguribinae conditor historiae.

Voir pourtant, en sens contraire, Aulu-Gelle, IV. 15, 1.

(3) Brùnnert, De Sallusiio imiiatore Catonis, Sisennae aliorumque veierum historicorvm, léna 1873 ; — Schanz, § 132-133.

(4) Notons que le témoignage de Verrius-Flaccus, dédaigneusement rejeté ici par les défenseurs de la véracité des Annales, est, au contraire, regardé par eux comme à l'abri de toute discussion quand ils s'imaginent qu'il devient favorable àleur thèse. C'est ainsi que Seeck qui essaie — sans d'ailleurs y réussir, — de trouver un appui à ses conjectures dans le passage antérieurement cité de Servius, déclare que Servius mérite pleine confiance,

50 LA QUESTION DB L*AOTHBNTICITB DBS Xil TABLES

perdra- t-il pour cela sa portée? Non; peat-oo supposer que Verrius Placcus, iaveotaot de toutes pièces uoe anecdote et cherchant à lui imprimer artificiellement le cachet del'authen* ticité, ail été choisir précisément, comme garant, Técrivain qui pouvait le moins vraisemblablement jouer ce rôle, l'auteur d'une simple compilation de calendriers annuels. C'eût été dénoncf.r volontairement s i propre supercherie. Pour qu'il eût ridée d'attribuer aux Annules Maximi la légende qu'il venait de fabriquer; ponr que, d'autre part, Cicéron pût songer à y chercher des renseignements sur les sagas antiques et qu'Aurelius Victor pût prétendre les y avoir trouvés, il fallait qu'on fût habitué à rencontrer dans ce recueil des historiettes de même nature. Si le faux imputé à Verrius Flaccus pouvait être établi, il démontrerait l'originalité du travail de Scaevola plusclairement encore que l'argument que l'on s'est proposé d'écarter en formulant cette accusation.

Les Annales Maximi contenaient déjà quelques-uns de ces récits édifiants, quelques-unes de ces anecdotes invraisemblables dont la présence dans les œuv ^s des historiens classiques est signalée comme une cause pe ^' itoire de suspicion légitime. C'est en vain que je cherche une raison plausible d'accorder à Scaevola le crédit que l'on refuse à Tite-Live et Denys d'Halicarnasse.

Les besoins de ma discussion m'ont forcé à suivre les représentants de l'école allemande, et notamment Cichorius, dans l'examen de problèmes qui ne ressorlissent point au domaine de l'histoire et ne peuvent être tranchés qu'avec le secours de la foi et de Timagination. La tradition qu'ils prétendent analyser est généralement obscure et indécise, souvent contradictoire. Cantarelli le reconnaît très franchement dès le début de son étude sur les origines des Av.nales Maximi (1). La seule indication vraiment très nette qui s'en dégage, c'est que l'historiographie nationale a eu, jusqu'au temps des premiers annalistes de langue grecque, un caractère

parce qu'il a vraisemblablement emprunté ses renseignements sur les Anna- Us Maximi à Verrius Flaccus, qui, de tous les écrivains latins, est celui qui a le mieux connu le recueil de Scaevola {Kalendertafel der Pontif., p. 86).

(1) RwUta di fUologia, XXIV, p. 209 et, avant lui, Peter, BisL ram. reliq,^ p. viii.

officiel et religieux. Selon le mot de Macrobe, le droit de confier à récriture le souvenir des événements passés a été réservé aux pontifes. Ils ont librement élaboré la tradition dans Tombre des temples, loin des regards indiscrets des profanes, à l'aide de documents connus d'eux seuls (1). Leur monopole n'a commencé à fléchir qu'avec la pénétration à Rome de la civilisation et de la littérature grecques. La chronique privée est alors entrée en concurrence avec la chronique religieuse, puis Ta remplacée (2). L'annalistique pontificale perdit sa raison d'être le jour où la concurrence de l'annalistique profane permit de contrôler ses affirmations. C'est à ce moment, arrivés au terme naturel de leur carrière de tradition nistes, que les pontifes ont procédé à la publication de leurs archives, ou plutôt d'un exposé officiel de l'histoire sacrée, lentement édifiée par leurs prédécesseurs.

De pareilles constatations sont-elles de nature à nous rassurer? Sommes-nous certains que la société romaine des premiers siècles de la république ait été réfractaire à ces curieux phénomèAes de psychologie collective, dignes d'attirer l'attention de quelque disciple de Lazarus ou de Wundt, dont les robustes études de Goldziher(3) nous permettent de suivre les manifestations dans le monde musulman et qui ne sont propres ni à l'islam, ni aux civilisations orientales ? Pouvonsnous, sans témérité, garantir que les pontifes ont toujours résisté à l'inclination naturelle qui, partout ailleurs, a poussé les prêtres et les docteurs de la loi religieuse à transformer la tradition, quand ils en avaient le dépôt, en un instrument d'enseignement et d'édification, à faire sortir de documents apprêtés ou altérés la justification de leurs doctrines politiques ou sociales (4) ? Le pouvons-nous, alors surtout que les écri-

(1) Eq supposant même, ce qui est très contesté à l'heure présente, que le fecueil de Scaevola ait été composé à l'aide des tabulae dealbatae^ il est bien évident que rafflchage éphémère de la table annuelle, dont parlent les classiques, ne pouvait assurer la perpétuation dans les générations futures du souvenir des événements mentionnés dans ce document.

(2) Cf. Mommsen, Hôfh. Gesck.^ I (7), p. 454.

(3) Ueber die Fntfvickelung dei Hadith dans ses Muhammedanische Studien^ il, 1890, p. 1-275.

(4) Àmatucci, l. c, p. 231. Des mensonges politiques, dictés par Tintérêt

S2 LA QUESTION DE l'aUTHENTICITÉ DES XII TABLES.

vains latins avouent eux-mêmes que les pontifes savaient mentir quand Tintérêt public, ou même les intérêts de leur classe ou de leur famille, Texigaient (1) ?

L'instrument auquel recourt de préférence l'école de Niebubr et de Mommsen pour vérifier les parties anciennes de rhistoriographie romaine, est peut-tire plus fragile encore que les traditions privées soumises à son contrôle. Vainement fait-on appel aux fastes pour garantir Tauthenticité de l'histoire du decem virât législatif. La caution n'est pas solvable. Les indices précédemment relevés conservent donc toute leur valeur. L'attribution de la rédaction des XII Tables aux décemvirs de 450 et 451 ne repose pas sur des bases plus solides que l'attribution des leges regiae à Romulus et à Numa. Les origines véritables du prétendu Code décem viral demeurent obscures. Mais, du moins, paraît-il ressortir de l'inspection des documents historiques, malheureusement trop peu nombreux, dont nous disposons pour les temps antérieurs à l'âge d'or de la littérature latine, que nous sommes en présence de brocards ou de maximes de jurisprudence, certainement archaïques, mais peut-être d'inégale antiquité, qui n'ont été rassemblés ea un unique conglomérat et immobilisés par l'écriture que vers le début du second siècle. Les mêmes présomptions qui nous permettent de soupçonner que Granius Flaccus pourrait bien être le rédacteur de la compilation appelée Jus Papirianum paraissent désigner beaucoup plus nettement encore S. Aelius Paetus comme l'auteur de ces Institutes coutumières romaines qui nous sont parvenues sous le nom de loi des XII Tables.

Edouard Lambert.

patricien et par Torgueil familial, auraient été mêlés à ud fond de vérités historiques. Mais comment discerner le canevas de la broderie ? Cf. Pais, L 2, p. 162.

(1) Je renvoie sur ce point aux preuves rassemblées par Peler : HisL rom. rel.y p. XV, noie 2.

vt<J:

L. IiAROSE, Diiecteur de la Librairie, 22, rae Soufflot, PARIS.

Pour paraître lin Avril :

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