CARACTÈRE DE LA RÉVOLUTION MONÉTAIRE
Nous avons présenté le tableau complet de la société française soumise à Tinfluence de Tor qui Tenvahit, et une image des changements heureux ou regrettables que la soudaine abondance des métaux précieux peut introduire dans le monde; nous avons étudié la révolution dans ses conséquences diverses ; et, sous la contradiction apparente des phénomènes, nous avons saisi dans le mélange du bien et du mal Tenchalnement rigoureux des effets et l'action constante de la cause unique qui leis a produits.
On aimerait à pouvoir embrasser d'une manière aussi complète et dans un enchaînement aussi rigoureux, l'ensemble des mesures propres à augmenter le bien et à prévenir le mal produit par l'inondation de l'or. On aimerait à suivre en quelque sorte le métal à travers les canaux si divers par lesquels il se distribue, à élargir le lit de ceux qui fécondent, à arrêter le cours de ceux qui détruisent, et à diriger ce fleuve de richesses à l'aide
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de quelques institutions et de quelques mesures législatives, comme on dirige à l'aide de tranchées et de digues les eaux qui, livrées à elles-mêmes, dévasteraient la vallée, et qui, dispensées par la main de Thomme, Tarrosent et la fertilisent. C*est une espérance dont on ne saurait se flatter. La révolution qui s*opère aujourd'hui est un événement fatal dont la volonté de rhomme n'est pas la cause première, et que la volonté de l'homme ne fera pas cesser. Tant qu'il y aura bénéfice à fouiller les gttes ou les roches aurifères, il se trouvera des gens qui les fouilleront, et l'or qu'ils en tireront se répandra dans le monde. On peut trouver des remèdes aux maux causés par des institutions humaines dont la révolution a mis les vices à nu; mais il n'est pas aussi facile d'imaginer un remède à la révolution elle-même, ni d'en supprimer les conséquences naturelles. Celle révolution nous apporte un mélange de bien et de mal qu*il faut accepter. Profitons du bien et subissons le mal , en cherchant toutefois à l'atténuer et en nous consolant par la pensée que l'un est durable et que l'autre n'est que passager.
La science étudie les phénomènes; elle les analyse, les groupe, les classe, et du sein de leur variété, elle tire la loi immuable qui les régit. L'objet qu'elle se propose est la connaissance des lois de la nature et des lois morales, et le but qu'elle doit atteindre est d'élever l'esprit de l'homme au-dessus des accidents divers et confus au milieu desquels il vit jusqu'à la contemplation de l'ordre et de l'harmonie universels. Elle a en soi la raison d'être, et n'a pas besoin, pour se faire accepter, de se présenter sous le patronage des applications pratiques qu'on en peut tirer. Tel est eD particulier le rôle de la science économique. Elle cherche à découvrir les lois qui règlent le tra* vailetla production, comme l'astronomie calcule les lois qui règlent la marche des planètes, et c'est par là môme qu'elle est une science. Qu'elle ne se borne pas à ce rôle, et qu'elle s'applique à perfectionner l'artdu bien-être par l'activité dp travail et par un bon emploi de la^richesse, c'est une conséquence naturelle