‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 111 sur 148 · INCONVÉNIENTS D'ON DOUBLE ÉTALON MONÉTAIBE · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS D'ON DOUBLE ÉTALON MONÉTAIBE

égale à 320,000 fr.; il fait encore un bénéfice que paye la oalion française, parce que cet argent, qui, par sa valeur supérieure, soutenait Tor et lui servait, comme on Ta dit, <x de parachute, » précipite la baisse en se retirant. Si la France n'avait eu qu*un étalon monétaire, cette spéculation n'aurait pas été possible. Depuis cinq ans, l'excédant de l'exportation de l'argent a été de 1,138 millions : en comptant la prime à 10 pour 1,000 en moyenne, c'est un bénéfice de 11,380,000 francs; l'excédant de l'importation de l'or a été de 3,514 millions ; en comptant à 5 pour 1000 seulement la différonce du prix des deux métaux à Londres, on reste bien au-dessous de la moyenne véritable, et pourtant on trouve encore un bénéfice d'environ 12,500,000 francs : total 23,780,000 fr. de perte pour notre capital monétaire. Ce ne sont pas les banquiers qu'il faut accuser de cette perte ; c'est la loi qui rend possible un pareil trafic ; là est la véritable source du mal , et il est plus facile de changer l'une que d'arrêter le commerce des autres.

Il y a, en second lieu, un danger permanent dans une pareille situation. La France est toujours sous le coup d'une révolution monétaire. Naguère l'argent était en baisse et il affluait; aujourd'hui l'or est en baisse et il afflue à son tour. Que dans quelques années l'or retrouve son équilibre et que l'argent, extrait par des procédés plus économiques des innombrables filons de la chaîne des Andes, devienne beaucoup plus abondant, l'argent rentrera en France et en chassera l'or. Des deux métaux, la France ne conservera jamais que celui que la spéculation voudra bien lui laisser, elle aura toujours le plus déprécié qu'elle soutiendra quelque temps à ses dépens, et elle finira par arriver toujours, tantôt avec l'un et tantôt avec l'autre, aux dernières limites de la baisse. Chaque changement, qu'il porte sur l'or ou sur l'argent, lui sera défavorable. Il dépréciera son capital monétaire, et produira des crises qui peuvent à certaines époques, comme au xvi* siècle et au XIX*, avoir d'heureux résultats mêlés à de fâcheuses

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conséquences» mais dont le retour trop fréquent troublerait sans cesse et sans profit la société. La France serait coupable de ces perturbations; car elle aurait dû les éviter, puisqu'elle le pouvait en adoptant» comme TÂngleterre et comme la Hollande, un seul étalon.

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