‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 15 sur 148 · PROFESSIONS · texte numérisé non relu

PROFESSIONS

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fr. e. fr. r.

fr. c. fr, c.

fr. c. fr. c.

Maçon, par jour. .

de43 75 à 50 »

del8 75 à 25 »

del6 »à 20 »

Charpentier, p. jour

Charron, par jour.

Cuisinier nourri ,

par semaine, . . .

Ouvrier de ferme

nourri, p. semaine

SI 25 à 40 »

Domestique mâle, à

la ville, par an. .

Servante, par an. .

Berger nourri, p. an

En Australie, comme en Californie, c'était le gain du mineur qui réglait le taux des salaires. Plus on approchait des mines, plus les prix étaient éleyés, parce qu'il était plus difficile de retenir dans le salariat des gens qui avaient la perspective de faire une prompte fortune en travaillant pour eux-mêmes. En 1858, un mineur aux gages demandait 35 francs par joar à Ballarat et à Bendigo, de 25 à 30 francs aux Ovens. Et pourtant les mineurs libres étaient loin de faire une fortune brillante. Un voyageur prétendait, en 1853, que le compte général des dépenses et des gains à la riche mine de Ballarat accusait une perte de 1 franc 75 centimes par jour et par tête ; dans le nombre des travailleurs, quelques-uns s'enrichissaient, beaucoup se ruinaient ou s'endettaient. La Commission, nommée à la fin de l'année 1854 par le gouverneur de Victoria, donne des chiffres qui, sans être aussi désespérants, prouvent du moins que le travail le moins rétribué est toujours celui du mineur libre : à l'époque où les salaires étaient de 25 et de 30 francs, sur les mômes terrains les mineurs libres ne recueillaient guère plus de 19 à 25 francs par semaine; les gains de 12 francs 50 centimes par jour étaient rares. Mais l'espérance de trouver quelque pépite donnait au travail indépendalit l'appât d'une loterie, et créait une concurrence redoutable au travail salarié dont il exagérait le prix.

Ces bizarreries écoDomiques, assez ordinaires dans les pays Douveaux où l'équilibre n'a pas encore eu le temps de s'établir entre les forces diverses de la production, plus fréquentes et plus fortes en Australie et en Californie que dans la plupart des autres pays, par suite de la découverte et de l'abondance subite de l'or, disparaîtront peu à peu ; la balance s'établira entre les salaires, quand Tengouement pour les mines sera passé; les prix baisseront, sans descendre de longtemps encore au niveau des prix d'Europe; l'agriculture, un moment dédaignée pour le; mines, a déjà commencé et continuera à prendre de grands développements pour nourrir une population plus nombreuse; l'industrie la suivra dans la même voie, et le mouvement imprimé par cette découverte se communiquera de proche en proche; l'Australie restera un pays riche et commerçant, et comptera parmi les contrées qui devront à l'or la meilleure part de leur civilisation.

Un savant économiste anglais a dit que, si on eût découvert des mines de plomb aussi abondantes et aussi faciles à exploiter que les mines d'or, l'Australie ne se serait pas moins enrichie. Sans doute ; mais, parce que l'Australie aurait pu devoir sa reconnaissance au plomb ou à tout autre métal, ce n'est pas une raison pour être ingrat envers l'or, et l'on est même forcé de reconnaître que peu de métaux avaient les qualités nécessaires pour donner des profits aussi grands et aussi prompts, et, par suite, pour produire une révolution aussi rapide et aussi favorable au pays producteur.

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