PERTE ANNUELLE
L'or et Fargent s'usent comme toute chose. La fonte, le frai, les pertes accidentelles, la manie de thésauriser qu'ont encore quelques personnes, enlèvent chaque année à la société une portion des métaux qu'elle possède. Quelle est cette portion? On ne peut l'évaluer que d'une manière tout hypothétique. Quand on relira les écus de six francs qui étaient depuis cinquante ans environ dans la circulation, ils avaient perdu 1/5 de leur poids ; c'était 1/250 par an. Ce résultat concorde assez bien avec le chiffre de 1/200 donné par M. Jacob. Le même économiste donne pour la perte annuelle de la monnaie d*or 1/950. On voit d'après cela qu'il y a une très-grande différence entre le frai des deux métaux. MM. Dumas et Colmont la croient bien plus grande encore, et évaluent à moins de 1/6,000 la perte de l'or.
Il est difficile de faire un choix entre ces appréciations diverses. Remarquons toutefois que les métaux monnayés s'usent bien moins que les métaux employés dans l'industrie, qu'il ne reste rien de la dorure et de l'argenture, et nous pourrons prendre, sans crainte d'exagération, la proportion la plus
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forte pour mesure de la pertç totale annuelle, soit 1/300 pour l'argent et 1/1 ,000 pour l'or.
La quantité d'or ajoutée au capital métallique du monde, depuis 1848, se trouverait ainsi réduite à 6,000,667,000 fr., et la quantité d'argent à 2,072,920,000 fr. total 8,073,587,000 francs. La quantité demeurant en Europe, déduction faite de l'exportation en Orient, ne serait plus que de 4,260 millions environ, sur lesquels la France posséderait 1,187,347,620 fr.