‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 43 sur 148 · RÉSUMÉ. — QUEL EST LE VÉRITABLE DÉBOUCHÉ DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ. — QUEL EST LE VÉRITABLE DÉBOUCHÉ DES MÉTAUX

n'est resté que 5,027 millions, moins les pertes annuelles. Cette exportation, dont les neuf dixièmes au moins se font en argent, et qui très-probablement augmentera encore, est un des débouchés les plus importants des métaux précieux.

La France est en Europe le pays qui consomme le plus de métaux. Sur les 6,S11 millions de l'Europe, elle a importé i elle seule 3,411,207,420 francs dont une grande partie lui arrivait par l'intermédiaire de la Banque d'Angleterre. Sur celte somme, elle a frappé 2,890,069.458 fr. 65 de monnaie, employé 310 millions dans l'industrie, 211 millions sont restés à l'état de lingots dans les mains des particuliers ou dans les caves de la Banque.

La France avait autrefois plus d'argent que d'or ; aujourd'hui die a plus d'or que d'argent. Depuis 1848, elle a perdu en moyenne par année 18,027,197 francs en argent, et gagné 156,388,044 francs en or. Elle frappe par an 71,781,099 francs de monnaie d'argent et 249,325,507 francs de monnaie d'or.

De 1830 à 1848, l'argent entrait dans le monnayage dans la proportion de 89.1, et l'or dans la proportion de 10.9 pour 100; depuis 1848, la proportion est de 77.6 pour l'or et de 22.4 pour l'argent. Comme le monnayage total est trois fois plus considérable que sous le gouvernement de juillet, il en résulte qu'on frappe un quart moins de monnaie d'argent et 22 fois plus de monnaie d'or. L'exportation enlève, depuis 1848, plus d'argent qu'on ne frappe chaque année, et les pièces d'argent deviennent plus rares en France.

Si le monnayage a triplé, la consommation industrielle aussi a augmenté dans une forte proportion. Le bijou d'argent a diminué quelque peu, mais le bijou d'or a presque doublé, la dorure et l'argenture ont pris de très-grands développements. Cependant, quelque extension qu'ait reçue l'industrie, elle reste encore, et restera toujours bien au-dessous du monnayage sous le rapport des quantités employées. Toutes les industries

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réunies ne consomment guère que la dixième partie des métaux employés à la seule fabrication des monnaies.

Sur les 3,411 millions quelle a reçus, la France n'en a conservé que 1,300» dont 1 milliard sous forme de monnaie, 268 millions sous forme de produits industriels et 35 millions sous forme de lingots. Son capital métallique, qui était évalué à 3,500 millions, est porté, sauf les pertes, à 4,800 millions : il s'est accru dans la proportjpn de 100 à 137.

La statistique des autres pays donne le même résultat que la statistique de la France : la prédominance du monnayage. La France, les États-Unis et l'Angleterre ont mgnnayé 6,060,769,458 francs depuis neuf ans, c'est-à-dire une somme qui fait les 3/4 de la quantité extraite des mines : l'or seul figure pour plus de 5 milliards, c'est-à-dire pour les 5/6 de la quantité extraite. Nous avons fait observer que ces 6 milliards ne provenaient pas tous directement des mines, que bien des pièces avaient passé plusieurs fois sous le balancier. Mais nous n'avons là que les chiffres du monnayage dans trois États : si nous prenons toute l'Europe, où, sans parler de la France et de l'Angleterre , la circulation a augmenté d'un milliard , si nous y joignons les deux Amériques, nous n'avons pas loin de 7 milliards de monnaies frappées depuis 1848, c'est-à-dire environ les 9/10 de la production des mines. La statistique de la France nous avait conduit à la même conclusion.

Pourquoi l'industrie, malgré ses développements, consommet-elle si peu? C'est qu'il suffit d'une quantité très-petite de métaux pour répondre à une demande considérable. Rappelons-nous qu'avec moins de 58 millions on pourrait dorer une superfide de 1,000 hectares, et qu'il suffirait de 2,784 millions, moins de la moitié de la quantité extraite depuis 1848, pour couvrir d'unecouche d'or tout le département de la Seine. Il est évident que, quel que soit le luxe des dorures, on n'aura jamais de ce côté un débouché assez important pour exercer une influence très-sensible sur la masse des métaux que reçoit le

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