‹ La question de l'or; les mines de Californie et d'AustralieChapitre 59 sur 148 · LOIS QUI BÈGLRNT L\ VALEUR DES MÉTAUX PRÉCIEUX. IH · texte numérisé non relu

LOIS QUI BÈGLRNT L\ VALEUR DES MÉTAUX PRÉCIEUX. IH

tous les terrains aurifères, ils ne pourraient y parvenir; car, du moment où ils auraient élevé le prix de vente beaucoup audessus du prix de revient, les capitaux et les travailleurs de tous les pays, attirés par Tappât d'un gain considérable, viendraient dans la contrée aurifère pour exploiter des mines, et feraient baisser par la concurrence le prix du métal. Si, de notre côté, nous ne voulions payer aux mineurs le kilogramme que la moitié de ce qu'il vaut, ceux-ci, réduits à Timpossibilité de vivre avec leur travail, cesseraient de s'y livrer, et nous ne pourrions plus nous procurer d'or.

A une extrémité, le coût de production empêche les métaux de dépasser certain degré de la hausse, à l'autre extrémité il fixe une limite infranchissable à la baisse ; mais il laisse les métaux osciller entre ces deux points sous l'influence de l'offre et de la demande : c'est ce que n'ont pas assez remarqué ceux qui ont fait du coût de production la seule règle de la valeur.

A l'une des extrémités, celle de la hausse, il stimule la production, augmente l'offre et détermine la baisse ; c'est ce qui est arrivé à l'époque de la découverte des mines de Californie et d'Australie. Il s'est trouvé des terrains d'où l'on pouvait extraire l'or en grande quantité et à très-bon marché. Les émigrants ont accouru, recherchant un travail qui promettait de si grands profits. Des masses considérables ont été versées sur le marché ; l'or a commencé à baisser, et cette production ne se ralentira qu'autant que la baisse ne laisserait plus au mineur une rémunération suffisante.

A l'autre extrémité, celle de la baisse, il limite la production et par conséquent l'offre. Il n'est pas difficile de trouver de l'argent ou de l'or : nous avons dit sur quelles immenses surfaces s'étendaient les filons et les gîtes ; mais il n'est pas toujours aussi facile de l'exploiter d'une manière avantageuse ; et, si le marché n'est pas inondé tout à coup de toute la masse de métaux que recèlent les flancs de la terre, c'est que le prix de revient serait plus élevé que le prix de vente.

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Le coût de production agit donc directement sur l'offre qu il augmente ou qu'il diminue ; il est le fondement de la valeur des métaux, mais il n'en est pas le régulateur. En résumé, l'offre dépend en partie de la quantité, et la quantité dépend ordinairement du coût de production ; cependant ces termes ne sont pas identiques; et, en fait, l'offre et la demande sont la seule règle véritable de la valeur des métaux précieux.

Du reste, ce phénomène est plus complexe que nous ne l'avons supposé, et nous devons tenir compte maintenant de certains éléments que nous avions négligés à dessein.

La quantité des marchandises en vente ne donne pas une définition complète de la demande des métaux précieux. J'ai aujourd'hui 100,000 francs de marchandises que Paul m'achète et qu'il garde. J'avais hier 100,000 francs de marchandises, que m'avait achetées Pierre, et qui dans la même journée ont été rachetées et revendues successivement par Jacques, par Jean, par Eugène, et dont Paul est resté dernier acquéreur, il n'y a eu que la même somme de marchandises les deux jours ; mais aujourd'hui il n'y a eu qu'un échange, hier il y en avait eu cinq ; et pour payer ces cinq achats il a fallu cinq fois plus de monnaie. Pour rendre la définition complète, il ne faut donc pas dire seulement la quantité des marchandises, mais la quantité des marchandises multipliée par le nombre des échanges, autrement dit par la rapidité de la circulation.

On peut dire pour la même raison que la définition de l'offre ^st incomplète. J'ai supposé qu'il avait fallu hier cinq fois plus de monnaie qu'aujourd'hui ; ce serait vrai, s'il n'y avait pas eu d'autres transactions sur le marché. Mais les 100,000 francs que j'avais reçus de Pierre, je les ai un instant après donnés à Jacques en échange d'autres marchandises, et c'est avec ces mêmes cent mille francs que Jacques a acheté à Pierre ; peutêtre Pierre les a-t-il à son tour cédés à Eugène ou à Paul qui s'en sont servis de la même manière; plus les 100,000 francs ont changé de mains, et moins il a fallu de métaux

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