U6 LA QUESTION DE L*OR. UV. III, CHAP. II
place ; leur réserve diminue dans une très-forte proportion, et l'offre des métaux augmente. Mais, comme la demande a augmenté d^ns la même mesure, le rapport des marchandises et de la monnaie en circulation ne change pas, et les valeurs n'en sont pas affectées. « S'il se produit, dit Tauteur, un accroissement dans la quantité des affaires d'argent, un accroissement de la circulation proportionné seulement à l'accroissement des transactions et qui ne dure pas plus que celui-ci, ne tend pas à élever les prix; » et plus loin il ajoute : « un accroissement du numéraire proportionné en étendue et en durée à l'importance temporaire des affaires, n'élève point les prix, il les empêche de baisser *. »
On voit que la valeur des métaux est susceptible de changer avec la quantité; c'est même ce qui arrive le plus souvent; mais la quantité des métaux n'est qu'un des termes du rapport, et l'erreur de ceux qui l'ont prise pour règle de la valeur vient de ce qu'ils ont négligé l'autre terme.
La valeur des métaux est susceptible de changer aussi avec le coût de production. Car le coût de production règle le plus souvent la quantité extraite des mines, et l'accroissement ou la diminution de cette quantité modifie le rapport des métaux avec les marchandises. En effet, le coût de production est la raison d'être de la valeur. Si l'or était aussi commun que le sable des rivières, il aurait sans doute moins de prix que le dernier des métaux. C'est parce qu'il faut pour obtenir 1 kilogramme d'or ou 15 kilogrammes d'argent un travail équivalent à celui du cultivateur qui produit 130 hectolitres de blé, qu'un kilogramme d'or ou 16 kilogrammes d'argent s'échangent contre 130 hectolitres de blé; travail contre travail, telle est la loi de l'échange que nous avons expliquée dans le chapitre précédent. Si les mineurs voulaient nous faire payer le kilogramme d'or deux fois plus cher qu'il ne vaut, à moins d'avoir le monopole de
1 Principes d'économie poli tiq%ie, 1. Ill, chap. Viii, g 3.