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7 p. Vo.
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Le progrès de Tannée 1856 sur Tannée 1847 n'est pas moindre de 75 p. O/q.
Sur quels articles a porté l'augmentation? À l'importation, c'est principalement sur les matières premières. En comparant les années 1849 et 1856, la bouille crue s*est élevée de 31 millions à 58, la fonte brute de 4 à 19, le plomb de 7 à 14 ; les laines en masse de 40 à 77, les soies de 97 à 129, les poils pour la filature et la chapellerie de 6 à 27, les bestiaux de 6 à 24, les graines oléagineuses de 26 à 52, le chanvre de ^ à 4,
16S LA QUESTION 1>E l'oR. LIT. 111, CHAP. IV.
le sucre des colonies françaises de 41 à 61. Quelques articles ont triplé et même quadruplé ; les matières premières et les objets de consommation naturelle figurent sur les tableaux d'importation pour 780 millions en 1847, et pour 1 ,438 millions en 18S6, c'est à dire pour les 17/18 de l'importation totale. L'augmentation est à peu près de 100 pour 100, ce qui prouve que la consommation industrielle a doublé, et par conséquent que l'industrie elle-même et la prospérité intérieure du pays ont fait de grands et rapides progrès. Les chiffres de l'exportation conduisent à la même conclusion. Ce sont les objets manufacturés, les produits de nos ateliers qui ont le plus augmenté. Les tissus de soie et de fleuret se sont élevés de 180 millions à 337, la tabletterie, mercerie etc., de 35 à 69, les peaux ouvrées de 30 à 85, les poteries et verreries de 23 à 44, la parfumerie de 8 à 16, les modes et fleurs artificielles de 4 à 12, l'orfèvrerie et la bijouterie de 4 à 12, la coutellerie de 1 à 3, le sucre raffiné de 10 à 42. Plusieurs articles ont doublé, d'autres ont triplé et quadruplé ; les objets manufacturés figurent sur les tableaux de la douane pour 799 millions en 1847, et pour 1, 288 en 1856 : l'augmentation est d'environ 98 pour O/o, ils forment les 4/5 de l'exportation totale.
Il y a cependant une augmentation très-sensible sur certains autres articles ; l'exportation du beurre s'est élevée de 3 à 7 millions, celle des fruits de 4 à 9 , celle des bois communs de 3 à 10 ; cet accroissement, dû en grande partie aux chemins de fer, et à nos relations plus multipliées avec l'Angleterre, n'a pas été sans influencé sur la situation de notre marché intérieur. Les campagnes ont profité comme les manufactures de ce nouvel ordre de choses, et les rapports officiels n'ont rien exagéré en parlant de la prospérité chaque jour croissante de la France.
La richesse crée la richesse. Depuis que la disette, cause passagère, et la facilité des transports, cause permanente, ont élevé le prix des denrées, et versé dans les campagnes beaucoup plus d'argent qu'il n'en circulait autrefois, une heureuse
INFLUENCE DE L'OR SUR LE COMMERCE ET L*mDUSTRIE. lC3
révolution commence. Le cultivateur enrichi a employé plus de capitaux à Tamélioration de sa culture; on consomme beau« coup plus d'engrais lorsque le blé se vend 30 francs que lorsqu'il se vend 18 francs Thectolitre. Tous ceux qui ont parcouru lés campagnes et surtout les campagnes avoisinant les grandes villes, ou qui ont seulement visité les dernières expositions agricoles, ont été frappés du progrès qu'a fait l'industrie des machines appliquées à l'agriculture. L'emploi des herses et des charrues nouvelles, des machines à vanner, des hache-paille est presque général dans les grandes exploitations; il devient chaque jour plus fréquent dans les petites. Il n'est plus rare de trouver dans la Beauce, dans le pays Chartrain, dans la Brie, des machines à battre et des locomobiles* Le drainage fait aussi des progrès sensibles ; et le drainage, qui est une source de richesses, ne peut exister, on le sait, que lorsque le cultivateur ou le propriétaire sont déjà riches. Autrefois, les cultivateurs se contentaient de recueillir les produits de la terre et laissaient aux industriels établis dans les grands centres le soin de les mettre en œuvre. Aujourd'hui ils ont des capitaux, et beaucoup se chargent eux-mêmes de ce soin. Nombre considérable de fabriques d'huile d'œillette et de colza, d'amidonneries, de féculeries, de raffineries se sont élevées dans les campagnes, au milieu des champs qui produisent la matière première. On est étonné d'apercevoir des cheminées à vapeur et des usines dans des contrées où l'on ne voyait que des chaumières, une population ouvrière là où il n'y avait que des laboureurs. Les forces sont mieux utilisées; la consommation de tous et le bien-être de chacun augmentent. Ces usines rurales enrichissent la campagne, et sont le contre-poids de la centralisation commerciale. Elles ont aujourd'hui l'avantage de payer moins cher la main d'œuvre, elle l'auront longtemps encore; elles conserveront toujours celui d'épargner les transports coûteux de la matière première, et d'employer sur place les résidus des produits à la
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fertilisation de la terre qui les a créés. La Grande-Bretagne, où le blé est plus cher qu'en France, connaît déjà les bons effets de la culture riche. Le problème du progrès agricole a sa solution dans le progrès général de l'industrie et dans la rémunération plus libérale des travaux de la terre, qui en est la conséquence.
De 181S à 1848, la moyenne de la monnaie frappée avait été par an de 39 milUons : la moyenne du commerce de 1,300 millions. Depuis 1848, la moyenne du monnayage s'estélevéeà 321 millions, à plus du triple de la moyenne dans la période précédente. La moyenne du commerce extérieur a aussi presque triplé ; elle est d'environ 3,100 millions; en 1856, année pendant laquelle on a frappé 562 millions de monnaie, le commerce général atteignait 4,587 millions. On ne saiirait nier qu'il n'y ait des rapports intimes entre le commerce d'un pays et la quantité de sa monnaie.
Les mêmes phénomènes se sont produits aux États-Unis et en Angleterre.
Aux États-Unis, de 1834 à 1847, on a frappé environ 15 millions de francs par an, et le capital monétaire pouvait être évalué alors à 630 millions. Pendant cette période, la moyenne annuelle des importations a été de 600 millions, et celle des exportations de 550 millions. Depuis 1848, on a frappé en moyenne 206 millions par an, et on évalue aujourd'hui le capital monétaire à 1,300 millions. Les importations ont été de 1 milliard; les exportations de 850 millions. L'année 1853 , pendant laquelle a été frappée la plus grande somme de monnaie (276 milUons en or et 45 en argent), a été immédiatement suivie de l'année où les importations et les exportations ont at«* teint le chiffre le plus élevé (1,480 et 1,165 millions).
En Angleterre, la moyenne de la monnaie frappée par an avait été de 82 millions de francs dans la période qui s'étend de 1816 à 1848; la moyenne des exportations n'était alors que d'un milliard. De 1848 à 1856, la moyenne du monnayage