‹ La question de la Légion étrangèreChapitre 33 sur 41 · MARINS ÉTRANGERS, AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

MARINS ÉTRANGERS, AUX ÉTATS-UNIS

racoleurs (1) ; j'énonce simplement une hypothèse compatible avec la législation allemande, et qui, si elle était vérifiée, ne soulèverait nulle part de protestation.

(i) Voir page ioo.

Si maintenant nous passons aux détails du contrat d'engagement, nous trouvons qu'on lui reproche sa durée, comme excessive. Sur ce point, la critique semble fondée.

Les engagements à la Légion, en effet, ne sont reçus que pour une durée de cinq ans, tandis que les rengagements sont admis, comme pour toute l'armée coloniale, pour un, deux, trois ou cinq ans, jusqu'à concurrence d'un total de quinze années de service.

Il est évident que la durée du premier engagement doit être assez longue pour que l'homme ait le temps de fournir un service effectif appréciable. Si, par exemple, on adoptait pour lui, comme pour le rengagement,

tin minimum d'un an, l'Etat jouerait très souvent un rôle de dupe. Même en admettant que l'engagé connaisse suffisamment notre langue et qu'il ait servi dans son pays d'origine, il n'est, à son arrivée, qu'une recrue inutilisable, puisqu'il ne connaît rien de nos règlements et de nos manœuvres ; il doit donc être incorporé dans une compagnie de dépôt, où il recevra l'instruction nécessaire. Et s'il n'avait à servir, en tout, que pendant un ou deux ans, il ne rendrait pas à TÉtat l'équivalent de l'argent dépensé à le transporter en Algérie, ainsi qu'à l'entretenir pendant ce stage préliminaire ; à tout instant, dés gens momentanément embarrassés viendraient se faire héberger à la Légion, pour la quitter au moment même où ils seraient en état de fournir la contrepartie du service reçu : nous n'aurons plus là un corps de troupe, mais une sorte d'asile de nuit.

Par contre, le terme de cinq ans, pour le premier engagement, est réellement trop long. Non seulement dans l'armée métropolitaine,

mais dans les troupes coloniales autres que la Légion, l'engagement se conclut pour trois ans ; et cette durée permettrait au légionnaire de faire au moins deux ans de service colonial, ce qui constitue un séjour considéré comme suffisant pour les fonctionnaires et employés coloniaux. Dans ces conditions, il aurait remboursé en travail les frais occasionnés par son instruction; et si, pendant ce temps, il avait reconnu que l'existence à la Légion ne lui convient pas, ou s'il avait trouvé des motifs suffisants de vouloir rentrer dans la vie civile, on devrait considérer que sa dette est payée, et le laisser partir. En le retenant pendant deux ans déplus, on s'encombre d'un soldat médiocre, parce que de mauvaise volonté ; on pousse à l'inconduite et à la désertion; on diminue la considération qui s'attacheau nom delà Légion.

Il y a donc lieu d'examiner très sérieusement l'idée de réduire à trois ans la durée du premier engagement.

On continuerait, d'ailleurs, à conclure les rengagements, au gré des intéressés, pour un,

deux, trois ou cinq ans. Mais pourquoi n'admettre qu'une durée totale de services uniformément égale à 15 ans? On accepte, pour cinq ans, un homme âgé de quarante ans, et celui qui s'est engagé à dix-huit ans est forcément retraité quand sa trente-troisième année est révolue. Or, il peut avoir intérêt à servir plus longtemps, pour améliorer sa pension de retraite, ou pour attendre un grade, une distinction, ou un emploi civil; et, sauf accident, il est encore en pleine vigueur morale et physique. Il semble donc qu'on devrait admettre, pour les hommes restés valides, la possibilité de se rengager jusqu'à concurrence de 25 ans de service, avec limite d'âge à 43 ans : de cette manière, celui qui s'engage à dix-huit ans pourrait rester au service aussi longtemps que s'il avait attendu sa quarantième année pour conclure un engagement de trois ans. Bien entendu, les hommes retraités au bout de 15 ans de service conserveraient leurs droits à la pension actuelle, et les autres recevraient des annuités supplémentaires.

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