V. ci-dessus chap. préliminaire
SR
Jusqu’en 1887, les dépenses militaires des États- Unis ne dépassaient pas 300 millions de francs, leur armée, qui n’est en somme qu'une solide force de police, variait de 25 à 30.000 hommes. En 1891, l'incident de Valparaiso qui faillit amener la guerre avec le Chili, porta l'opinion publique à admettre la nécessité de constituer une flotte de guerre respectable. Déjà le Congrès en 1887 avait volé 160 millions, et en 1889 190 millions de dépenses extraordinaires dont go pour l’armement et les navires en construction, 10 pour de nouveaux arsenaux, et 90 pour des constructions nouvelles. En 1898 les budgets de la Guerre et de la Marine dépassent 400 millions. Depuis la guerre avec l'Espagne, on a compris que la flotte devait être capable de soutenir victorieusement les intérêts américains sur quelque point du globe que ce fût et de nouveaux sacrifices ont été consentis. Ils ne font qu’augmenter et les plus puissants Dreadnoughts sortent à présent des chantiers nord-américains. Nul doute que les évènements récents au Mexique, qui ont amené le président Taft à expédier sur la frontière un corps d'occupation de 30.000 hommes, et les visées encore confuses des Yankees sur le Canada n’incitent la grande République anglo-saxonne à renforcer également son armée. Elle marche vivement dans cette voie, et la conséquence nécessaire est la suite des magnifiques excédents budgétaires, dont les finances américai-
RE es nes, malgré le désordre du budget, s’enorgueillis-
sent.
Depuis 1898, le budget d'armement, Guerre et Marine, a augmenté aux États-Unis dans les propor-
tions suivantes (1):
1898 &oo millions
1900 1.050 — soit une augmentation 1903 1.150 — de 208 o/o en dix ans.
Ceci est infiniment supérieur à la proportion des augmentations analogues en Europe. Il est vrai que les Américains avaient du retard à rattraper. A l'heure actuelle, la flotte américaine arrive au deuxième rang, mais il faudra dépenser en dix ans un milliard et demi de constructions nouvelles si l’on veut maintenir le rang avec l'Allemagne.
Jl convient également de remarquer que les pensions militaires, distribuées surtout dans un but électoral aux vétérans de la guerre de Sécession, atteignent aujourd'hui 900 millions alors qu'elles n'étaient que de 750 millions en 1895. Nous nous en tiendrons là pour l'Amérique, mais il convient de dire un mot des races jaunes qui réclament leur place dans l’évolution de la civilisation, et dont l’une
1. Colson, Cours d'économie politique, t. I, p. 420 et Revue de Science et Législation financières, 1908, p. 402.
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au moins, le Japon, a montré qu’il saurait au besoin la prendre.
est de 1895 que date pour le Japon l'origine des gros budgets militaires (1). En 1896 et 1897 le gouvernement fit voter par la Diète impériale un programme d'extension militaire et maritime, comprenant 625 millions de francs de dépenses extraordinaires, dont l'exécution devait être échelonnée sur une période de neuf années. Les dépenses militaires ont par suite augmenté dans la proportion suivante :
EURE CDR Es Te TS TS 26.838.734 TOO PE une nest un Vel 185.683. 119 RS PT NOR 239.340 .105 LDOPET ASE Er TRUE 225.600.000 Re NE TS DO AE 487.500.000
soit, en quinze ans, une augmentation de 1.770 0/0. Cette fois, nous contemplons le record indiscutable de la vitesse et de l’augmentation des armements, Mais on sait que c’est de ce prix que l'empire du Soleil-Levant a payé sa qualité de grande puissance.
La Chine à son tour imite sa voisine. En 1900, elle n'avait ni flotte, ni armée, chaque vice-roi entretenait les forces qu'il jugeait nécessaires à la sécurité de sa province. L’attitude des puissances occiden-
1. H. Dumolard, le Japon politique, économique et social, p. 86 (Bulletin de statistique et de législation comparée, avrik
— oi
tales obligea la Chine à modifier la sienne. Un édit de 1901 ordonna la formation dans tout l'empire de troupes de campagne, de réserve et de police. En 1903, une commission de réorganisation militaire (Lien-ping-tchou) fut instituée à Pékin, et décida la création, dans chaque province, de deux divisions à douze bataillons d'infanterie, un régiment de cavalerie, un régiment d'artillerie, un bataillon du génie et un bataillon du train, soit 12.000 hommes pour chaque province, au total 430.000 hommes. La durée du service est de dix ans, dont trois dans l’armée active, et les vice-rois procèdent surtout par engagements volontaires. Ces réformes ne sont pas encore achevées, mais le budget dépasse déjà 100 millions. et l'effectif 100.060 hommes. En présence de ces efforts, l'attitude de l'Europe doit être au moins de prudence, et la limitation des armements, sielle parvient à en dégager la formule, demeurer circonspecle, car la Chine, si elle continue, peut avoir dans vingt ans une armée de plus d’un million d'hommes. Il est vrai que le péril jaune réside surtout dans ure organisation des réserves immenses d'hommes que contient la Chine, par son entreprenant voisin le Japon, et que les effectifs dont nous parlons sont en somme, peu de chose encore si on les compare à ceux des puissances européennes.
IT. — Les Effectifs
Les grands États militaires ont en effet adopté le service obligatoire et général. C’est là une charge très lourde surtout pour les États dont la population reste stationnaire, et qui veulent maintenir leur situation, en enrôlant tous les conscrits même trop faibles.
Voici quelle est approximativement la dépense en hommes des différents États.
Sur un million d'habitants, sont employés par an (1):
EnsAnsielerre... "1, 1,170 recrues En Autriche-Hongrie...... 2.670 — RUSSE". 7 PNR 2.810 — Enrilalle, Es roue 3.130 — En Allemagne ............ 4.120 — HT ETANCS 705) ons 5.620 —
C’est la France qui occupe ainsi le premier rang, et c’est chez nous que la charge est la plus lourde. Elle s’accroît encore depuis l’application de la loi de deux ans et la création des nouveaux régiments d’artillerie. Cependant, nous estimons qu’elle est encore insuffisante, et nous projetons de faire appel à des forces mercenaires, en incorporant les indigènes de