‹ La question de la limitation des armements de nos joursChapitre 45 sur 70 · Op. et loc. cit · texte numérisé non relu

Op. et loc. cit

voire dans les bureaux du ministère de ia Guerre. Il faudrait tout contrôler en effet: les fabrications d’armes qui peuvent être clandestines, les accumulations de matériel, les recensements qui peuvent être truqués pour procurer une augmentation du pourcentage des incorporations, les ordres d’appel qui peuvent être multiples ou réduits, etc., etc. Quel État souffrirait pareille ingérence, et s’il la souffrait, que resterait-il de son individualité, de sa souveraineté ?

Le jurisconsulte Laurence (1), envisageant la limitation des armements, a proposé l'établissement d’une convention composée des délégués des États neutralisés ou secondaires, moins suspects de vouloir prendre part aux luttes d’ambition ou de conquête. On créerait un bureau permanent en Suisse, et chaque année ils rendraient compte dans un rapport de l’exécution des engagements pris par les puissances. A qui connait même superficiellement, l'espèce d’antagonisme sourd qui existe, et s’est mavifesté à Bruxelles en 1874, à La Haye en 1899 et 1905 entre les petites et les grandes puissances, il est facile de voir tout ce qu'a de chimérique cette proposition. Si les petites puissances ne veulent pas de la loi des grandes, les grandes se refusent, et plus

1. Voir aussi Hanotaux, la Conférence de La Haye et la limitation des armements. Revue hebdomadaire, 8 juin 1907.

facilement encore, à subir la loi des petites. Laissons donc de côté ces projets.

Lormier, dans le passage que nous avons cité, semble croire que si le contrôle est impossible en ce qui concerne les armements, il se fait de soi-même en ce qui concerne les budgets. Cette illusion est plus forte que celle du professeur Laurence. Nous avons dit déjà combien la comptabilité occulte était chose aisée (1). Faudra-t-il donc songer également à une commission internationale chargée de contrôler non seulement la confection du budget dans les bureaux ministériels, mais le travail des commissions du budget parlementaire, et celui des Chambres elles-mêmes, pour passer ensuite au contrôle de l'exécution du budget, et cela non seulement au ministère de la Guerre, mais en réalité dans tous les départements.

Comme le fait très exactement remarquer M. de Lapradelle (2) : « La limitation des armements estelle complète sans une limitation subsidiaire des armements par analogie ? À ce compte il n’est plus de budget qui échappe à la limitation: celui de l’Instruction publique, puisqu'il améliore les connaissances du soldat; celui des Travaux publics, puisqu’il améliore les voies de communication ; celui du

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