Ésquisse psychologique des peuples européens, p
une chose si éventuelle que le seul fait de mettre cette question sur le tapis éveille toutes les susceptibilités et toutes les craintes. Les faibles craignent qu’on ne cherche à les cantonner dans leur faiblesse, les forts qu'on ne veuille leur rogner les griffes,et tous se mettent sur la défensive.Le résultat le plus clair est de développer toutes les méfiances, de raviver toutes les rancœurs, et de débrider toutes les plaies innombrabies qu'a faite la politique internationale. Pas une initiative en cette matière qui n'ait échappé à cette règle: nous l'avons vu en 1816, en 1863, en 1899. Nous le verrons encore en 1907 : la deuxième Conférence de la paix faillit avorier à cause de cette question, et au cours de ses débats, la seule note discordante, ou presque, fut la discussion tronquée, hargneuse, étouffée de cette matière. Est-ce done bien la peine d’ouvrir cette boite de Pandore, dont il ne sort pour l'humanité que des dangers ?
Tout cela apparaitra mieux au prochain chapitre, mais avant de clore celui-ci, il est encore une objection à lever, objection de fait cette fois, car on a l'habitude d’invoquer en faveur de la limitation des armements, l'exemple pratique donné par deux républiques de l'Amérique : l'Argentine et le Chili : Voyons ce qu'il faut penser de cet exemple, et si vraiment on en peul tirer argument en faveur de la thèse pacifiste de la limitation des armements.
SECTION IV