‹ La question de la limitation des armements de nos joursChapitre 6 sur 70 · HER QUES · texte numérisé non relu

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ginable. En même temps, la poussée démocratique s’est faite de plus en plus puissante, et la force de l'opinion s'impose de plus en plus aux gouvernement.

En 1877, le grand ministère, qui pourtant vient de régénérer l’armée, cède au sentiment public. Par l’intermédiaire de Crispi, il fait sonder à Gastein les intentions de Bismarck. Cette fois, les ouvertures n'avaient plus la maladresse de celles du second Empire, car l'issue de la lutte n’était plus indécise, et en Allemagne une pareille tentative pouvait engendrer l’espoir d’une consolidation des résultats acquis. Elle fut cependant repoussée sans examen, même chimérique (1). Il est permis de penser que Gambetta n'avait pas eu grand espoir de succès et n’éprouva pas une désillusion très pénible.

Cependant les sociétés savantes ne considéraient pas que l’allégement conventionnel des charges militaires fut irréalisable. En 1859, M. Richard, président de l’Association pour la réforme et la codification du droit des gens, prononçait un plaidoyer vibrant en faveur d’une limitation internationale ; en Angleterre, le jurisconsulte Lorimer adhérait nettement à l’idée, prétendait s'inspirer de Peel, de Lord Derby et de Beaconsfield (2), et cherchait une solu-

1. Crispi, la Conferens a del desarmo (Nuova Antologia, 15 mai 1809).

2. Voir sa lettre assez humoristique dans {a Revue du droit internat. de 1885,p. 50.

tion pratique. En 1885, une levée de boucliers savants se produit.

C’est M. Kamarowsky qui, dans ses Quelques réflexions sur les armements croissants de l'Europe (1), affirme que l'introduction d’une organisation internationale devient d’année en année d'une nécessité plus urgente, en face de l’émulation sans issue des armements des grandes puissances qui constituent la cause profonde du malaise économique et des défiances politiques qui pèsent sur le monde. La réforme doit venir des forts et se faire sur le domaine international, c’est-à-dire par un congrès, préparé par des conférences. Le désarmement devra être simultané et progressif, et le savant auteur relevait ensuite la constitution d’une force coercitive internationale, qui veille à la non transgression des principes conventionnellement adoptés. Hélas ! depuis les économies royales, nous n’avons pas fait un seul pas!

Mais voici que la même année M. Robin-Jacquemyres porte la question devant l’Institut de droit international (2). Il propose à ses collègues de faire préparer par une commission une adresse aux gou-

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