L’ÉTAT ACTUEL DE LA QUESTION
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On pourrait croire qu'après l’échec de 1899 et l’effondrement de 1907, l'opinion publique, enfin éclairée, va renoncer à poursuivre un rêve irréalisable. Ce serait mal connaître la puissance d'illusion dont est capable l'esprit humain.
Sans doute un léger revirement s'est produit; par exemple pour l'Angleterre, instruite par l'élaboration du nouveau programme maritime de l'Allemagne. Le gouvernement libéral semble s’être ressaisi. Le 18 décembre 1907, M. Haldane, ministre de la Guerre déclare que la limitation des armements sera peutêtre possible un jour mais qu’en attendant, l’Angleterre doit toujours observer la règle des {wo powers standard. Ceci est plus inattendu, M. Stead, l’apôtre de toutes les croisades pacifistes, déclare dans la Review of Reviews, « que le maintien d’une irrésistible supériorité maritime est la condition sine qua
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non de notre vie nationale ». Il semble que l'attitude allemande, lui ait montré son chemin de Damas.
Cependant tout espoir n’a pas été par tous abandonné. M. Macdonald, le 1° mars 1908, à la Chambre des communes, dépose un ordre du jour en faveur de la limitation des armements et somme le gouvernement anglais de réaliser ses promesses. Il est d’ailleurs battu par 320 voix contre 73.
De même les associations pacifistes continuent leur propagande. Le Congrès de la paix réuni à Munich en septembre 1407, décide de nommer une commission pour étudier la question avant la troisième Conférence de la paix, et cela à une date où l’acte final de la seconde n’est pas encore signé! On ne sait trop s’il faut plaindre ou admirer la robustesse d'une telle foi !
L'Union interparlementaire, décide, cette année même, de reprendre plus ardemment que jamais sa campagne, et pour la première fois depuis sa fondation (1889), fait paraître un annuaire que rédige son secrétaire, M. Lange (1).
H semble d’ailleurs que les années 1910 et 1911 aient suscité une éclosion nouvelle de théories pacifistes. Je ne sais si la cause en est à l'incertitude des rapports internationaux, mais les Parlements en particulier ont fait preuve de la plus complète mécon-