N° 3. — POPULATION PROPORTIONNELLE DE LA FRANCE
ci-dessus, où l'on a figuré par des cercles et des secteurs proportionnels les fluctuations qui viennent d'être décrites. # Si Ton avait égard aux colonies anglaises, à la Russie
(I) J'emprunte cette hypothèse du calcul en 193*2 à un vigoureux travail de M. Charles Richet, inséré dans la Revue de.9 Deux Mondes^ sous le ti* Ire : L'Accroissement de la population frcniçni.e^ numéros des 15 avril et 1" juin 1882.
d'Asie, à la Chine, avec laquelle l'Europe doit s'attendre à compter quelque jour, notre situation serait encore plus amoindrie.
Nous assistons en effet aux débuts d'un mouvement déjà très significatif, mais auquel les progrès des transports impriment chaque jour sous nos yeux une impulsion plus accélérée : c'est la diffusion de l'espèce humaine à la surface du globe. Les pays trop denses envoient leurs essaims dans les pays neufs. A la longue, l'équilibre doit tendre à s'établir; ce n'est qu'une affaire de temps. Le jour où les j^^o4 populations auraient fini
par acquérir partout la même densité, ce seraient les territoires qui entreraient seuls dans la balance. Le diagramme cicontre est établi dans
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cette hypothèse, et figure à la même échelle l'étendue de la terre habitable, celle des quatre grands empires (Angleterre, États-Unis, Chine, Russie), et celle de la France.
Ce diagramme est tristement instructif, et nous commande une politique coloniale qui, sans aventures, mais avec un esprit inflexible de suite, nous permette de nous taiUer notre part légitime dans les espaces encore vacants. Poussés par une sorte d'instinct confus, les différents pays se hâtent à l'envi de mettre la main sur ces territoires inoccupés. Ils réalisent ainsi un avantage immédiat, celui de les soustraii'e h leurs rivaux, sauf à^^n tirer plus tard pour eux-mêmes des éléments de richesse^ et d'influence internationale. La France, qui a de si glorieuses traditions de colonisation et qui n'a qu'à se souvenir de son passé, ne peut pas rester inactive au milieu de ce mouvement général.
En résumé, la lenteur de notre accroissement contraste péniblement avec la marche ascensionnelle des autres peuples. Or, comme l'a dit très justement M. Paul Leroy-Beau-
LA QUESTION DE LA l»OPULATION. 0
lieu, « c'est toujours par voie de comparaison que se classent les nations dans le monde. Quand l'une d'elles grandit plus rapidement qu'une autre, quels que soient les progrès de cette dernière, celle-ci déchoit relativement, et il est impossible à ceux qui lui appartiennent de ne pas éprouver quelque tristesse devant cette sorte de déchéance. »
Cette tristesse nous impose le devoir de creuser le problème, d'en analyser les détails et d'étudier les divers facteurs qui concourent à ce phénomène si complexe de la population.
II. Composition de la population par âges. — Si Ton classe la population en couches de môme âge et si l'on superpose ces couches par âges croissants, on obtient une pyramide, dont les enfants forment la base, et les vieillards le sommet.
Les proportions et les contours de cette pyramide livrent à ceux qui l'étudient les révélations les plus instructives sur la composition d'une population donnée. Ce travail étant dressé pour diverses périodes de la vie d'un même peuple, et au même instant pour divers peuples, le rapprochement de ces pyramides donne lieu aux comparaisons du plus haut intérêt.
Pour la France, celte étude établit que, de 1789 h Tépoque actuelle, notre pyramide s'est sensiblement rétrécie du pied, en même temps qu'elle s'élargissait des flancs : ce qui signifie qu'il y a un siècle la France comptait proportionnellement plus d'enfanls et moins d'adultes.
Cette absence relative d'enfants est la caractéristique actuelle de la population française. Tandis que notre effectif au dessous de 15 ans n'est que les 27 0/0 du total, il atteint 34 0/0 en Allemagne, 36 0/0 en Suède et en Angleterre.
Pour bien apprécier la conformation spéciale de cette pyramide française, je la donne ci-dessous, avec celle de la Grande-Bretagne. Pendant que la première a une base étranglée^ les flancs rebondis, et des soubresauts dans ses
contours, la pyramide anglaise présente un large empâtement, une décroissance continue, un profil régulier, en un mot, tous les caractères extérieurs d'une population bien assise et en équilibre.
N° 5. POPULATIOH TRANCAISC PAR SEXÇ.PAR ÂOE ET PAR ETAT ClVILiEN \876.
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