DE TROIS ENFANTS OU DAVANTAGE
Les Etats modernes ont, pour influer sur la natalité, un moyen ijue ne possédaient pas au même degré les Etats anciens. — Le nombre des fonctionnaires en France. — Efficacité sérieuse qu'aurait la réserve absolue des fonctions publiques aux seuls membres des familles normales (trois enfants ou davantage». — Frivolité des objections faites à ce sujet. — Moyens subsidiaires proposés, quoique moins efficaces : réserve de toutes les augmentations de traitements aux membres des familles normales ; graduation des traitements suivant les chaj'ges de famille. — En quoi ce système à suivre par l'Etat diffère du système dit du salaire familial. — L'Etat ne doit pas se placer, en cette matière, au simple point de vue économique.
Un moyen sérieux s'offre aux pouvoirs publics d'agir sur la mentalité générale du peuple français et de modifier ses dispositions relativement à la fécondité. Les peuples anciens , le peuple romain, par exemple, n'avaient pas à leur portée ce moyen auquel peuvent recourir, au contraire, aisément les peuples modernes.
Ce moyen consiste à n'ouvrir les fonctions publiques qu'aux membres des familles normales, soit aux seuls enfants des familles qui en comptent trois ou davantage , soit aux seuls
pères et mères de trois enfants ou plus. On sait \ quelle est la manie, la passion même des Français pour les fonctions publiques. Il faut tirer parti de ce goût excessif, de cette passion. On sait, en outre^ qu'il y a près de 1 million de fonctionnaires publics en France, de l'État, des départements, des municipalités (1) ; ce chiffre serait dépassé si l'on y joignait, comme nous le jugeons utile pour le point qui nous occupe, les employés de chemins de fer.
Il faut réserver inexorablement toutes les fonctions publiques aux membres des familles normales, pères et mères de trois enfants ou davantage et également à ces enfants même. Dès qu'une loi de cette nature serait votée, elle ferait d'abord une grosse impression sur l'esprit public, et c'est un premier résultat à obtenir ; cette impression à
(1) Le Parlement français, par une disposition additionnelle à la loi des finances du 23 avril 1905, a intimé au gouvernement l'ordre de fournir chaque année un relevé de toutes les fonctions rétribuées sur le budget de l'Etat, des départements ou des communes, avec l'indication du nombre des fonctionnaires pour chacune d'elles.
Voici le tableau officiel de ces relevés pour les dernières années (au l" janvier de chacune d'elles) :