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LES IMMUNITÉS DU SERVICE MILITAIRE

Efficacité sérieuse qu aui-aient ces immunités. — DifOcuIlé de les accorder dans l'état présent des armements. — Part, néanmoins, qu'on pourrait leur faire.

Les moyens indiqués dans les précédents chapitres pour relever la natalité française ou, tout au moins, en arrêter le déclin, auraient, sans doute, si l'on V recourait méthodiquement et avec persévérance, quelques effets bienfaisants ; aussi est-il urg^ent d'y recourir ; mais ces effets seraient, probablement, restreints et n'auraient rien de décisif. Il en est différemment, croyons-nous, des moyens plus énergiques que nous allons indiquer; ceuxci , systématiquement employés pendant une longue période d'années, pourraient sauver la nationalité française.

Le premier de ces moyens, ce sont les immunités relatives au service militaire. Les charges militaires sont beaucoup plus personnellement et plus vivement ressenties par la population, dans toutes les classes, que les charges fiscales. Si l'on pouvait procurer des immunités sérieuses, à ce point de vue, aux familles normales, c'est-à-dire à celles de trois enfants ou davantage, on ferait la

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propagande la plus eflicace en faveur de ce type de familles.

Le service militaire comprend trois degrés : celui dans l'armée active, celui dans la réserve et celui dans l'armée territoriale.

Si l'on décrétait que les enfants des familles normales ne feront qu'un an de service, au lieu de deux, dans l'armée active, que les pères de familles normales, c'est-à-dire, nous ne cessons de le répéter, ayant trois enfants ou davantage, seront exempts de toutes les périodes de service militaire dans la réserve et dans la territoriale, si ces immunités étaient, d'une façon absolue, sans aucune restriction, accordées à ces membres des familles normales, et systématiquement, sans aucune dérogation, refusées aux membres des autres familles, il est certain qu'on verrait le troisième enfant^ qui est le salut, apparaître beaucoup plus souvent qu'à l'heure présente.

On objectera, sans doute, que l'effectif de l'armée française est déjà trop faible et qu'on ne peut le réduire davantag'e, sans affaiblir considérablement la force militaire du pays. Cette considération doit être regardée comme secondaire, en face de la terrible menace, si le déclin de la natalité française continue, de la réduction de moitié du cliiffre de la population d'origine française au cours du siècle actuel et de la disparition quasi totale de la nation française en trois ou quatre générations au plus.

Tous les hommes prévoyants doivent être d'avis que les immunités militaires ci-dessus indiquées doivent être allouées aux membres des familles normales, c'est-à-dire ayant trois enfants ou^

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davantage. Il faudrait le faire, si l'on ne veut pas que la France périsse, dùl-on, pour le nombre des familles anormales, qui sont de beaucoup le plus grand nombre, relever le service militaire de doux ans à deux ans et demi.

On suggérera peut-être certaines demi-mesures, comme le choix de l'arme et de la garnison accordé aux seuls membres des familles comptant trois enfants, l'immunité de la seconde période d'instruction dans la réserve et de toute période d'instruction dans la territoriale pour les pères de famille de trois enfants ; on peut recourir, sans doute, à ces demi-mesures et elles valent mieux que l'actuelle uniformité du service militaire sans considération des charges de famille ; mais il est fort à craindre qu'elles n'aient des effets trop bornés ; il faudrait, pour avoir un résultat certain, aller jusqu'aux immunités radicales que nous avons indiquées pour les membres des familles normales.

On doit se rappeler que, durant la guerre de 1870-1871, les jeunes hommes mariés furent dispensés du service de la garde mobile et ne furent compris que dans la garde nationale sédentaire ; vers la fin de la guerre, on mobilisa tous les hommes non mariés au-dessous de quarante ans, tandis que les hommes mariés du même âge ne furent pas mobilisés et n'eurent pas à se déplacer.

On peut prétendre que ces différences sont pénibles et que cette inégalité de charges paraît contraire aux principes de la démocratie. Il n'en est pas moins vrai que cette différence de traitement faite, durant la guerre de 1870-71, en France, aux jeunes hommes non mariés et aux jeunes

hommes mariés, a, sans doute, contribué au grand nombre des mariages contractés dans les années qui ont suivi cette guerre et à leur relative proliticité.

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