FONCTIONS PUBLIQUES AUX FAMILLES NORMALES
elle seule serait salutaire ; puis, elle provoquerait '•M'tainement quelque surcroît de natalité.
Nous entendons sans doute les objections : Vous priverez l'État, dira-t-on, de concours qui pourraient lui être utiles ; vous fermerez les carrières publiques à des hommes intelligents, recommandables, aptes au service et qui, sans leur faute, auront manqué à avoir trois enfants ou seront enfants de familles peu fécondes.
11 n'y a pas lieu de s'arrêter à cette objection. Les fonctions publiques, même aux échelons les plus élevés, ne réclament pas du génie ou des talents extraordinaires ; de bonnes facultés moyennes, assez généralement répandues, y suffisent. Quant à ceux qui ne pourraient pas entrer dans les fonctions publiques, ils auraient pour déversoir toutes les fonctions privées, c'est-à-dire la grande masse des occupations.
Si, toutefois, on jugeait une certaine portée à l'objection que nous venons de reproduire, on pourrait, afin de faire place aux talents extraordinaires, bien que nous soyons très sceptique à ce sujet, réserver 5 p. 100 seulement de chaque fonction à des hommes ou femmes n'ayant pas réussi à avoir trois enfants ou ne faisant pas partie de famille comptant trois enfants. Hors de cette proportion minime et à laquelle il faudrait que l'on s'en tînt opiniâtrement, on ne pourrait être admis dans une fonction publique que si l'on appartenait comme membre, soit comme père ou mère, soit comme enfant à une famille normale, c'est-à-dire avant trois enfants ou davantage, ni être titularisé dans une fonction publique qu'à la condition d'avoir personnellement trois enfants ou davantage.
Il conviendrait, sans tarder, d'appliquer ce système. Sans doute, les droits actuellement acquis devraient être sauvegardés; mais les augmentations de traitements, même demain, même aujourd'hui , devraient être strictement réservées aux pères et mères de trois enfants ou davantage.
Au cours de l'année 1912, le gouvernement a adopté un projet d'amélioration des traitements du personnel des postes et télégraphes devant s'élever à 37 millions de francs, et ultérieurement, un autre projet d'amélioration à concurrence de 46 millions des traitements des instituteurs. Cette grosse somme de 83 millions est une manne qui pourrait être féconde ; il eût fallu la réserver exclusivement aux pères et mères de familles normales ; il est inouï que le gouvernement n'ait pas pensé à le proposer : à son défaut, le Parlement eût dû mettre immédiatement l'embargo sur cette somme de 83 millions de francs, et veiller qu'elle allât toute entière aux agents ayant trois enfants ou davantage, que pas un seul sou n'en fût détourné pour d'autres.
Voilà ce que Gouvernement et Parlement doivent faire s'ils veulent prévenir la dépopulation et la dénationalisation de la France.
Nous prônons depuis une quinzaine d'années ce premier remède : réserver toutes les fonctions de l'Etat aux membres des familles normales, pères et mères de trois enfants ou davantage et enfants de ceux-ci à la condition qu'eux-mêmes remplissent ultérieurement la condition d'être chef de famille normale ; en outre, dès maintenant, appliquer exclusivement aux agents des pouvoirs publics