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LES APPROVISIONNEMENTS DES VIEILLES CONTREES

1890, 1891, 1892, 189o, 1900, 1906 et 1911 (1). Mais déjà, en 1882, la tendance à l'amoindrissement du faible excédent annuel des naissances en France était inquiétante.

M. Maurice Block, cependant, se plaçant, il est vrai, non seulement au point de vue français, mais à celui de l'Europe en général, croyait constater une « crise latente », suivant son expression, et l'attribuait à l'accroissement de population. C'est cette cause qui, selon cet économiste, développe à outrance les villes, encombre les métiers urbains et les professions libérales ; c'est elle qui fait que la plupart des vieux pays civilisés ne vivent plus des produits de leur sol. Jusqu'en 1790 l'Angleterre exportait des céréales ; à partir de 1790 elle ne cesse d'en importer d'une manière croissante. Elle en introduit 70 à 72 millions de quintaux, disait M. Block ; ces chiffres ont été considérablement dépassés depuis : en 1910, en effet, l'Angleterre importait et retenait pour sa consommation propre 118 millions et demi decentners (le centner égale 112 livres anglaises ou 50''^, 802) de blé et farine de blé [wheat, wheat meal and flour) soit plus de 60 millions de quintaux métriques ; en outre, 38.239.307 centners :19.425.000 quintaux métriques) de maïs ; 8.161.253 centners (4.135.000 quintaux métriques] de riz ou farine de riz, soit

Il U était, en 1890, prématoré de dire que la population de France, du chef de son mouvement propre ^naissances et fiecèsi.dùt décroître : elle semblait devoir rester à peu près stationn<iire. avec tendance plutôt à la décroissance. Aujourd'hui (lyOS-iSlti, la natalité ayant encore sensiblement diminué et continaant à fléchir chaque année, il devient certain que sauf remèdes énergiques, la population en France d'origine française ira en décroissant (v. plus loin, le tableaa de la p. 194. voir étralement. pp. 208.) ^

87 millions de quintaux métriques d'importation de céréales, réexportations déduites ; en cette même année, l'Angleterre importait, toujours pour sa consommation propre, l'exportation déduite, 8.294.619 centners de bœuf ou viande de bœuf, 5.346.000 centners de mouton, 4.491.530 centners de lard et de jambon, 2.286.557 centners d'autre viande, ensemble plus de 20 millions de centners, ou plus de 10 millions de quintaux métriques, de nourriture animale, poisson non compris, à quoi il faut joindre d'énormes importations de pommes déterre, de sucre, de beurre, fromage, œufs, etc. (1). L'Angleterre, considérée comme nation, est une sorte de Gargantua qui tire une grande partie de sa subsistance du reste du monde auquel elle envoie, en échange, des articles manufacturés.

L'Allemagne depuis près d'un demi-siècle en fait autant. Jusqu'en 1860 elle exportait du blé; de 1860 à 1870 les entrées et les sorties de blé s'équivalaient; à partir de 1870, elle est devenue importatrice ; il ne lui fallait encore, écrivait en 1882 M. Block, que 2 ou 3 millions de quintaux par an; mais bientôt il lui en faudrait dix fois plus. L'importation allemande d'objets d'alimentation est énorme, en effet, quoiqu'elle se soit réduite depuis 1893 pour les animaux vivants. En 1892, l'importation du bétail et des animaux vivants [Vieh imd andere lebende Tiere) dans l'Empire germanique, au commerce spécial, aatteint3l7.895 tonnes contre une exportation de 27.362, et en 1907, année oii les besoins ont été moindres, la première a monté à 209.822 tonnes et la seconde à 44.405, non

(1) Tke Statesman's Yearbook, 1912, p. 81.

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