I.KS APPROVISIONNEMENTS DES VIEILLES CONTRÉES
compris 54.463 cochons importés de plus qu exportés ; quanta l'importation des céréales [Getreide)^ elle atteignait, en i892, 3.261.219 tonnes contre une exportation de 11.261), et, en 1907, elle s'élève (farine comprise) à 7.182 329 tonnes contre une exportation de 1.160.223 tonnes (1).
Il en est de même en Belgique, en Hollande, en Italie et, dans une moindre mesure, en France, cette dernière contrée, alors même qu'elle paraît ne pas introduire d'articles d'alimentation exotiques, sujets à des droits de douane, en fait toujours venir en franchise de ses diverses colonies : Algérie, Tunisie, Afrique occidentale, Indo-Chine (pour le riz), etc. Il faudrait ajouter encore les énormes importations d'Asie, d'Amérique, d'Océanie et d'Afrique, de laine, coton, jute, tourteaux, huiles et matières brutes diverses que font les mirées de l'Europe occidentale pour leur consommation propre, dtkluction faite de ce qu'elles réexportent en nature ou sous la forme d'objets manufacturés.
Dans cet article de la Revue des Deux Mondes de 1882, M. Maurice Block a, d'une façon prématurée sans doute, effleuré un sujet intéressant. Au fur et à mesure que se peupleront les pays neufs : les deux Amériques, l'Australasie, le nord de l'Asie, l'Afrique sur toute son étendue, comment les « ontrées de l'Occident de l'Europe : Grande-Bre- I agne, Allemagne, Belgique. Hollande, Itahe, France même, quoique celle-ci dans une moindre mesure, qui ne produisent pas aujourd'hui directement It'ur nourriture et les matières premières dont elles
(1) SlatUtischea Jahrbuch fur das Deutsche Reich, 1908, pp. 146 et 188. * ' ff
ont besoin et ne s'assurent les unes et les autres que par des échanges contre les objets fabriqués, qu'elles produisent en surabondance, pourrontelles se pourvoir d'une façon suffisante en articles d'alimentation et en matières premières industrielles ?
M. Maurice Block se posait cette importante question beaucoup trop tôt. L'expérience a prouvé, en effet, que, dans le demi-siècle qui a suivi son article, à savoir de 1882 à 1907, les contrées européennes ont pu obtenir leur approvisionnement exotique d'alimentation, non seulement dans de bonnes conditions, mais à des prix sensiblement moindres que ceux de la première moitié du xix" siècle (voir plus haut, p. 70, note, les prix du blé en Angleterre depuis le milieu du xix* siècle jusqu'en 1907).
Mais il peut n'en être pas toujours ainsi. Le jour où l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud auront chacune 4 ou SOO millions d'habitants, sinon davantage, où l'Australasie et les îles du Pacifique en compteront une centaine de millions, où l'Afrique elle-même contiendra un demi-milliard, sinon plus, d'êtres humains, où le Nord et l'Ouest de l'Asie auront une population fort accrue, l'approvisionnement exotique de denrées d'alimentation et de matières premières des nations européennes pourrait devenir plus difficile à obtenir ou se faire à des prix plus élevés.
Même en supposant, ce qui est une hypothèse d'une réalisation peu probable, le maintien indéfini de l'excédent annuel actuel de la population des pays civilisés, il faudra, sans doute, un certain nombre de générations, pour que la question qui