MOUVEMENTS DE LA POPULATION CHEZ LES ASIATIQUES
tiques, que celle prolifîcité est efficace en ce sens qu'elle aboutit à un accroissement quasi constant de population. Chez certains de ces peuples asiatiques, en Chine par exemple, les freins répressifs, ^positive checks) , indiqués par Malthus, à savoir la misère, le vice, la famine, exercent leur action ( omprimante. Dans une moindre mesure, depuis la domination des Anglais, il en est encore de même aux Indes.
Les données précises manquent sur la population du principal pays asiatique, la Chine, à plus forte raison sur le mouvement de la population en cette contrée. L'Empire Chinois, toutes dépendances comprises, dont certaines, comme la -Mandchourie, paraissent lui échapper depuis quelques années et dont d'autres, comme la Mongolie, n'ont avec lui qu'un lien bien faible, est consiiléré comme ayant une superficie de 11.100.000 kilomètres carrés (1), ou 4.277.170 milles carrés (2), 20 fois plus que la superficie de la France. La {•opulation en était évaluée à 433.553.000 âmes, <e qui ne fait pas ressortir tout à fait 40 habitants lu kilomètre carré, proportion modique, mais il ne faut pas oublier qu'il y a là d'immenses déserts, à peu près inhabités.
La Chine proprement dite a une étendue bien plus restreinte, quoique énorme encore, à savoir : l .532.420mille carrés, soit 3.969. OOOkilomètres carrés, sept fois et demi environ la surface de la France ; la population en était évaluée à 407. 253.000 âmes. Les chiffres , d'ailleurs , à ce sujet ont beau-
(1) Annuaire du Bureau des Longitudes (1901), p. 308.
(2) The Statesman's Year Book. 1912, p. 702.
coup varié. En 1904, M. Rockhill, ministre américain à Pékin, après une enquête minutieuse, arrivait à cette conclusion que le nombre des habitants de la Chine proprement dite, à cette date, devait être probablement inférieur à 270 millions d'âmes. L'administration impériale chinoise des douanes en 1910 estimait à 438. 433. 000 âmes la population de la totalité de l'Empire Chinois, dépendances comprises. D'autre part, le second recensement national, fait par le gouvernement chinois le 27 février 1911 et publié par lui, arrivait, pour la Chine proprement dite et la Mongolie, à un chiffre de 62.480.118 familles, ce qui, sur la base adoptée parles recenseurs de o personnes en moyenne par famille donnait 312.400.590 âmes. Ainsi, en ce qui concerne la Chine proprement dite, avec ses 3. 969. 000 kilomètres carrés en nombre rond, les évaluations oscillent entre 270 millions (chiffre du ministre américain à Pékin en 1904) et 407 millions, chiffre déclaré par le gouvernement chinois pour la répartition de l'indemnité due, à la suite de l'insurrection des Boxers, aux nations étrangères. Si l'on prend la plus faible estimation, celle du ministre américain, la Ciiine proprement dite n'aurait qu'une densité moyenne de 68 habitants au kilomètre carré, un peu moindre que la densité de la France qui est de 72 habitants au kilomètre carré. Si l'on adopte le chiffre de 407 millions d'habitants, la densité moyenne serait de 102 habitants au kilomètre carré, 40 p. 100 de plus que la densité de la population française. La densité, d'ailleurs, varie énormément suivant les provinces : certaines qui sont montagneuses et particulièrement désertiques n'ont qu'une densité très faible,