MOUVEMENTS DE LA POPULATIOJI CHEZ LES ASL^TIQUES
même dans les évaluations les plus élevées : ainsi, parmi les 18 provinces de la Chine proprement dite, trois des plus étendues en superficie, le Kwansr-si, le Kansu, le Yunnan, qui, à elles trois, représentent environ 23 p. 100 du territoire de kl Chine proprement dite , n'auraient respectivement que 26 habitants, 31 habitants et 32 habitants au kilomètre, ce qui est sensiblement moins que la moyenne delà population rurale en France, laquelle est d'une quarantaine d'habitants au kilomètre carré. Par contre, les provinces de Shantung, d'Honan, de Fukien et de Hupey, dont la superficie réunie représente le sixième environ de la Chine proprement dite auraient une densité de poj)ulation respectivement de 263 habitants, 200 habitants, 190 et 189 habitants au kilomètre carré, densité qui, dans le premier cas, dépasse celle de la Belg^ique et dans le second cas, s'en rapproche. On peut douter de l'exactitude de ces chififres pour une population qui, au contraire de celle de la Belgique, tire directement et non pas par voie 1 l'échange, avec un travail opiniâtre il est vrai, mais des moyens primitifs, la totalité ou la presque totalité de son alimentation du sol qu'elle habite. En tout cas, une pareille population serait, pour 'S procédés actuels de culture, arrivée ou presque arrivée à la limite des moyens de subsistance.
Passons à d'autres contrées qui, étant plus rao- • lernisées, offrent des renseignements plus précis : Ifs Indes Britanniques, d'une part, le Japon, de l'autre.
L'Inde Britannique est connue comme une contrée très prolifique. Elle est, au point de vue économique, très bien administrée par la métropole.
la Grande-Bretagne : la paix, l'ordre, régnent dans le pays ; des voies de communication perfectionnées, sans être encore très denses, le pénètrent et joignent leur capacité de transport à celle des grands fleuves et de leur réseau d'affluents; l'administration est économe, vigilante et efficace; les capitaux et les capacités techniques de la riche et industrieuse métropole affluent pour vivifier les ressources du pays et donner d'utiles directions ou de salutaires exemples à la population. Celle-ci s'accroît sensiblement; malgré le développement des irrigations, les progrès divers et le perfectionnement des voies de transport, l'Inde britannique, qui exporte d'une façon presque permanente du blé et des céréales en Europe, souffre, de temps en temps, quoique d'une façon beaucoup moins fréquente et moins intense qu'autrefois, de la famine. La population, dans son accroissement, paraît donc tendre, suivant la conception de Malthus, à se porter jusqu'à la limite des moyens d'existence, non complètement, toutefois, car elle fait des progrès en bien-être et le niveau d'existence de cette immense masse d'êtres humains, sans être bien haut, tend à s'élever un peu graduellement.
L'Inde britannique, au point de vue administratif, se divise en deux parties : le territoire britannique à proprement parler [British Terriiory) et les États feudataires [Native States), soumis à la direction britannique, quoique conservant une assez restreinte autonomie locale. La Birmanie a été incorporée, vers la fin du xix^ siècle, dans l'Inde Britannique.
Voici la superficie en milles carrés (le mille
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carré = 2 kilomètres carrés 59 en nombre rond , et la population de la partie de l'Empire Indien ( onstituant le territoire britannique proprement «lit, d'après les différents recensements depuis 1861 :
WNKF.S SrPKRKIClE POPULATION'
milles cam-s.
On remarquera que la superficie a presque constamment varié d'un recensement à l'autre et s'est étendue sensiblement par des annexions ; cela rend la comparaison difficile. De 1861 à 1881 inclusivement où la superficie ne s'est que médiocrement accrue, la population reste à peu près stationnaire, contenue, sans doute, par les freins répressifs [positive checks) de Malthus ; elle représentait alors, en considérant l'année 1871, 227 habitants au mille carré, soit un peu plus de 87 habitants au kilomètre carré, et cette densité supérieure de 20 p. 100 environ à celle de la France actuelle (72 habitants au kilomètre carré) ne laisse pas que d'être considérable, étant donné que l'Inde britannique contient, outre de riches plaines et vallées, des parties montagneuses et de hauts plateaux médiocrement fertiles et qu'elle tire de son sein toute son alimentation et ses matières premières, que même elle en exporte d'importantes (juantités.
En 1911, dans le territoire britannique [Briiish tcrritoi-y) agrandi, la population, qui monte à
244.270.000 âmes, pour une surface de 1.097.901 milles carrés, présente une densité moyenne de 222 habitants au mille carré ou 83 habitants au kilomètre carré, densité très légèrement inférieure à celle de 1871 ; mais il faut remarquer que les annexions de territoire faites depuis 1871, comprenant la Birmanie (1) et d'autres contrées montagneuses, réduisent la densité moyenne qui a certainement augmenté dans les parties plus anciennes du British Territory.
On aura une vue plus nette en considérant isolément les principales provinces : celle d'Oudh, ayant 23.916 milles carrés (le mille carré = 2".ii9 kilomètres carrés) avait en 1901, 12.833.000 habitants, soit 537 habitants au mille carré, ou 200 au kilomètre carré; en 1911, sa population était de 12.558.000, ayant fléchi de 275.164 âmes; la densité de cette province, la plus encombrée de l'Inde, est ainsi près de trois fois la densité de la population française. La vaste province de Bengale, pour une superficie de 115.819 milles carrés, soit 300.000 kilomètres carrés en nombre rond, ou moins des trois cinquièmes de l'étendue de la France, comptait 50.715.794 habitants en 1901 et 52.668.269 en 1911, soit environ 176 âmes au kilomètre carré, près de deux fois et demie la densité de la population française ; ce sont là des densités énormes pour des populations qui doivent tirer directement de leur sol toute leur alimentation ou à peu près et toutes leurs matières premières.
(1) La Birmanie, en effet, pour 238.738 milles carrés, en 1901, n'avait qu'une population de 44 habitants au mille carré, moins de 20 habitants au kilomètre carré.