CHIFFRE
R.tPPORT
absolu
des naissADces
OPCLATIOX
des
a la population par 1.000 nabiUnts.
moreauf.
naissances.
L AKFAIBLIS.SF.ME.M 1>F. l. A NATALITE EN BELGIgUE 225
Ainsi, lie 18*U à 190G, le taux de 30 naissances pour 1.000 habitants ne réapparaît pas, alors que dans toutes les décades de 1831 à 1880 inclusivement, le taux moyen décadaire se tenait au-dessus, parfois très au-dessus, de cette proportion de 30 p. 1.000. Cependant, la période 1891 à 1906 a été une période de grande prospérité pour les principales industries belges, notamment pour l'industrie houillère et métallurgique : dans les années 1890 et 1891 les salaires ont été très élevés dans les charbonnages belges, montant à 1.117 francs en moyenne par ouvrier en 1890 et k 1.086 en 1891. au lieu de 920 francs en 1880 et de 812 en 1885 ;
ilement dans ces années 1890 à 1892 le chiffre d ouvriers employés dans les charbonnages fut très considérable, dépassant de 10 à 15 p. 100 celui il*s années 1880 à 1885. Ultérieurement, les salaires dans les mines belges se sont encore fort accrus : 1.413 francs en moyenne par année et par omTier en 1900, 1.147 francs seulement, il est vrai, en 1905, mais 1.356 francs en 1906 (1) ; le prix des subsistances était, en outre, jusqu'à cette dernière
fil Voir l'Annuaire statistique de la Belgique pour 1883, p. 291 et lo même Annuaire pour 1907, p. 3Ô1.
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date, très bas, beaucoup plus bas que dans le troisième quartier du xix" siècle. Néanmoins, et bien que le rapport des mariages à la population ait été très élevé, de 1891 à 1906, particulièrement depuis 1893, dépassant d'ordinaire, 8 p. 1.000, on voit le taux des naissances annuelles sensiblement fléchir. Le fléchissement est encore beaucoup plus frappant dans les trois années 1907-1909, le rapport des naissances à la population tombant, dans les deux dernières, au-dessous de 25 p. 1.000 habitants ; et ce n'est pas seulement ce rapport qui fléchit, mais le chiffre absolu des naissances, lequel dans les trois années 1907-1909, et particulièrement dans l'année 1909, est sensiblement plus bas que dans toutes les années antérieures depuis 1890 incluse. C'est une application de cette loi générale que, dans une jjopulation qui atteint une certaine somme d'instruction, de bien-être et qui s'est imprégnée des idées démocratiques, la prolificité diminue; il est probable qu'il en sera ainsi de plus en plus en Belgique. Depuis 1903, le taux de la natalité en Belgique, est tombé aux environs de ce qu'il était en France de 1830 à 1883 (voir plus haut, p. 193). 11 y a bien des chances pour qu'il suive, plus lentement sans doute, la même pente décroissante que chez nous.
Ce n'est, toutefois, là qu'un critérium insuffisant. La Belgique contient juxtaposées deux populations très distinctes, la flamande et la wallonne; la première peut être considérée comme ayant encore l'ensemble des sentiments des anciens âges ; la wallonne, au contraire, qui parle notre langue, doit être regardée comme plus pénétrée de ce que ion appelle la civilisation moderne. Or, si Ton
I AFFAIBLISSEMENT DE LA NATALITÉ EN BBLGlV»UE 227
I «»nsidère à part la natalité dans les différentes provinces belges, on voit que le taux en reste assez élevé, tout en fléchissant graduellement, •lans les provinces flamandes, et qu'il est de^venu très bas, presque aussi bas qu'en France, dans les provinces wallonnes. Le tableau suivant fournit la démonstration de cette très curieuse et très importante observation.
Les provinces wallonnes, ou de langue française, nt celles de Hainaut, Namur, Liège, Luxemurgetle sud du Brabant ; les provinces flamandes -ont celles d'Anvers, de la Flandre Orientale, de Flandre Occidentale, de Limbomg; le Brabant une province mixte. [Voir plus loin le tableau < pages 22« et 229).
<> tableau, que nous avons dressé d'après les nuaires statistiques de la Belgique pour 1893 et ur 1907, est d'une importance capitale au point i- vue démografique (1).
On y voit que dans les premières années, en tO et encore dans les décades 1841 à 1850 et • l à 1860, la natalité dans les provinces walmes, Hainaut, Namur, Liège, Luxembourg et dans la province mixte, le Brabant, n'est pas inférieure ou n'est que de peu inférieure à celle des provinces flamandes, Anvers, les deux Flandres et le Limbourg. Ces proportions changent complètement à partir de la décade 1861-1870 et surtout de la décade 1871-1880; les populations flamandes restent prolifiques et même le deviennent un peu nliis, tandis que les provinces wallonnes cessent de
il Ce tableau a été constitoé par nous avec les relevés figurant dans V Annuaire statistique de la Belgique, pour 1893. p. 42- 4o et 'iS. et le même Annuaire pour 1907. p. 32-39 et 109.
Anvers.
Population en 1840 371.157
Chiffre absolu de naissances en 1840 12.034
Rapport ducliiffre des naissances à la population par