WALLONNE
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Limbonrg.
Liège.
Luxembourg.
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lales des naissances : il donne aussi les chiffres des recensements ît .-^e sont faits en 1880 et 1890 ; pour ne pas compliquer à l'excès dans l'Annuaire de la Belgique pour 1893.
ition le chiffre de l'année 1895 (Annuaire statistique de la Belgique essor des industries métallurgiques et minières, après s'être élevé nces à la population est tombé graduellement de 29,42 en 1901 à le, dans les provinces flamandes relativement à la moyenne de la :ru dans les provinces wallonnes, sauf le Luxembourg ; ainsi, en 1906. 714 respectivement, contre 26.506, 20.572. 5,434 et 8.087, moyennes nai?5an^f= on 1906 contre 60.589, moyenne de la période 1881-1890.
plus en plus de l'être ; l'écart entre les deux catégories de provinces va chaque année en s'accentuant. La natalité dans les prov^inces wallonnes finil par devenir très faible. Dans la période 1881-189(1 notamment, qui n'offre, cependant, au point de vue économique, rien de bien exceptionnel et dont les dernières années, 1888 à 1890, ont même été signalées par une grande reprise industrielle et par une forte hausse des salaires, si la natalité se maintient à 36,33 pour 1.000 habitants dans la province d'Anvers, 32,14 dans la Flandre occidentale, à 31,38 dans la Flandre orientale, 30,37 pour le Limbourg, toutes provinces flamandes, si elle reste encore de 31,09 dans le Brabant, province mixte qui comprend la capitale, elle s'affaisse au taux déjà modéré de 28,94 dans la province de Liège, et aux taux assez bas de 25,73 dans le Hainaut, 23,03 dans le Luxembourg, 24,23 dans la province de Namur, tous pays wallons. Les années suivantes, 1891 et 1892, quoique succédant à une période de grande prospérité industrielle et se ressentant encore des suites de cette prospérité, offrent une décadence plus sensible La natalité même des provinces flamandes faiblit : Anvers et les deux Flandres conservant encore une natalité sensiblement supérieure à 30 p. 1.000 ; mais le Limbourg, comme moyenne pour ces deux années, descend au-dessous de cette proportion ; la province mixte du Brabant, quoique contenant la capitale et sa banlieue, dépasse à peine, comme moyenne de ces deux années, 29 p. 1.000. Quant aux quatre provinces purement wallonnes, le Hainaut, Namur, Liège, et le Luxembourg, la natalité y tombe au-dessous de 24 p. 1.000, comme
\FFA1BLISSEMENT HR LA NATALITÉ KN BELGIljUE 231
moyenne des deux années, dans la province de Namur, la moins prolifique, et se tient à peine à 21 p. 1.000 dans la province de Liège, la plus prolifique du groupe wallon.
S il ne s'agissait que de pures provinces agricoles, t^omme le Luxembourg et Namur, on pourrait nisidérer que cette décroissance de la natalité st exceptionnelle; mais les provinces industrielles de Liège et du Hainaut, cette dernière qui contient les centres si importants de Charleroi, Mons, Soignies, Tournay, sont à peu près dans le même cas. Si l'on groupe les quatre provinces wallonnes, Hainaut, Liège, Namur et Luxembourg, cl que Ton considère la décade de 1881-1890, on a un ensemble de population de 2.289.225 âmes en 1885, groupe assez important, assez diversifié comme occupations pour qu'on en fasse la base
• l'une observation démographique sérieuse; la moyenne annuelle des naissances dans cette période de dix ans y a été de 60.599, soit un rapport de 26,47 p. 1.000 habitants, rapport plutôt modique, dépassant à peine celui de la France
• ntière dans la période 1861-1870, lequel était de 26,30 (voir plus haut, page 195). Létaux de la natalité s'est encore affaibli dans les quatre provinces wallonnes dans la période 1891-1900; la moyenne de la population de ces quatre provinces dans cette période étant de 2.456.768 âmes, le chiffre moyen des naissances y a été, dans ces dix années, de t)0.583. soit un taux annuel moyen de natalité de 2t,66p. 1.000 habitants, peu supérieur à la moyenne pour la France dans la décade 1881-1890, laquelle tut de 23,87 p. l.OOO Soir plus haut, p. 195). Si aux quatre provinces wallonnes on joint la grande
province mixte, le Brabant, contenant la capitale et sa banlieue, on a comme moyenne de la population des quatre provinces wallonnes, Hainaut, Namur, Liège, Luxembourg, et de la province mixte le Brabant, 3.647.185 habitants, et une moyenne de naissances pour cette période décennale (1891-1900) de 94.812, soit 26,00 p. 1.000. taux encore assez modique, un peu inférieur h celui de la natalité française dans la période 1861 à 1870, soit 26,30 p. 1.000; enfin, en 1906, la natalité tombe à 21,18 p. 1.000 pour les quatre provinces wallonnes et si Ton joint à celles-ci la province mixte, le Brabant, à 22,01 p. 1.000, taux strictement équivalent à celui de la natalité fran- (^aise de 1891 à 1900 (voir plus haut, p. 195).
Ainsi, les provinces wallonnes de la Belgique et, dans une moindre mesure, la province mixte du Brabant, présentent^ au point de vue de la natalité, exactement la même caractéristique que la France : une décroissance très sensible et rapide qui aboutit à un taux en définitive très bas.
On ne peut prétendre que ce soit là une question de race ; car, vers le milieu du xix° siècle, en 1840 et dans la période 1841 à 1850, la natalité était forte dans les provinces wallonnes et dans le Brabant et y dépassait même la natalité des provinces flamandes (voir pages 228 et 229) . Le taux de la natalité s'est relevé dans ces dernières de 1851 à 1880 ; il a considérablement décru, au contraire, dans les premières. La raison en est que les provinces flamandes, d'abord très pauvres, employèrent le premier surcroît de ressources qui leur vint, de 1850 à 1880, à des mariages plus précoces et plusféconds. Les provinces wallonnes, qui étaient
l'affaiblissement de la natalité en BELGIQUE 233
It'jà un peu plus aisées, éprouvèrent l'influence vlun surcroît notable de bien-être, au delà d'un certain degré, du développement plus rapide de l'instruction et de tout l'ensemble d'idées et de sentiments, les uns bons, les autres médiocres, certains mauvais, qui composent ce que nous appelons la civilisation ; or, ces facteurs divers, les uns d'ordre matériel, les autres d'ordre moral, portent à l'amoindrissement de la fécondité. Avec le temps, il est probable que les provinces flamandes, qui sont encore dans un état mental et matériel primitif, en viendront à la même situation que les provinces wallonnes. Un premier def/ré de bien-être, parmi des populations rudes et ayant peu de besoins, développe la prolifîcité ; un degré ultérieur de bien-être, accompagné de tous les sentiments et de toutes les idées que suscite le développement de rinstrttction et du milieu démocratique, amène la réduction graduelle de la prolifîcité.
Cet exemple si caractéristique et si décisif des provinces wallonnes de la Belgique prouve avec éclat combien il est faux d'attribuer, comme on le fait souvent, la diminution des naissances en France à des causes accessoires comme la lourdeur des impôts en général ou l'assiette des taxes indirectes tni particulier et le service militaire. Les Belges, nation neutre, n'ont pas eu de guerres depuis 1830 ; ils ne sont pas astreints au service militaire personnel. Leursimpôtssonttrèslégers. Nous avons prouvé (jue c'est le peuple le moins taxé de l'Europe [{). Ils n'ont, en particulier, ni octrois, ni droits de douane élevés, ni lourdes contributions indirectes
(1) Voir notre Traité de la Science des finances, 8» édit., t. I" p. 162.
intérieures. Néanmoins, les provinces wallonnes de la Belgique sont, au point de vue de la natalité, dans un état presque aussi déprimé que la France. C'est la même cause générale qui agit dans les deux pays : l'extension du bien-être matériel et de cet état mental particulier, ayant de bons et do mauvais effets, que nous appelons la civilisation. La Suisse pourrait offrir une démonstration du même genre, quoique moins frappante. Les riches et éclairés cantons de Genève et de Vaud ont une natalité faible, comparée à celle des cantons plus primitifs, Appenzell, Schwitz, Glaris, Schaffhouse, Uri, Berne, etc. Ainsi," dès la période de 1861- I860, tandis que le nombre des naissances pour i.OOO habitants était en moyenne, en Suisse, de 31,30, ou que, suivant une autre méthode de compter, il y avait dans le pays 32 habitants pour une naissance, on relevait dans le canton de Genève 44 habitants pour une naissance et dans celui de Vaud 35, soit 22,72 naissances seulement pour 1.000 habitants dans le premier canton et 28,51 dans le second ; au même moment la proportion des naissances était supérieure à 34 p. 1.000 dans les cantons primitifs d' Appenzell, Schwitz, Glaris, Schaffhouse, Uri, etc. (1).
Il n'en va pas autrement dans les années postérieures : en 1892, la population de la Suisse étant de 2.962.098 âmes et la natalité de 86,265 (mortnés non déduits), il en résulte une proportion de 29,12 naissances pour 1.000 habitants; cette
(1) Gebiirten, Sterbefalle und Traiiungen in der Schweiz in Jahren, 1867-1872, herausqegeben von SLalislischen Bureau, Bern 1873, p. 22, donnant un' tableau récapitulatif pour les années antérieures.
moyenne est déjà fort inférieure à celle de 1861- 1865, qui était de 31,30 naissances pour 1.000 habitants. En outre, il ne se rencontrait dans le canton de Genève, pour 108.107 habitants, que 2.361 naissances, soit 21,84 pour 1.000; dans le canton de Vaud, pour 253.166 habitants, il n'y avait que 7.110 naissances (mort-nés compris) (4), soit 28,12 pour 1.000 habitants, ou moins que la moyenne. Il l est difficile, avec les petits cantons suisses et la ^ défectuosité des statistiques de ce pays qui publient en général des chiffres bruts, sans les rapports proportionnels et ne font pas de résumés décennaux, de poursuivre une démonstration comme celle que nous a fournie, d'une façon si saisissante, kl Belgique. Mais les faits relatifs à ces deux riches cantons de Genève et de Vaud sont déjà assez probants.
Voici les chiffres du mouvement de la population : en Suisse d'une part dans les cinq années de la ^ période 1899-1903, d'autre part dans les cinq années de la période 1906-1910.