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On voit par ces chiffres, que le nombre des naissances ne suit pas du tout le développement de la population : celle-ci s'est élevée en Suisse de 3.315.443 âmes en 1900 à 3.741.971 en 1910; néanmoins, le chiffre absolu des naissances reste stationnaire et tend même cà décroître légèrement. Il est de 493.336, mort-nés compris, pour l'ensemble de la période de 1899 à 1903 et seulement de 490.092 pour la période de 1906 à 1910; la différence entre ces chiffres absolus est, sans doute, faible, mais elle existe; et, en outre, le nombre des naissances en 1910 est le moindre des années considérées. Si l'on examine les proportions à la population, la chute est bien plus importante. Dans la période 1899-1903, le taux de la natalité (mort-nés compris) était de 29,45 pour jl.OOO hâtants, soit 28,40 à peu près, mort-nés déduits; dans la période 1906-1910 le taux de la natalité est de 27 p. 1.000 seulement, mort-nés non déduits et de 26,10 mort-nés déduits. L'affaiblissement du taux de la natalité, quoique beaucoup moins accentuée qu'en Belgique, la population de la Suisse étant en beaucoup de cantons encore primitive, est, néanmoins, frappante. La population continue d'augmenter, mais d'une façon proportionnellement un peu moindre, et surtout par la réduction de la mortalité, qui est tombée un peu au-dessous de 16 p. 1.000 (1].
(1) L'émigration suisse peut être pour une part dans la réduction de la mortalité, mais celte émigration, du moins ofricielle, est moindre qu'on ne pense : 5.296 émigrants en d906. .5,710 en 1907, 3,636 en 1908, 4,9ia en 1909, 5,178 en 1910: il est probable que l'émigration réelle est sensiblement plus considérable : mais beaucoup d'émigrants suisses retournent à leur pays d'origine.