T.A NATALITÉ DANS LES COLONIES AUSTRALIENNES
Ainsi la natalité qui était de 38 p. 1.000 dans It's colonies australasiennes en 1871, taux à peu près ésral à celui de la natalité allemande dans les années 1878 à 1880, s'est graduellement affaissée îi 21 p. 1.000, taux approximativement égal à I t^lui de la natalité française sous le règne de Louisl^liilippe.
La natalité australasienne, dans les années • xcessivement prospères pour l'Australasie de 1904-11)10 est restée à peu près au taux de 1897, avec une tendance, cependant, au déclin : en 1910, le nombre des naissances, pour les six colonies ( onstituant VAustralian Commonicealth (la Nouvelle-Zélande laissée de côté) était de lié. 801; la |)opulation australienne, d'après le recensement lie 1911, montait à 4.483.000 Ames, ce qui fait ressortir un chiffre moyen d'environ 4.370.000 âmes jjour l'année 1910 : il en résulte un taux de natalité de 26,7 pour 1.000 habitants.
Quant à la Nouvelle-Zélande, le nombre des naissances y a été, en 1910, de 23.984 pour une population moyenne de près de 1 million d'âmes (1.008.468 d'après le recensement de 191 i) ; le taux de la natalité est officiellement calculé, pour 1910, il 26,17 pour 1.000 habitants.
La mortalité étant excessivement faible dans les colonies australasiennes (de 10 à 11 pour 1.000 habitants seulement), cette natalité modérée permet encore un notable accroissement de la population. On peut dire que, à cause de l'immigration, il y a un peu plus d'hommes que de femmes dans les colonies australasiennes; mais la différence est légère : d'autre part, la proportion des adultes, capables de procréer, est beaucoup plus forte dans
ces sociétés que dans les vieilles sociétés d'Europe, les vieillards, ainsi que les enfants, y étant beaucoup moins nombreux.
L'abaissement du taux de la natalité, très sensible en Australie depuis trente ans et encore appréciable depuis une quinzaine d'années, paraît devoir se poursuivre encore, malgré l'énorme débouché que les ressources agricoles, pastorales et minières du pays, offrent à l'accroissement de population, malgré aussi l'absence de service militaire et des diverses servitudes ou charges qui pèsent sur les populations du vieux monde. L'abaissement de la natalité, dans des contrées encore si impeuplées et si pourvues de ressources qui devraient encourager et susciter la prolificité, est essentiellement l'effet de la mentalité démocratique; la Nouvelle-Zélande, notamment, est la contrée du globe qui réalise le plus l'idéal démocratique à l'heure présente (1).
D'après tous les renseignements qui précèdent, auxquels on en pourrait joindre une foule d'autres, si c'était nécessaire, il ne peut y avoir aucun doute sur la vraie loi de jjopulation chez les peuples civilisés ; elle est toute différente du principe de Malthus ; elle se traduit par la tendance à mie prolificité décroissante ; la civilisation arrivée à un certain degré de bien-être et d'idées ou de sentiments démocratiques achernine vers T arrêt de Vaccroissement de la population ; ce n'est que par une réduction graduelle du taux des décès que cet accroissement peut se maintenir ; mais il arrive un moment où cette réduction devient insuffisante . Le
(1) Voir l'ouvrage de M. Pierre Leroy-Beaulieu : Les Nouvelles Sociétés anglo-saxonnes.