NCI.USIONS SDR LA CIVILISATION ET LA NATALITÉ
ilntger des peuples civilisés est beaucoup plus dans i'i tendance à la décroissance du taux des nais- -"iices que dans celle à l' encombrement du tnonde.
A l'heure présente^ la plupart des États consti-
tnt la grande Confédération américaine, la ^ l'uise, la SuèdCy la Belgique, le Roi/aume-Uni de l'i Grande-Bretagne et d Irlande, la Norvège, le Ihinemark ont un taux de natalité qui égale à peine If taux de la natcdité françai>^e de iSli à ISoO,
luel était de '27,44 pour i 000 habitants, et qui, même pour la Suède, la Belgique (l) et la Grande- Bretagne tombe au niveau, sinon au-dessous, du (aux de la natalité française dans la période de lS6i à iSlO, lequel était' de 26 JO p. i.OOO. Dans la plupart de ces pays, la décroissance du taux de natalité ne peut être attribuée ni aux impôts qui rj sont faibles ni au service militaire qui g est léger. La mentalité tend à s'y rapprocher de celle de la France contemporaine. Par degrés, au fur et à mesure de la pénétration du bien-être, des idées et lies tendances démocratiques dans le centre, le sud et l'est de l'Europe, il est vraisemblable que les nations qui occupent ces contrées s'achemineront aussi à une situation analogue. Cela, sans doute, 'Itmandera du temps, mais la direction semble dès maintenant prise.
Cela ne veut pets dire, dans toute la force du mot, que la civilisation dépeuple toujours, car avec une bonne hygiène on peut tellement gagner sur les
'es que, même avec une natalité de 20 pour 1 .000
H) On doit particulièrement insister sor la chute dans les derres années de la natalité en Belgique : la population wallonne >t, sous ce rapport, presque dans les mêmes conditions que Il population de la France (Voir pages ââ8 à S30).
habitants, la population devrait pouvoir non setiletnent se maintenir, ?nais même se légèrement accroître ; ?nais l'exemple de la France témoigne qu'elle peut dépeupler ; il reste à savoir si les autres nations qui suivent graduellement l'exemple de la France iront aussi loin qu'elle dans la voie de la réduction graduelle de la natalité.
En tout cas, il demeure constant, contrairemeni aux assertions de Malthus, que, dans la période actuelle de la civilisation, les subsistances produites dans les contrées civilisées ou qui sont destinées à leurs habitants tendent à augmenter beaucoup plus rapidement que la population de ces contrées, et c'est là la cause principale de la baisse des prix ■ dont se plaignaient, à la fin du XJX^ siècle et dans les premières années du XX" siècle, les agriculteurs des deux mondes. Quand même les paijs cicilisés européens devraient vivre sur leurs seules ressources, sans apport de subsistances des contrées lointaines, les simples progrès de V agronomie et les incorporations de capitaux au sol donneraient^ à bref délai, un taux de progression des subsistances qui dépasserait largement le taux d'augmentation du nombre des habitants (1).
(1) Sur les progrès agronomiques possibles, se reporter plus haut pp. 71 à 74 et consulter le 1. 1" de notre Traité théorique et pratique d'Economie ■politique, pp. 766-780. Le renchérissement de la vie survenu depuis 1909 et 1910 n'infirme pas les propositions ci-dessus ; ce renchérissement tient à des causes diverses où l'on fait entrer l'énorme augmentation de la production de l'or. Une partie de cette cherté paraît, en outre, avoir un caractère passager et provenir dune série de mauvaises récoltes de blé, de vin. de sucre, de pommes de terre, de maladies sur le bétail, etc.