L ACCROISSEMENT DE LA POPULATION EN EUROPE
un peu affaissé dans ces derniëres années. Certes, -en laissant de côté la France, on peut -outenir que la natalité dans l'Europe occidentale t centrale est très satisfaisante, sinon même exuîtérante, puisqu'elle se traduit, pour les dix pays précités, par un excédent annuel moyen, pour les trois années 1908-1910, de 2.534.000 âmes, lequel, avec l'Espaorne, le Portugal, la Suisse et le Danemark (1) omis dans les tableaux ci-dessus, atteint 2.867.000 âmes. Il y a là amplement, dira-t-on, (le quoi suffire aux tâches annuelles qui se révèlent dans les vieux pays et en même temps permettre le peuplement assez rapide des pays neufs. Cet excédent de 2.867.000 âmes par an, est presque doublé si l'on y joint les pays omis de l'Orient de l'Europe : Russie, États Balkaniques, Grèce, lesquels, en l'année 1910, ont eu un excédent d'environ 2.365.000 âmes des naissances sur les ilécès (2), ce qui porterait l'excédent total des naissances dans toute l'Europe, la Turquie laissée de côté, pour l'année 1910, à 5.232.000 âmes. Mais, on peut dire que l'excédent des naissances sur les décès en Russie peut être absorbé, pendant de longues années tout au moins, par le peuplement propre du pays, ainsi que celui de la Sibérie et de l'Asie centrale ; de même, l'excédent des naissances des pays des Balkans doit être affecté au peuplement
'1) L'excédent des naissances sur les décès est en liispagne de MMO (année 1910) -jon Portngal. de «5.312 (année 1909) ; en Suisse 36.991 (année 1910): en Danemark de 40.112 (année 1910).
i2) L'excédent des naissances sur les décès est, pour la Russie,
)o 2.132.722 âmes en 1910; pour la Roumanie, de 100.263 âmes;
pour la Serbie, de 47.785; pour la Bulgarie, de 59.279: nous ne
trouvons pas le chiffre de la Grèce, mais on peut évaluer pour
ettc contrée cet excédent à 26.000 ou 28.000 âmes.
encore très, insuffisant de ces contrées; la Grèc( seule peut être jointe à l'Europe occidentale el centrale ; on peut, avec cette adjonction et celle des juifs russes, porter à 3 millions environ l'excédent des naissances sur les décès de l'Occident et du Centre de l'Europe. On dira qu'un surcroît annuel de population de 3 millions d'âmes environ pour tout ce bloc de nations est en soi considérable et qu'il ne pourrait même, ajouterait-on, se poursuivre indéfiniment au delà par exemple du xx"" siècle ou tout au plus du \xf siècle sans inconvénients graves, puisqu'alors le nouveau monde lui-même arriverait à être peuplé, sinon surpeuplé.
Ce sont là des perspectives, sinon tout à fait lointaines, du moins encore distantes. Nous avons plus haut consacré un chapitre aux besoins du globe en population (voir pages 171 à 178). Il faut remarquer que, si la race blanche et la civilisation occidentale ont pu prendre la prédominance dans le monde, c'est qu elles ont produit régulièrement un excédent de population qui a pu se déverser sur r Amérique et lOcéanie. Autrement^ la race blanche eût pu être subalternisée et l'eût même été certainement à la race jaune. La continuation de cet excédent de population pendant au moins un siècle, sinon deux, est absolument indispensable pour assurer à la race blanche la prédominance complète dans les deux Amériqties et dans les iles du Pacifique Central et Méridional.
Or, il n'est nullement certain, avec l'affaiblissement graduel de la natalité dans l'Europe occidentale et même centrale, qu'un excédent notable des naissances se maintienne indéfiniment ou même