ILLUSIONS SUR LA RÉDUCTION DE LA MORTALITÉ
1res longtemps, au moins en ces régions où la race blanche a atteint le degré le plus élevé de développement, pendant une très longue durée.
Autrement, l'on doit tomber d'accord qu'une iliniinution modérée de la natalité, coïncidant avec une réduction au moins égale de la mortalité, ce qui a été le cas depuis un quart de siècle dans lEuropeoccidentale, la France laissée de côté, peut avoir quelques avantages économiques et sociaux, sinon toujours moraux. Mais il est à craindre que, avec le temps, la réduction de la natalité ne dépasse la réduction proportionnelle de la mortalité. C'est déjà présentement le cas de la France, et il ne faut pas oublier que ce pays, le plus ancien par sa formation, le plus moderne par sa direction, le plus démocratique politiquement et économiquement, est celui qui peut être le plus considéré comme le pays type ; non pas que ce soit un modèle, mais c'est la contrée où la population européenne a fait le plus d'étapes dans la voie qu'elle suit depuis plusieurs siècles et particulièrement depuis un siècle et demi.
L'excédent notable de population du bloc européen occidental et central tenant principalement, depuis un quart de siècle et surtout depuis l'ouverture du XX' siècle, à un abaissement considérable de la mortalité qui a compensé, soit totalement, soit en très grande partie, les effets de l'abaissement corrélatif de la natalité, on peut se demander si ces deux mouvements parallèles pourront se continuer très longtemps encore, pendant toute la durée du présent siècle par ■xemple, ou si la réduction de la natalité ne loviendra pas un jour, sinon prochain, du moins
pas trop éloigné, supérieure à la réduction de la mortalité. Alors l'excédent actuel des naissances sur les décès, dans l'ensemble de l'Europe occidentale et centrale, se réduirait considérablement et pourrait même, comme en France, finir par disparaître.
Cette perspective évidemment ne s'annonce pas comme toute prochaine; mais c'est une éventualité qui pourrait se réaliser dans la deuxième moitié ou le dernier tiers du présent siècle et tout au moins au siècle prochain.
La natalité, dans la plupart des nations de l'Europe occidentale et centrale (la France laissée de côté) s'est affaissée de 30 ou 40 pour 1.000 habitants, suivant les pays, dans la période 1874-1885 (voir le tableau des pages 238 à 241) à des taux de 23 à 28 p. 1.000 dans la période 1900-1911, soit une chute moyenne de 7 à 8 naissances pour 1.000 habitants. La mortalité a fléchi dans une proportion plus ou moins correspondante pendant la même période, soit de 26 à 28 p. 1.000 à 18 ou 19, ou même à 14 ou 15 pour 1.000 habitants comme en Angleterre et dans les pays Scandinaves.
Reste-t-il, à l'heure présente, après ces progrès accomplis, une aussi grande marge pour la réduction de la mortalité que pour celle de la natalité ? Les sociétés civilisées, gagnant chaque jour en connaissances théoriques et pratiques, en aisance et -bien-être général, en instruction populaire, ont pu réduire considérablement la part annuelle de la mort et reculer l'âge où l'homme paie à celle-ci l'inévitable tribut. Des découvertes médicales , comme celle du vaccin contre la petite vérole, du sérum pour triompher de la diphtérie, le traitement