‹ La question des abattoirs [microforme]Chapitre 11 sur 14 · LA NOUVELLE PROPOSITION · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE PROPOSITION

Voyons maintenant quelle est la proposition soumise aux ministres et qui, si elle était acceptée, assurerait les résultats merveilleux dont je viens de donner une pâle idée,

maison Campbell, Shearer & Cie, de Londres, s'engage :

10. À former une compagnie avec un capital suffisant pour construire dans la Province des abattoirs et des réfrigérateurs capables de recevoir tous les produits des cultivateurs, tels que.viandes, volailles, beurre fromage, fruits, ete, ete.

20. Ces abattoirs seront suffisamment grands pour recevoir tous les bestiaux moutons, veaux, pores, etc, etc., que les cultivateurs pourront y amener, à

30, La compagnie s’oblige à acheter les produits des cultivateurs au prix du marché anglais, les quotations devant être expédiées chaque semaine par le télégraphe. Il ne devra être déduit de ces prix que le montant représentant les frais de boucherie, d’empaquetage, de fret, d'assurance et de commisssion, La compagnie devra payer les produits comptant, sur livraison. :

40. Cette compagnie, si on le désire, pourra être exclusivement composée de Canadiens et les cultivateurs pourront prendre des, parts s'ils 1 désirent. En tous cas, cependant, il devra y avoir dans le bureau de direction au moins trois Canadiens et le Commissaire de l'Agriculture sera “ ex-officio ” l’un de ceux-ci. :

\ 5o. La construction de ces abattoirs et réfrigérateurs sera faite sous la direction du Commissaire de l'Agriculture qui devra en apptrouver les plans et spécifications. : :

60. Pour la réalisation de ce nroïet la compagnie recevra du gouvernement de la Province un bonus de 825,000 par an, pendant quinza ans, ou 820,000 annuellement pendant vingt ans. -

Ce bonus ne commencera à être payable qu’une année seulement après que les dits abattoirs et réfrigérateurs auront été en opération et se continuera à la condition que cette proposition soit remplie. : to

fo. La compagnie s'engage à ne pas demander d'autre octroi, et si elle cesse ses opérations pendant une nériode de trois mois—excenté si elle était arrêtée par force majeure, —elle perdra le droit à #on bonus tant POUT l’année courante que pour l'avenir,

mil

, 80. Si le gouvernement donne une réponse favorable, il n’y a pas de 7. nour que les travaux ne commenceraient pas dès cet automne ou ver.

F Quant à la solvabilité de cette maison, elle ne saurait être mise en oute. Voici cé qu’en dit le gérant de la National Provincial Bank of England, dans une lettre adressée à la Banque Nationale, à Québec :

Lond janvi F Banaue Nationale, SRATON 5: JR TI 1809

uébec.

“Messieurs, $

“ “Nous + eusons réception de votre câble conçu comme suit : “ Veuilà lez informer Banque Nationale, Québec, si Campbell, Shearer ont signé une proposition au gouvernement de Québec et s'ils sont en mesure de “remplir leurs obligations, Réponse par télégraphe ”.

Nous avons répondu :

D “ Can:pbell, Shearer, nous informent qu’ils ont signé une Jettre con- : ditionnelle au Premier Marchand, en date du 17 novembre 1898. C’est “une société occupant une excellente position et hautement respectable, “Je demeure, Messieurs, k

“Votie bien dévoué,

({THOMAS ESTALL, : “ Gérant.” Il &’agit dans cette lettre de la première proposition faite au gouvernement par cette’ maison et qui a été rejetée à cause de la garantie demandée sur les bons pour une période de vingt ans. Comme on le voit, ce sont des gens très sérieux et très bien qualifiés financièrement qui sont à la tête du projet que je viens d'exposer. La province, si elle transige avec eux n’a rien à appréhender sous le rapport de la solvabilité.

LES ADVERSAIRES DU PROJET à

Quels sont ceux qui combattent ce projet ? Un M. Lang qui tient un petit abattoir, à Montréal, où il ne tue que des pores, et les exportateurs de beurre et de fromage. Savez-vous la raison invoquée par ces derniers ? Cet que cela aurait pour effet de faire hausser le prix du beurre et du frofnage. Mais, qui profitera de cette hausse dans les prix ? Ce seront les nroducteurs, c’est-à-dire les cultivateurs. C’est donc une raison additionnelle, suivant moi, en faveur du projet.

Quant à M. Lang, lui, il dit : “ J’ai établi un abattoiretje n’ai reçu aucun aide du gouvernement : il serait injuste de mesusciter une concutrence au moyen d’un octroi du gouvernement ”. D'abord, la plupart des pores qu’il abat sont achetés en dehors de la Province de Québs, et, il re les paie que le prix du marché dans notre pays. ; ;

Ce aue nous voulons faire est bien différent. Les abattoirs projetés ne s’occuperont pas seulement du commerce de lard, mais ils abattront encore les boeufs, les moutons et les veaux : ils ne paieront pas le prix de notre marché, mais celui du marché anglais. lorsque nous aurons amélioré notre bétail, c’est-à-dire près d’un tiérs plus cher, et c'est là ce qui justifie le gouvernement d'accorder un octroi enécial. Quel est le cultivateur oui s’en plaindra, lorsqu'il recevra pour es produits un tiers de plus qu'il ne les vend aujourd’hui, Qu'est-ce que tenrésente cet octroi réparti sur tous les cultivateurs # Uns telle, T!

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