‹ La question des abattoirs [microforme]Chapitre 7 sur 14 · L'ENGRAIS DES PORCS · texte numérisé non relu

L'ENGRAIS DES PORCS

1} ést un sujet sur lequel j'attie spécialement l'attention du æouvernement et du pays : c'est l'engrais des pores, Comme je l'ai dit plus baut, l'Angleterre n importé en 1897, — c'est ln dernière statistique qua Rous possédons,—pour #61,075,752 de jambons et do bacon ou lard fumé, et nous ne lui en avons fourni que pour $#3,000,000, Si nous voulions, pourtant, nous pourrions lui en vendre pour quatre fois ce montant, Uar, M. Gunn, l'agent de la maison Campbell, Skearer & Cie, qui a passé été dernier au pays me disait que ces produits venant du Canada sont particulièrement recherchés sur Je marché anglais et se vendent toujours plus cher que les mêmes qui viennent des autres pays, Pourquoi cela, lui demandai-je ? A cawe de la façon dont vous les engrais ez. Dans les derniers temps de leur engrais, ajoutait-il, vos cultivateurs les nourrissent avec des pois, et il n’y a rien comme cela pour donner à la chair de la fermeté et une délicatesse dans le goût que l'on ne trouve point dans les produits qui nous viennent des Etats-Unis, Là, on les engraisse surtout avec du blé d'Inde et cela fait toute la dfférence du monde, Dans

une lettre qu'il m'écrivait le 2 janvier dernier, voici ce que me disait ce même M. Gunn :

“Ousn: au beurre, malgré l’angmentation qui s'est produite du- “rant les deux ou trois dernières années, c'est à peine si vs exporta- “tions s'élèvent à un sixième de l'exportation totale de cet article, Il en “est de même du bacon dont vous ne fournissez qu'un huitième, Vos “oeufs ne constituent qu'une très petite fraction de la quantité que nous “achetons, 11 y a pour votre pays un avenir extraordinaire pour le com- “merce des oeufs et des volailles, mais ce qu'il vous faut pour les con- “server en bonne condition pendant les chaleurs de l'été c'est ce que nous “nous proposons de vous donner : de grands réfrigérateurs, Je puis “aussi ajouter qu'avec une température convenable les pommes et d’au- “tres fruits pourraient également être conservés pour être exportés gra- “ duellement au fur et à mesure qu'on en ferait la demande . De cette “façon ces fruits seraient vendus plus cher que lorsque les producteurs “sont oblirés de s'en débarrasser au plus vite, avant qu’ils ne se gâtent,

...“Je n'hésite pas à dire qu'il y a un grand avenir pour la pro- “vince de Québec, si le projet que nous avons depuis gi longtemps muri

“est accueilli favorablement par votre gouvernement, Nous avons l’es- “poir que ce dernier aura la bonne inspiration de faire ce que nous lui

“demandons, Sans cela lo projet ne saurait réussir, Il ne devrait pas “y avoir un instant de perdu, afin de nous permettre de faire nos prépa-

“ratifs pour la saison prochaine, C’est pendant l'été et l'automne que les

Fu

sé 2 D

n ice # + à réfrigérateurs sont nécessaires, et, cela prend toujours quelque temps avant de se préparer, J’attendrai donc votre réponse avec anxiété ”,

A cette opinion d'un expert je puis ajouter celle du professeur Rokrtson de la ferme Modèle à Ottawa. Dans une conférence qu'il donnait D à Québec, devant le comité de l'Agriculture, le 18 décembre 1595, il isait :

“L'avenir de votre province nd, pour sa prospérité, du progrès de votre agriculture, et l'objet défce comité est d'engager les cultiva- ‘teurs à développer ses resources, Il ne suffit point de dire qu’elles sont

“merveilleuses, si nous ne savons pæs les faire rapporter des bénéfices,

“IL faut de toute nécessité trouver un débouché pour ces produits, “un marché avantageux, Celui que nous avons maintenant est le mar- “ché anglais, et, disons-le, les Anglais sont les plus grands consomma- “teurs du monde entier,

“Pour assurer la stabilité aux profits à être retirés de la ferme et “assurer ainsi la prospérité de tout le pays,-il faut absolument conquérir “eur les marché anglais une bonne place pour les produits p‘rissables de “la ferme, la même bonne place que nous avons obtenue en ce qui con- “cerne le beurre et le fromage, Une action judicieuse de la part du gou- “vernemen’ peut usurer pour le boeuf, le mouton, le porc, les volail- “les et autres produits ce qui est arrivé pour le beurre et le fromage. “Il est urgent que quelque chose dans ce sens soit fait.

“Si le commerce de la viande abattue était commencé dès mainte- “nant il aurait pour effet d'assurer le succès do l'élevage au Canada et “ de prévenir les désastres qui pourraient survenir à tout moment si notre “bétail allait être un jcur empêché d'être transporté vivant en Angle- “terre, De cette manière l'on arriverait à créer une exportation de “viande nréparée qui durerait tout le long de l’année. Ainsi, une pa- “reille exportation en Angleterre de nos viandes préparées asurerait un “ bénéfice immédiat et permanent pour nos cultivateurs ”,

Malheureusement, ce qui était considéré comme urgent en 1893 a toujours été ajourné par les gouvernements et vient de l'être de nouveau par la présente administration. Je le regrette et la grande majorité dans la province le regrettera comme moi, Nous perdons une occasion peut-être unique d'obtenir l'établissement d’abattoirs, car une fois c: projet abandonné, il ne sera pas repris de sitôt, Les capitaux qui sont aujourd'hui disponibles pour cette fin ne le seront plus demain peut-être, #t nos cultivateurs continueront à végéter et à peiner inutilement.

Ce n'est nas, cependant, que la chose re soit pas populaire, Bien loin de là : elle 6 t demandée presaue par tout le monde, Nous avons l’opinion favorable de la Chambre d'Agriculture, du comité d'Agriculture de cette Chambre, de notre Chambre de Commerce, de celle de Lévis et de cinuante-trois comtés, :

Page 1