‹ La question des abattoirs [microforme]Chapitre 6 sur 14 · LA FERTILITE DE NOTRE SOL · texte numérisé non relu

LA FERTILITE DE NOTRE SOL

Sans doute, les avantages que je viens de signaler sont immenses F mais ce ne sont pas les seuls que nous en retirerions. Lorsque les cultivateurs auraient constaté que l'élévage paye bien, ils consommeraient leur foin et leur grain à engraisser leurs animaux pour la boucherie et ils conserveraient ainsi des engrais précieux qui referaient en moins de dix ans, la fertilité du sol épuisé par des récoltes trop successivement répétées, L'élévage des moutons, surtout, produirait un excellent résultat dans ce sens. : a

La Chambra d'Agriculture de St-Jean d'Iberville s'est dernièremen réunie, et voici comment s'exprimait son président, M. Napoléon Âres :

“Mon nrédécesseur vous exhortait, l’an dernier, dans son rapport annuel, à revenir à la culture du lin et à l'usage des habits de toile

Depuis que co discours a été prononcé les dépêches annoncent que ie Eétail venant de ce dernier pays a été prohibé en Angleterre,

pue la belle saison, nous déclarant avec infiniment de vérité qu'ils vanet de baucoup pour la durée, ce qu’on nous avait vendu pour les placer,

“J suis, pour ma part, absolument de l'avis de l’ex-président de: la Chambre d'Agriculture, .

“Et je vais même plus loingNon seulement je trouve qu'il serait opportun et de bonne économie Mon revint à la toile, mais encore à l'étofles la bonne et forte étofie d ys.

“L'élevage des moutons plus en grand que nous l'avons fait depuis une vingtaine d'années, produiraitéun excellent résultat pour l’amélioration et la fécondité de nos terres, :

# Car, il est démontré tant par les savants que par l'expérience, que le pacage des moutons donne une grande fertilité au sol : il empé e, en outre, le grain semé d’être dévoré, en terre, parce qu’il en chasse et anéantit tous les insectes nuisibles aux semailles.

“Ne pourrait-on pas se demander, messieurs, si nous y avons gagmé en négligeant la culture du lin et l'élevage du mouton ?

“T1 me semble qu’à tout bien considérer, force nous serait d’avouer, que nous y avons perdu et peut-être beaucoup. Ce n’est pas impunément qu'un peuple se départit des usages et moyens qui avaient fait la force et la prospérité des ancêtres,

“Un fol orgueil s'est emparé de nos populations rurales, il y « gene trente ans. La toile, l’étofle du pays'et les métiers À tisser ont

isparu alors presque subitement de nos foyers.

“Mais, c’est depuis cette époque—fait triste à constater—que l’'émigration a commencé aux Etats-Unis ; où il y a aujourd’hui autant des nôtres qu'il en reste au Canada.

“Quand nous en aurions tant besoin ici pour augmenter notre nombre et notre force, et assurer notre avenir national !

“Sans doute, il faut encourager et suivre le progrès ; mais, non au point de pratiquer le suicide national, pour le plaisir de. l’atteindre,

“Enfin, est-ce bien sage et selon les principes de l’économie politique de refueser de porter les étoftes que nous pouvons produire chez nous à peu de frais, pour s'en procurer d’autres à grands frais de l’étranger, Evidemment non. Nous la comprenons et l’admettons sans peine ”,

Ces remarques sont très judicieuses et très pratiques, Pourquoi

n'éleverions-nous pas des moutons en immenses quantités ? Nous avons dans notre province des pâturages superbes pour cela qui rendent leur chair tout à fait délectable. Une fois qu’on la connaîtrait sur le marché anglais, elle serait sans rivale.

Ÿ Et puis, il y a la laine dont on pourrait faire des étoffes. Ce “ fol orgueil ” dont pole M, Ares qui empêchait nos populations rurales de se vêtir avec ses étoffes n'existe plus, puisque grâce à l'intelligence et à l’industrie des fermières canadiennes, elles ont réussi à en fabriquer de si jolies que nos citadines les nlns élégantes les portent avec orœueil.

Du reste, comme je l'ai déjà dit, ces abattoirs seraient néecssairement accompnonés d’autres industries, comme par exemnle une manufacture destinée À l'emploi de la laine. Il y aurait aussi des manufactures de lard fumé, d'huile de saindou, da saindou, de saucisse, de savon, de colle-forte, da corderie, de guano : il faudrait auesi préparer les boftes en ferblane et en bois ponr faira l'empaquetage des produits, On voit de suite le nombre considérabla d'ouvriers qui trouveraient un emploi fort rémunérateur dans ces différents établissements,

Une autre industrie que ne manquerait pas de favoriser l'établissement d’abattoirs, c'est celle du cuir, Aujourd'hui nos tanneurs sout obligés d'importer les peaux des Etats-Unis et d'Angleterre à grands prix ; il leur faut payer des droits élevés, Les abattoirs pourraient avant peu d’aunées fournir toutes les Péag nécessaires à l'alimentation de noÿ grandes tanneries, Le Rapport du Cimerce pour 1898 constate que nous avons importé d'Angleterre des iX pour $3,601,382, J'ai dit, il ya un instant que notre sol était épuisé : eh bien, nous aurions en outre u Paccage des animaux une Autragesource pour lui rendre sa fertiité, Les abattoirs sont tenus d'avoir comme accessoire une fabrique d'engrais artificiels, En effet, on fabrique avec les déchets le guino que les cultivateurs pourraient se procurer à très bon marché, N'est-ce pas là encore Un avantage considérable

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