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Les circonstances ont voulu que l'honorable député restAt armi nous et continuât de jouer un rôle dans la politique ; je fe regrette pour la magistrature dont il aurait été l’un des ornements, mais j’en suis fer pour cette Chan. bre dont il continue, a à Ctre l’une des lumières.
Apiès avoir rendu ce juste et légitime tribut d'hommage à l'honorable chef de l’opposition, je me permettrai dé repordre à quelques-unes des observations qu’il a faites dans le cours de ce débat. Il nous a dit, entre autres choses, que la lutte ne s'était pas faite à armes égales, lors des dernières élections pro- À vinciales. Sur ce point, je suis parfaitement d'accord avec lui, car en effet, comme l’a fait observer avec tant de justesse l’honorable premier ministre, nous sommes allés, nous les candidats ministériels, au: élections générales, les mains remplies de tous les bienfaits que le zouvernement avait accomplis en faveur des différentes classes de la société.
Lorsque nous allions nous adresser à la classe agricole, nous pouvions lui dire: ‘ Le gouvernement dontnous sommes ici les porte-drapeaux vous a donné une chose que jamais auparavant
: vous n'aviez obtenue: un ministère spécial d'agriculture; le gouvernement a compris que le classe agricole était assez importante, et par son nombre et par Sa richesse, pour qu'il vaille la eine de confier ses intérêts à un ministère spécialement chargé de voir à +: yrogrès et à son dévelopnement. Nous pouvions encore lui dire: Nous avons voté des sommes considérables pour la colonisation; nous avons fait pour les colons pauvres des remises quiles ont sauvés de la misère ; nous avons établi ces concours régionaux d'agriculture qui ont obtenu des résultats si magnifiques: nous vous avons donné ces pents en fer qui ont coûté des milliers et des milliers de piastres et qui, dans l'avenir, soustrairont certaines municipalités à l'obligation ontreuse qu'elles avaient chaque année de remplacer des ponts en bois qui étaient emportés au printemps par la crue des eaux.”
Si nous nous adressions à la classe ouvrière, nus pouvions lui dire : “C’est le gouvernement dont nous sommes les candidats qui a mis à exécution toutes ces lois restées jusque-là lettremorte — lois destinées à protéger la classe ouvrière ; — nous sommes les candidats de ce gouvernement qui a contribué à ouvrir des bibliothèques pour les ouvriers, à construire des édifices où les ouvriers peuvent se réunir, s’assembler pour délibérer sur les grands intérêts qui les concernent.”
Enfin, je puis dire, sans exagération, qu’il n’y avait pas de classe dans le pays à laquelle nous avions à nous adresser qui n'eût pas été l’objet des bienfaits du gouvernement provincial, Aussi, le résultat a 6té éclatant, la victoire sans précédent dans
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les annales de notre politique provinciale, et le gouvernement est revenu des élections avec une majorité énorme.
J'ai été fort étonné d’entendre l'honorable chef de l'opposition déclarer devant cette Chambre que lui et son parti étaient d’opinion que Île gouvernement devrait maintenant mettre un terme à l’encouragement qui, jusqu'ici, depuis 1875, avait été accordé pour la construction dé nos voies ferrées. Ce sont nos adversaires qui ont inauguré cette politique en 1875, et qui, comme l’a admis l’honorable chef de l'opposition, a déter miné, dans PA province, l'ère des déficits. Cette politique, nous avons dû la continuer, car il y avait une foulé de chemins de fer qui avaient été commencés—chemins de fer destinés à développer considérablement certaines contrées de notre province—qui seraient restées sans aucune utilité, si ie gouvernement n'avait pas aidé ces différentes compagnies à les compléter.
Pour être juste, l’on admettra que, si le gouvernement actuel a dû encourir des dépenses ecnsidérah les pour continuer et compléter le réseau de nos chemins de fer dans la province de Québec, la responsabilité doit en retoule: sur la tête de nos adversaires qui ont été les initiateurs «le cette politique, Ft je dois dire que j'ai été d'autant plus surpris du langage de Phonorable chef de l'opposition, lorsqu'il a exprimé l'espoir que le gouvernement cesserait de subvertionne: les chemins de fer, que je l'avais vu tout recemment encore, il y a à peine nn mois, venir auprès des ministres en députation pour nous de mander de subventionner ce vaste projet de chemin de fer connu sous le nom de chemin de fer de Labrador, et destiné, si le projet se réalisé, à changer le cours du commerce et à ‘aire de Québec lune des grandes villes de l'Amérique. Il est évident que, depuis quemon honorable ami est devenu le chef de son parti, ses opinions sur cette question de Paide aux chemins de fer se sont considérablement modifiées.
L’honorable M. Blanchet.—$i l’honorabie secrétaire provincial se le rappelle, je ne suis pas allé auprès du ministère pour demander des subsides ; je suis simplement allé présenter les messieurs qui sont à la tète de cette grande entreprise.
L'honorable M. Langelier.—Je crois que la mémoire de l’honorable député lui fait défaut dans le moment. Il est venu— l'honorable premier ministre s’en rappelle—avec ces messieurs
anglais pour demander de quelle manière le gouvernement envisageait ce vaste projet. Au reste, avant de siéger dans cette Chambre, j'avais l'honneur d’être membre Es, la Chambre des Communes du C anada, et, dans le cours de la dernière session, je me rappelle que honorable chef de l’ opposition est venu à Ottawa dans le but d'obtenir la charte de cette compagnie, et
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aussi de lui assurer un subside du gouvernement fédéral. Je ne blâme pas l'honorable député d’avoir fait les démarches que je viens de mentionner, mais j'ai bien le droit d'exprimer l'étonnement que j'éprouve de voir que ses opinions au sujet de l’aide à être donnée aux chemins de fer se suient changé es ai subitement, J'espère qu'avant longtemps il reviendra à de plus saines idées sur ce sujet,
Si j'ai bien compris l'honorable chef de l'opposition, lui et son parti désirent pratiquer l’économie—cho:e bien extraordinaire pour eux, si l’on en juge par leur passé politique ; ils veulent rétablir l équilibre danse nos finances, Voilà certainement une attitude bien patriotique ; mais le pays n’a-t-il pas le droit de se demander si ces messieurs, en supposant qu'ils reviendraient au timon des affaires, accomplir: ient bien les promesses qu’ils nous font maintenant ? Tls sont les alliés du même parti politique qui administre les affaires de la Puissance du Canada, à Ottawa, ils ont les mêmes principes, les mêmes tendanc es et les mêmes aspirations. Eh ! bien, il n'est pas sans à propos de rappeler brièvement ce que leurs alliés d'Otta:va ont fait depuis qu’ils sont au pouvoir.
Quel est celui d’entre vors qui a pris part aux luttes politiques en 1878, et depuis, qui ne se rappelle les déclarations de sir Leonard Tilley. alors membre de la Chambré des Communes, et qui plus tard devint ministre des finances de Ia Puissance du Cadada ?
[1 disait que le gouvernement MacKenzie, qui dépensait $25,000,000 par année, était un gouvernement extravagant, etqu'il y avait moyen d’administrer la chose publique avec une somme moindre que celle-là, Le peuple à cru à ces belles promesses d'économie en 1878. T1 a donné le pouvoir au parti conservateur qui n’a cessé de l’occuper depuis, dans la Pwissance du Canada.
Eh bien, qu'avons-nous vu l’année suivante ?
Ce même parti qui avait prétendu administrer nos affaires avec moins de $823,000,000 par année, augmentait les dépenses contrôlables, et chaque année, depuis, ces mêmes dépenses ont été en grossissant, jusqu'à ce qu'enfin, à la dernière session, le gouvernement ait fait voter pr ces mêmes dépenses, qui n’étaient que le $23.000,000 en 18 la somine énorme d'environ 837,000,600.. C’est Ià, M. Gate le parti de l’économie, ce sont là des hommes qui nous disent que, s'ils revenaient au pouvoir, ils rétabliraient l'équilibre dans nos finances,
Instruit par les événements passés, le péuple se gardera bien
de leur doi ner sa confiance, et, du reste, ila exprimé ses sentiments, à ce sujet, d’une facon éclatante, le 17 juin dernier.
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Mais un avtre sujet qui alarme beaucoup nos adversaires, c’est l'emprunt dont il est fait mention dans le discours du trône. J'ai rarement vu des gens aussi effrayés que nos adversaires à ce sujet. Pour quiconque ne connaîtrait pas leur histoire politique, on serait tenté de croire qu'ils sont sincères ct qu'ils sont véritablement effrayés.
Comme ces airs austères de l'opposition sont peut-être de nature à jeter la terreur dans l’esprit de quelques-uns des nouveaux députés de cette Chambre, il est bon, je crois, de rappeler à nos adversaires qu'ils n’ont pas coutume d’être aussi fasouches à l’endroit des emprunts.
Ah! si mon prédécesseurs, M. Desjardins, était ici, il leur expliquerait, lui, que les emprunts ne sont pas de nature à effrayer, mais qu'au contraire ils démontrent que le crédit du pays est agrandi et que c’est un signe de prospérité. Avec la permission de cette Chambre, je le citerai; voici ce qu'il disait en 1883:
‘Je prétends, disait-il, avec la conviction de ne pas être sincèrement contredit, qu'il n’y a rien qui donne une idée plus exagérée, plus fausse de la situation des finances d’un pays que ces comparaisons de chiffres de dépenses publiques, à des années d'intervalle, sans y ajouter les explications nécessaires pour faire bien comprendre combien tout a changé, tout s’est développé,-tout a grandi sous l’action bienfaisante et progressive de l'autorité gouvernementale, dans l'exercice de la liberté et d’une grande pensée politique.”
C'est précisément ce que le gouvernement actuel a fait. Ila construit des chemins de fer, il a construit des ponts en fer, enfin, il a créé dans notre province un mouvement de progrès sans précédent dans notre histoire.
Le même député, M. Desjardins, qui était la grande autorité financière de l’opposition, disait encore dans le même discours : ‘© Il scra toujours à l'honneur des gouvernements conservateurs, qui ‘ont administré les affaires publiques dans cette province depuis 1867, d’avoir su apprécier le vrai caractère national dans la tâche qui leur incombaïit. Ils ont compris qu'ils devaient répondre aux grandes idées de progrès, aux fécondes aspirations qui ont eu cours dans la province depuis l’Union. Refuser de sortir des limites restreintes du budget provincial des dépenses, telles que tracéen pour le début par les auteurs de la confédération, sous le futile prétexte d’une économie mal entendue, c'eût été manquer à un devoir sacré, se montrer indigne de son rôle d'homme d’Etat et comprimer l'élan vers la prospérité qui se manifestait avec énerjrie, jusqu'aux extrémités de la province, vos. Rester stationnaire, pendant que les autres auraient marché rapidement, c’eût été se vouer à un isolement fatal,
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